Cinq questions à Michelle Corcos, candidate de Québec solidaire
À quelques jours de la tenue du scrutin, le Guide s’est entretenu avec les candidats de Brome-Missisquoi des quatre partis ayant fait faire élire au moins un député aux dernières élections provinciales. Ces candidats tentent de succéder à Isabelle Charest de la Coalition Avenir Québec, élue pour la première fois en 2018, mais qui ne sollicitent pas de troisième mandat.
La candidate de Québec solidaire, Michelle Corcos, n’en est pas à ses premières armes en politique, impliquée au sein de son parti dans les huit dernières années, mais elle se présente pour la première fois comme candidate à une élection provinciale. Elle avait été la candidate du Parti vert du Canada lors des deux dernières élections fédérales dans Brome-Missisquoi.
QUESTION : Comment se déroule votre campagne jusqu’ici ?
RÉPONSE : Ça commence pour vrai maintenant. Puisque je suis travailleuse autonome, je travaillais à temps plein et demi ! J’ai pris mes vendredis de cong é depuis le début de l’été et aidé l’équipe dans la région aussi. À l’exception des mercredis, jusqu’au 5 octobre, je suis à temps plein sur la campagne. On a eu un débat sur la santé à Bedford, qui est mon domaine. C’est une circonscription avec une forte communauté anglophone, j’ai vécu 8 ans à Vancouver, j’ai fait une partie de ma formation en anglais. Je suis vraiment attachée à la circonscription ici, avec ma sensibilité aux réalités des anglophones, mon passé en hôtellerie et mon mari qui y travaille encore.
Q : Vous débutez de manière plus intense votre campagne électorale, mais quelles sont les principales préoccupations des citoyens que vous avez rencontrés depuis que vous êtes officiellement candidate ?
R : Le logement a vraiment été une préoccupation dont on m’a beaucoup parlé. C’est tellement déstabilisant pour quelqu’un de devoir déménager. C’est déjà l’un des plus grands stress dans la vie d’une personne, mais, en plus, avec le prix des maisons et des appartements, d’avoir à changer de situation présentement, c’est insurmontable. Je pense à des gens qui veulent se séparer, des familles qui grandissent, des besoins qui changent. On n’a plus la possibilité de changer de logement comme c’était avant.
Moi, à la base, je m’implique pour l’environnement. Il y a 35 ans, je voyais l’urgence climatique. Mais sans justice sociale, on ne peut pas adresser la crise climatique. Quelqu’un va toujours couper un arbre pour nourrir sa famille. Si on veut passer à travers les changements climatiques et économiques, ça va nous prendre des services publics résilients.
Q : Brome-Missisquoi a des liens assez forts avec ses voisins de l’autre côté de la frontière. Comment voyez-vous la situation de la guerre tarifaire avec les États-Unis ?
R : J’ai posé la question à certaines personnes d’Abercorn la fin de semaine dernière, j’ai même croisé des touristes américains. Les gens du Vermont ont élu Bernie Sanders. Je sens qu’il y a une cohabitation qui se fait bien avec les états frontaliers. Ils s’excusent chaque fois qu’ils nous rencontrent. Quand j’entends les appels à l’achat local et au protectionnisme, j’entends circuit court.
Mark Carney et le reste du Canada découvrent l’Europe. Nous, ici, au Québec, de notre fait francophone, on est déjà sensibilisés à l’Europe. Beaucoup de nos politiques sont inspirées des politiques françaises et européennes parce qu’on lit les médias en français. On a l’habitude de faire affaire avec l’Europe.
Q : Si vous aviez une seule priorité à cibler pour Brome-Missisquoi, laquelle choisiriez-vous ?
R : Au lieu de donner un chèque aux gens, je pense qu’il faut renforcir notre filet social. Nos institutions publiques vont remettre de l’argent dans la poche des Québécois. On va investir dans nos services publics.
Avec les épiceries que l’on propose, une famille va sauver 2500 $ par année. Avec les repas à l’école, l’achat de fournitures scolaires, on rétablit le contrat social. Que nos taxes servent. C’est la priorité de Québec solidaire. Il faut compter sur nos organismes, préserver ce que l’on a déjà, rénover, entretenir nos hôpitaux et nos écoles, payer notre personnel et que ce soit une fierté de travailler dans le public.
Au lieu de construire et de peinturer le pont et donner de bons emplois à des gars de construction, pourquoi n’-essayerait-on pas de donner un bon emploi payant à des éducatrices à la petite enfance ? Ça a été démontré. C’est la mesure qui a le plus monté le revenu médian de la classe moyenne. À New York, avec à près la population du Québec, ils sont en train de prendre notre idée des garderies. Ça, ça me rend fière comme Québécoise.
Q : Pour ce qui est du projet du poste de Brome d’-Hydro-Québec, la MRC de Brome-Missisquoi demande au gouvernement québécois d’ordonner la tenue d’un BAPE. Est-ce une mesure que vous appuyez ?
R : Il devrait toujours avoir des BAPE, mais il faudrait que les rapports ne soient pas tablettés par la suite. La transparence est très importante. Je pense que, si on écoute les gens du terrain, on va trouver des solutions, mais il faut se donner un petit peu de temps.
Il faut entretenir notre réseau d’électricité. Il faut aussi diversifier nos sources d’énergie. Il faut penser à la transition climatique.
