Élections provinciales: les attentes des éleveurs de volaille

ÉLECTIONS. Alors que la sécurité alimentaire et la gestion de l’offre sont d’actualité plus que jamais, les Éleveurs de volailles du Québec (EVQ) interpellent des candidats des grands partis pour les sensibiliser aux enjeux de leur industrie.  Une occasion pour les postulants de faire connaître leurs couleurs en matière d’agriculture.

Après la visite de la députée sortante d’Iberville, la caquiste Audrey Bogemans, dans une ferme avicole de Saint-Paul-d’Abbotsford la semaine dernière, la grande séduction des EVQ s’est poursuivie cette fois dans Brome-Missisquoi. Un rendez-vous formel à la Ferme avicole Benoît Fontaine inc., à Notre-Dame-de-Stanbridge, auquel ont été invités tour à tour les candidats Patrick Melchior (PQ) et Frédéric Beauchemin (PLQ).

Premier candidat à se rendre à la ferme du chemin de la Grande-Ligne, le péquiste Patrick Melchior a été accueilli par le président des Éleveurs de volailles du Québec (EVQ), Benoit Fontaine, et celui de la section des Cantons-de-l’Est, François Massé. Au cours de la visite guidée, qui s’est étirée sur plus d’une heure, l’éleveur de Notre-Dame-de-Stanbridge a répété à plusieurs reprises au candidat du PQ que son association ne cherchait pas à obtenir d’aide financière de la part des partis en lice pour le scrutin du 5 octobre. «Je suis probablement le seul qui ne te demandera pas d’argent aujourd’hui», a ironisé M. Fontaine en interpellant Patrick Melchior.

Pour les EVQ, cinq chantiers devraient plutôt être priorisés pour le prochain gouvernement, dont la protection intégrale de la gestion. Bien que le dossier soit de juridiction fédérale, l’association d’aviculteurs estime que la députation provinciale doit jouer son rôle de chien de garde. À cette demande, Patrick Melchior a été on ne peut plus clair sur sa position. «La gestion de l’offre, on doit la défendre bec et ongle», a déclaré le candidat du PQ. «Ça serait «anti-nous» de ne pas le faire», a-t-il renchéri. Ce à quoi Benoit Fontaine a répondu: «Tu enlèves les quotas, il n’y a plus de vaches ni de volailles au Québec.»

Les enjeux administratifs

Autre point soulevé par MM. Fontaine et Massé: la lourdeur administrative. Selon les deux producteurs avicoles, la règlementation en vigueur pour l’obtention de permis diffère d’une municipalité à l’autre; ce qui complexifie les projets d’expansion ou de modernisation des entreprises. Afin de rendre la vie plus facile aux producteurs, les EVQ souhaitent une normalisation des services et une simplification des démarches administratives. «Quand on allège (la règlementation), ça ne veut pas dire qu’on est moins efficace, mais à un moment donné, trop de règlements, c’est contre-productif», a laissé entendre Patrick Melchior qui prône un meilleur arrimage entre les différents ministères appelés à collaborer.  

L’adaptation du mécanisme de remboursement de la taxe carbone, l’exemption du Régime d’indemnisation des maladies avicoles du Québec de la taxe sur les primes d’assurance (RIMAQ) et la reconnaissance sur les avancées en bien-être animal et antibiorésistance comptent parmi les autres priorités soulevées par la fédération de producteurs de volailles.

«On veut être traité comme les autres provinces. En bout de piste, c’est le consommateur qui gagne. On veut jouer au Monopoly avec le même argent, comme ailleurs au Canada», a imagé le président des EVQ, Benoit Fontaine.