Éric Bédard réagit à l’opération charme de Val-des-Cerfs

ÉDUCATON. Le président du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY), Éric Bédard, se dit surpris de la sortie publique de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC) à quelques jours de la rencontre prévue entre les deux parties.

«Le syndicat a dit OUI à l’invitation de Val-des-Cerfs et est toujours prêt à rencontrer le conseil des commissaires le 14 juin prochain comme prévu, car il a des informations importantes à lui transmettre. On a même pris soin d’aller chercher un mandat en ce sens auprès de notre conseil d’administration», indique M. Bédard.

Ce dernier laisse entendre que la CSVDC n’a pas été habituée par le passé à traiter avec un syndicat préoccupé par la défense des droits et intérêts de ses membres.

«Comme Val-des-Cerfs a pu compter sur la bienveillante complaisance des officiers syndicaux pendant plusieurs années, elle est un peu prise au dépourvu par notre approche combative. Comme certaines règles protégeant les droits des enseignants n’ont pas respectées par le passé, le syndicat se montre plus attentif aux accrocs sur les lois du travail ou de la santé et sécurité au travail», ajoute le président du SEHY.

Leçons de bonne conduite?

Éric  Bédard prend soin de rappeler que les enseignants de Val-des-Cerfs ont été privés pendant trois ans des compensations financières pour dépassement du nombre d’élèves par groupe auxquelles ils avaient droit en vertu d’une entente nationale négociée par la FAE.

«Le syndicat a réclamé 182 00 $ à Val-des-Cerfs pour les enseignants du primaire et la commission scolaire leur a finalement versé 169 000 $ pour les années 2010-2011, 2011-2012 et 2012-2013. Les compensations accordées à nos membres varient de 59 $ à 15 000 $ selon les cas», résume-t-il.

Ce dernier fait valoir que le non-respect des mesures compensatoires pour le dépassement du nombre d’élèves a non seulement pénalisé les enseignants concernés, mais également les enfants qui ont dû évoluer dans une classe surpeuplée alors que la présence de jeunes handicapés ou en difficultés d’apprentissage n’avait pas été prise en compte.

M. Bédard estime que le SEHY aurait déposé près de 1 500 griefs depuis 1975. Et, pour démontrer le bien-fondé des démarches du syndicat, il ajoute que le SEHY a «gagné tous ses recours juridiques, à l’exception d’un seul» au cours des neuf dernières années.

«Le SEHY a déposé plus de griefs que les autres syndicats et c’est normal, car il représente 1 785 des 2 600 employés de Val-des-Cerfs. C’est une simple question de mathématiques», explique-t-il.

Le président du SEHY ne manque non plus de rappeler que la CSVDC a été condamnée à deux reprises (2013 et 2015) par le Tribunal du travail pour atteinte à la réputation du syndicat et de son président.

«En 2012, un juge de la Commission des relations de travail a par ailleurs condamné Val-des-Cerfs pour avoir imposé des représailles à l’endroit d’un enseignant qui exerçait ses droits syndicaux. En d’autres mots, la commission scolaire est mal placée pour donner des leçons de bonne conduite à qui que ce soit», ajoute M. Bédard.

Ce dernier déplore à son tour le traitement réservé par la CSVDC à l’un des représentants syndicaux.

«Depuis un mois, Val-des-Cerfs ne répond plus aux appels, ni aux courriels de notre représentant du primaire et du préscolaire, Martin Laboissonière. Si ça perdure, on va devoir prendre un recours devant le Tribunal administratif du travail», prévient-t-il.