Frelighsburg: les étangs de roseaux toujours pas fonctionnels

ENVIRONNEMENT. Malgré des investissements de 6,5 M$, l’eau rejetée dans la rivière aux Brochets à la hauteur de Frelighsburg contient toujours une quantité excessive de phosphore trois ans et demi après l’implantation d’un système d’épuration dernier cri.

La municipalité de Frelighsburg pensait bien avoir résolu tous ses problèmes en juin 2012 avec la mise en opération d’un système de traitement des eaux usées sur le chemin Saint-Armand. Mais les étangs de roseaux, qui devaient finir de purifier l’eau et la débarrasser de ses derniers résidus de phosphore, n’ont jamais rempli leurs promesses.

«Les joncs, qui devaient absorber le phosphore, n’ont jamais poussé correctement. On en retrouve bien quelques-uns dans les étangs, ici et là, mais les autres n’ont pas survécu à la plantation et personne ne sait pourquoi», résume l’inspecteur municipal, Martin Deshaies.

Les autorités municipales tiennent à connaître la cause de cette contreperformance avant de replanter des roseaux.

«Ce n’est pas une question de coûts, mais d’efficacité. On pourrait simplement racheter et de replanter 6 000 pousses à 0,35 $ l’unité, mais rien ne dit qu’ils survivraient», explique M. Deshaies.

La municipalité s’est donc adressée au ministère de l’Environnement, qui avait endossé son projet et financé une bonne partie des installations à l’époque. Une étude, réalisée durant la saison estivale et au début de l’automne par une équipe de chercheurs du cégep Saint-Laurent, devrait permettre d’élucider le mystère.

«Le rapport devait être déposé en décembre dernier, mais on s’attend à le recevoir à la fin avril», ajoute l’inspecteur municipal.

Ce dernier rappelle que la municipalité a toujours fondé de grands espoirs sur ce système d’épuration dont elle finance une partie des coûts d’installation au moyen d’un emprunt de 1,5 M$ remboursable sur une période de 25 ans.

«C’était tendance, car le système est passif et consomme moins d’énergie. Les études paraissaient également très prometteuses», poursuit M. Deshaies.

L’inspecteur municipal ne désespère pas pour autant et demeure convaincu que le problème finira par être résolu.

Deux fois trop de phosphore

À leur arrivée au site d’épuration, les eaux usées passent d’abord par un bassin de décantation, puis sont pompées vers les sept étangs de roseaux (Typha latifolia). De l’oxygène est injecté dans les étangs afin d’accélérer le processus d’épuration.

Or, même si les eaux usées sont bel et bien traitées, le produit final qui sort des installations d’épuration contient deux fois plus de phosphore que les normes gouvernementales l’autorisent.

«Notre taux de phosphore à la sortie du système a toujours été supérieur aux quantités tolérées par le ministère. Alors que la norme est d’un milligramme (mg) par litre d’eau, la moyenne chez nous est de deux mg et peut grimper jusqu’à 2,3 ou 2,4 mg / litre durant l’été», indique l’inspecteur municipal de Frelighsburg.

Au dire de ce dernier, l’eau qui sort du site d’épuration rencontre cependant tous les autres paramètres de contrôle.

«Je prends des échantillons mensuels à l’entrée et à la sortie du site, puis les acheminer à la firme Enviromex pour analyse. Comme le taux de phosphore se situe en moyenne autour de 6 mg / litre à l’entrée et à 2 mg / litre à la sortie, on peut dire que notre système fonctionne, mais pas encore suffisamment», poursuit l’employé municipal.

L’inspecteur Deshaies laisse entendre que la municipalité devra vraisemblablement avoir recours à un autre procédé pour le traitement de finition. Il s’attend davantage à un ajout aux installations existantes qu’à un remplacement en bonne et due forme.

«Je n’ai aucune idée combien ça peut coûter. L’étude du collège Saint-Laurent devrait nous en apprendre un peu plus à ce sujet», ajoute-t-il.