Les agriculteurs demandent de reporter la réforme d’un an

AGRICULTURE. Quelque 200 producteurs agricoles provenant de plusieurs régions ont manifesté devant les bureaux du ministre Pierre Paradis, ce matin à Cowansville, afin de lui demander de reporter d’un an l’entrée en vigueur de la réforme du Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA).

La Fédération de l’UPA de la Montérégie, instigatrice de la manif, demande au ministère du Revenu et au ministère de l’Agriculture de suspendre les modifications administratives annoncées pour le 1er janvier 2017 et de maintenir le PCTFA dans sa forme actuelle tant et aussi longtemps qu’une refonte de la fiscalité foncière agricole n’aura pas été mise en place avec le milieu concerné.

Cette fédération presse également le gouvernement du Québec de réunir tous les intervenants concernés pour trouver des solutions viables à long terme et minimiser l’impact de l’augmentation du foncier agricole au cours des dernières années.

«Cette réforme fera extrêmement de tort à près de 7 000 fermes de la Montérégie qui auront à payer 8 M$ de plus dès la prochaine année», indique le président de la Fédération de l’UPA de la Montérégie, Christian St-Jacques.

Ce dernier a profité de son passage à Cowansville pour remettre à l’attachée politique du député de Brome-Missisquoi, Louisette Hébert, un document expliquant l’impact réel de la réforme pour 152 agriculteurs de la Montérégie.

«Pour ces 152 producteurs, la mise en application de la réforme représenterait un coût net additionnel de 212 000 $», précise M. St-Jacques.

Selon les chiffres de l’UPA, près de 80 % des producteurs seront touchés par cette mesure et devront composer avec une augmentation pouvant varier entre 15 % et 45 %.

Désavantage compétitif

Le vice-président de la même fédération, Jérémie Letellier, signale que les producteurs agricoles du Québec font déjà face à un «désavantage compétitif» par rapport à leurs homologues de l’Ontario, de l’Ouest du Canada et des États-Unis.

«Au Québec, nous sommes taxés selon l’évaluation marchande des terres, alors que les autres juridictions en Amérique du Nord optent plutôt pour une forme de taxation basée sur la valeur agronomique», explique-t-il.

M. Letellier précise que les terres de la Montérégie sont évaluées à 20 000 $ l’hectare et laisse entendre que leur valeur va continuer à augmenter au fil des ans.

«En 2016, j’ai payé environ 8 000 $ au net de taxes sur ma ferme. L’an prochain, je m’attends à devoir débourser 12 000$. On parle ici d’une augmentation de 47 % au chapitre des taxes municipales et scolaires», poursuit-il.

M. Letellier ajoute que la réforme administrative du PCTFA s’ajoute à «une série de décisions défavorables» au milieu agricole.

«Budget du MAPAQ amputé de 15 %, coupes de 150 M$ à la Financière agricole, gaspillage de fonds avec le rapport Pronovost, ce ne sont pas les exemples qui manquent», insiste le vice-président de la Fédération de l’UPA de la Montérégie.

Avec la collaboration de Ghyslain Forcier

Des slogans révélateurs!

Les agriculteurs présents à la manifestation ont rivalisé d’adresse dans le choix de leurs slogans. En voici quelques exemples:

. «Une réforme bâclée et qui ne règle rien»

. «Paradis, retourne à la table de travail!»

. «Paradis, laisse-nous respirer!»

. «Paradis, les agriculteurs veulent de vraies solutions»

. «Si c’est ça le paradis, je choisis l’enfer!»

. «Paradis, tu fais la sourde oreille»