Loisirs: dix municipalités mettent leurs ressources en commun

BEDFORD. Loisir et Sport Montégérie a mis un an à peaufiner une guide d’intervention en milieu rural avec la complicité de Dunham, de Frelighsburg et des huit municipalités du secteur de Bedford. Le modèle pourra maintenant être exporté dans d’autres régions.

«Au lieu d’œuvrer en vase clos, on a choisi de travailler sur le terrain, avec les intervenants du milieu, afin de s’assurer que notre nouvel outil d’intervention réponde véritablement aux besoins des municipalités», explique Mario Chamberland, chargé de projet chez Loisir et Sport Montégérie.

Sachant fort bien que les modèles d’ententes intermunicipales déjà connus ne collent pas toujours à la réalité des communautés rurales, M. Chamberland s’est mis à la recherche d’une nouvelle formule permettant de resserrer les liens entre les municipalités d’une même région tout en évitant la duplication des installations de loisirs.

«Il y a une réelle volonté chez les élus de la région de se voisiner et de travailler ensemble tout en laissant à chaque milieu le soin de s’organiser. Si les ententes intermunicipales sont parfois nécessaires, elles ne conviennent pas nécessairement à toutes les situations. On a parfois intérêt à délaisser les cadres trop rigides et à miser sur les alliances naturelles entre les municipalités d’une même région», indique Mona Beaulac, conseillère municipale responsable des loisirs à la Ville de Bedford.

Étape par étape

Après avoir présenté son projet à la MRC de Brome-Missisquoi, en septembre 2014, Loisir et Sport Montégérie a profité des mois suivants pour procéder à une analyse socio-démographique de la grande région de Bedford puis dresser l’inventaire des ressources matérielles (équipements, plateaux sportifs, parcs et espaces verts, etc.) et des ressources humaines (organismes, intervenants en loisirs, etc.) du territoire ciblé.

«Il s’agissait notamment d’établir quelles sont les municipalités qui disposent des infrastructures de base (parc, patinoire, terrains de soccer et de baseball), de deuxième niveau (aréna, gymnases, piscine extérieure) ou de troisième niveau (piscine intérieure, terrain de soccer synthétique). On savait déjà que Farnham possédait des gymnases de bonnes dimensions et Cowansville, un centre aquatique, deux types de plateaux sportifs complémentaires aux équipements de la grande région de Bedford», résume M. Chamberland.

Au lendemain du rapport synthèse du plan de développement du loisir en milieu rural, chaque municipalité connait maintenant l’offre de services et la grille d’activités de ses voisines. Les citoyens sont par ailleurs invités à consulter le site Internet de leur municipalité respective pour connaitre la gamme des activités programmées et des activités libres offertes dans la région de Bedford.

«Ça permettra d’éviter le dédoublement au niveau des infrastructures et de bâtir un véritable calendrier régional, histoire de mieux répartir les activités dans le temps et dans l’espace. Quand il y a trop d’événements la même fin de semaine, les visiteurs s’éparpillent entre les différents sites et tout le monde y perd», indique Mme Beaulac.

Cerner les lacunes

L’exercice mené par Loisir et Sport Montégérie, de concert avec Jeunes en mouvement Brome-Missisquoi, le CIUSSS Estrie (nouveau réseau régional de la santé) et les dix municipalités participantes, aura également permis de cerner les lacunes du territoire en matière d’équipements et de ressources.

«On s’est donné pour mission de voir ce qui manque dans notre région, de déterminer quel organisme ou quelle municipalité est en mesure de l’offrir et quel serait le moment idéal pour le faire», ajoute la conseillère municipale de Bedford.

Un comité de loisirs régional, regroupant les représentants de chacune des municipalités participantes, a facilité le réseautage entre les divers intervenants tout en fournissant des pistes de solution au coordonnateur du projet pilote. Ce regroupement continuera de jouer un rôle consultatif, les décisions finales appartenant aux conseils municipaux concernés.

«Loisir et Sport Montégérie se retire progressivement du dossier, tout en demeurant présent à titre d’observateur et de ressource. Katherine Lizotte, de l’organisme Jeunes en mouvement Brome-Missisquoi et Sarah Jacques, du CIUSSS Estrie, poursuivent leur travail au niveau de l’encadrement du projet», précise Mme Beaulac.

Le projet pilote a été financé à même un fonds spécial de 35 000 $ alimenté par la Conférence régionale des élus  de la Montérégie-Est (CRÉ) et le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS). Loisirs et Sports Montérégie a par ailleurs fourni l’expertise et les ressources humaines nécessaires à la réalisation du projet.

«Il avait été entendu dès le départ que le projet pilote ne coûterait pas un sou aux municipalités de la région de Bedford», indique le maire de Saint-Ignace-de-Stanbridge, Albert Santerre.

Un premier projet dans l’air

Un premier projet, découlant des efforts de concertation régionale en matière de loisirs, vient de voir le jour.

Le comité de loisirs régional a confié à un sous-comité le mandat de mettre en valeur la rivière aux Brochets par le biais d’activités nautiques et de diverses autres activités (culture, patrimoine, interprétation).

Une demande de financement de l’ordre de 14 000 $ a également été acheminée au Pacte Brome-Missisquoi (ex-Pacte rural). L’Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi (OBVBM) pourrait également être mis à contribution pour les fins de ce projet.

«Le comité aura notamment pour tâche de recenser les sites donnant accès à la rivière et de négocier des ententes avec les propriétaires riverains», résume Mme Beaulac.