Prairie Victoria : Plus de précisions, mais peu de satisfaction
MUNICIPAL. Quelques semaines après une première présentation qui a déchaîné les passions, la Ville de Bedford a tenté d’apporter des précisions sur le Plan particulier d’urbanisme (PPU) de la prairie Victoria dans le cadre d’une séance de consultation publique mercredi soir. Si cette fois, les élus avaient prévu le coup, prenant en note plusieurs questions sur le projet et en invitant des spécialistes, les citoyens, eux, ne semblent pas avoir changé d’avis.
Un texte de Thierry Simard
Se tenant cette fois-ci au sein du centre communautaire Georges-Perron à nouveau devant une foule de plus de cent personnes, la séance se voulait avant tout rassurante, le directeur général de la Ville, Richard Joyal, s’exclamant même que Bedford ne deviendrait pas comme Brossard et en relativisant sur la grosseur d’un éventuel projet.
400 logements
Principal questionnement des citoyens lors de la présentation du PPU le 4 août dernier, le nombre visé de potentiels logements construits par un éventuel projet est désormais connu, 400. Selon les plans de la Ville de Bedford, l’addition de ces 400 habitations ne se ferait pas en un coup, mais bien en quatre phases, s’étalant sur près de dix ans, entre 2028 et 2038. Pour ce qui est du nombre de nouveaux résidents par habitations, les prévisions indiquent une moyenne de 2,2 personnes par habitation, pour un nombre total de 880 nouveaux habitants s’installant sur ce secteur de Bedford entre 2028 et 2038.
Tentant d’encore rassurer davantage sur les dimensions du PPU, le responsable en urbanisme de Bedford, Samuel Grenier, est venu comparer les dimensions de cet éventuel projet en comparaison avec de précédents développements urbains. En écartant les secteurs protégés sur les 38,77 hectares sur la prairie Victoria, la concentration de logements par hectare serait de 13,98, soit un peu moins de 20 logements par hectare de moins que le développement des bâtisseurs, qui avait une concentration de 33,16 habitations. « Au niveau de la concentration, le projet est beaucoup plus similaire au développement du château d’eau, qui avait une concentration de 13,14 », a expliqué Samuel Grenier.
Davantage de précisions
Autre sujet d’inquiétudes chez les citoyens : le dossier de l’eau, des infrastructures municipales, de la capacité des écoles et du service de garde a également été soulevé. Selon la coordonnatrice de la gestion des eaux Anick Laplante, les études sur la consommation d’eau n’indiquent pas une surconsommation pour les capacités. Cette dernière présentant même un graphique indiquant que lors de plusieurs mois en 2026, la Ville de Bedford a enregistré sa plus basse consommation d’eau depuis cinq ans lors du mois en question. Un exploit qui a été rendu possible, selon elle, par les campagnes de sensibilisation et les réparations sur le réseau.
Pour ce qui est de la capacité des écoles, un représentant du centre des services scolaire du Val-des-Cerfs (CSSVDC), Stéphane Campbell, a assuré que les écoles du Premier-Envol et Mgr Desranleau étaient loin d’avoir atteint leur maximum de capacité, et ce, pour au moins les cinq prochaines années. Ce dernier a aussi ajouté qu’actuellement, un total de 275 places étaient toujours libres, comprenant les établissements de Bedford ainsi que l’école Saint-Joseph à Notre-Dame-de-Stanbridge et l’école Notre-Dame-des-Lourdes à Saint-Armand.
Un support citoyen qui reste faible
Malgré les explications fournies par les élus de Bedford et les spécialistes présents sur place, les citoyens qui ont assisté à la séance restent en majorité opposés à un tel projet. Si certains ont cité le risque de voir le parc automobile augmenter drastiquement, d’autres ont témoigné leur réticence à devoir vivre près de travaux pendant une dizaine d’années ou de privilégier un projet résidentiel à la place d’un projet industriel. « Sachant que le terrain visé est actuellement catégorisé comme zone industrielle, je pense qu’il serait important de le garder comme ça. Je crois que ce serait plus bénéfique pour la ville d’avoir des emplois bien rémunérés et ça donnerait une chance à nos jeunes de rester à Bedford », s’exclame Elizabeth Nelis, un membre du groupe Vivre ensemble Bedford.
Le rassemblement citoyen, très vocal depuis quelques semaines, a également remis aux élus une pétition. Le document, signé par 370 résidents, vise notamment une suspension du changement de zonage, la publication d’études complètes sur les impacts du projet et l’organisation d’une consultation publique incluant un référendum.
Lors de la période de questions, d’autres habitants de Bedford ont aussi critiqué certaines données fournies comme celles de la capacité des écoles, mentionnant un oubli d’inclure les statistiques concernant les écoles anglophones du centre Eastern Townships où certains Bedfordois étudient. Une autre partie a fait part de leur crainte de ne pas voir les objectifs de paysagement réalisés et d’autres ont finalement dénoncé la volonté de la Ville d’augmenter la richesse foncière, s’exclamant « donc c’est pour l’argent ? »
Des discussions qui se poursuivent
Pour l’instant, le maire de Bedford, Claude Dubois, assure que les remarques et recommandations des citoyens ont été prises en compte. « Nous avons pris en compte les remarques et nous allons nous rencontrer prochainement pour en discuter. Toutefois, il est encore trop tôt pour dire si une décision sera prise en septembre, en octobre ou plus tard. »
La prochaine séance du conseil de Bedford aura lieu le mardi 1er septembre prochain à 19 h à l’hôtel de ville.
