Un locataire de Farnham dénonce l’insalubrité de son logement

HABITATION. Installé depuis 2019 à Farnham, Daniel J Longpré vit dans un appartement qu’il juge insalubre. Victime de plusieurs troubles de santé, et ce, même après son déménagement dans un autre immeuble, le locataire déclare avoir été abandonné par le système, malgré un nombre élevé de preuves.

Un texte de Thierry Simard

Dès son arrivée dans son premier appartement de la rue de l’Expo en 2019, M. Longpré a immédiatement été surpris de l’état dans lequel ce dernier se trouvait. « Dès ma première journée, j’ai constaté qu’il y avait des crottes de souris et que les murs n’étaient pas peinturés alors qu’ils auraient dû l’être. » Peu de temps après, le locataire attrapa une pneumonie, sa première d’une série de douze entre 2019 et 2022, année de son déménagement de l’autre côté de la rue.

Arrivé dans son deuxième logement, de nouveaux problèmes font leur apparition. Plancher sale, peinture non faite et mauvaises odeurs. Souffrant d’irritations aux yeux et aux lèvres, Daniel Longpré suspecte aussi la présence de radon dans l’air, suspicions qui seront par la suite infirmées par les pompiers de la ville. Les odeurs ne feront par la suite qu’empirer, le tout cette fois relié à la situation du locataire situé de l’autre côté de chez M. Longpré, soutient-il. « Mon ancien voisin était un homme qui avait de la difficulté à se déplacer et qui ne pouvait pas nettoyer son logement. Il avait aussi un chat qui n’était pas stérilisé et qui urinait un peu partout. Au bout du compte, il vivait dans un appartement insalubre rempli d’odeurs nauséabondes et ça a commencé à sentir chez moi ensuite. »

Des plaintes sans suite

Se plaignant à plusieurs reprises de l’odeur provenant du logement adjacent, Daniel Longpré s’est à plusieurs reprises adressé à l’Office de l’habitation de Brome-Missisquoi (OHBM), sans succès. « J’ai averti à plusieurs reprises l’OHBM de la situation de mon voisin et des odeurs intenses que plusieurs résidents et moi-même devions subir, mais ils n’ont jamais rien fait. Ils ne voulaient pas écouter mes requêtes et nous avons dû appeler la police pour qu’ils puissent extraire mon voisin de son logement. » Par la suite, l’habitation serait restée dans le même état d’insalubrité pendant plusieurs semaines avant d’être nettoyée, accentuant les différentes odeurs dans l’édifice. « J’ai respiré de l’urine et des excréments pendant trois mois, c’est inhumain », se désole le Farnhamien.

Après plusieurs demandes d’examen de la condition de l’air auprès de l’OHBM qui ont été refusées, Daniel Longpré décide finalement d’émettre une mise en demeure auprès de ces derniers afin de dénoncer des manquements graves, suivi d’une poursuite pour 130 000 $, deux démarches qui n’aboutiront pas non plus. De plus, le locataire a également avisé la Ville de Farnham, la MRC de Brome-Missisquoi ainsi que la Société d’habitation du Québec (SHQ), sans qu’aucune action ne soit prise. « Je me sens abandonné par tout le monde, on dirait que personne ne me croit et on m’accuse d’avoir des problèmes mentaux. Je ne peux plus vivre comme ça. »

Une étude éloquente

Afin de faire vérifier ses suspicions concernant la qualité de l’air de son appartement, Daniel Longpré a consulté la firme Notreau, spécialisée dans les analyses de l’eau, de l’air et des sols le 17 février dernier. Selon le rapport consulté par l’Avenir & Des Rivières, la firme a détecté la présence de 15 types de moisissures différentes dans l’air de son logement. Parmi ceux-ci, on retrouve notamment le Candida auris, un type de champignon pouvant causer une infection sanguine et qui possède un taux de mortalité élevé chez des personnes gravement malades. Pour ce qui est du nombre précis de champignons, la concentration a été établie à 4040 spores au mètre cube dans l’air de la salle de bain, soit trois fois supérieur à la concentration à l’extérieur. Une concentration similaire a été aperçue sur les surfaces du salon, avec 66 spores au mètre cube, peut-on lire dans le rapport. « L’air est vraiment dangereux, et autant pour moi que pour mes proches, que je ne peux plus accueillir chez moi. Il faut vraiment que je sorte de là, car si ça continue, je vais y passer », affirme M. Longpré.

Un cas non isolé

Mis à part M. Longpré, d’autres personnes semblent se plaindre d’une mauvaise relation avec l’OHBM et la SHQ. Une femme, qui a choisi de rester anonyme, explique avoir eu affaire aux deux organisations lorsque son neveu habitait dans le même immeuble que Daniel Longpré. « Je venais m’occuper régulièrement de mon neveu et je me souviens de l’odeur qui était insupportable. En plus, lorsque celui-ci a eu des problèmes avec des punaises de lit, il a fallu attendre un long moment avant que le problème soit réglé. En plus, ils ne traitaient pas les logements avoisinants, donc le problème revenait. »

La plaignante explique que son neveu avait déjà connu des difficultés dans son ancien logement. Souffrant de la dystrophie myotonique de Steinert qui se caractérise notamment par une faiblesse musculaire, il avait de la difficulté à descendre faire son lavage depuis le deuxième étage. « Sachant que son genou pourrait lâcher à tout moment, j’ai expliqué qu’il était très dangereux pour lui de descendre des escaliers. On m’a alors répondu qu’il devrait alors rester chez lui. J’étais très en colère et j’ai déposé une mise en demeure », explique la témoin anonyme.

De son côté, l’Office de l’habitation de Brome-Missisquoi n’a pas souhaité commenter la situation de M. Longpré.