Une nouvelle façon de semer les terres
AGRICULTURE. Dans les derniers jours, près d’une vingtaine d’entreprises agricoles membres du bassin versant de la baie Missisquoi (OBVBM) ont récemment débuté l’ensemencement de plus de 400 hectares de leurs terres, depuis les airs. En effet, la distribution de semence par l’intermédiaire de drones est une technique de plus en plus utilisée par les agriculteurs, celle-ci comprenant plusieurs avantages.
Un texte de Thierry Simard
Ces drones, qui survolent l’équivalent de plus de 700 terrains de football de terres, relâchent des semences de trèfles rouges au travers des jeunes pousses de blé, déjà ensemencées. S’implantant tranquillement durant le printemps, le trèfle profitera ensuite de l’été pour se développer et ainsi former un couvert végétal et des racines plus saintes. De plus, les trèfles peuvent aussi s’avérer bénéfiques pour les abeilles grâce à leurs fleurs et à la santé globale du sol grâce aux racines qui permettent notamment un apport en matière organique et en azote au sol.
Pour finir, la contribution des plantes peut finalement se traduire en une économie d’engrais pour les cultures futures. De plus, la couverture de trèfles protège les sols du ruissellement et l’érosion pendant l’hiver et le printemps et prévient les pertes de phosphore vers les ruisseaux et rivières du bassin versant de la baie Missisquoi.
Certains enjeux
Même si la pratique porte des bénéfices, elle présente aussi des défis pour les entreprises agricoles. Le cultivateur Urbain Sweennen, notamment membre de l’union des producteurs agricoles (UPA), explique certains des défis. « Il faut profiter des avantages de la culture de couverture, sans nuire à la croissance de la culture principale. L’incorporation au sol des plantes de couverture est aussi critique que leur implantation. »
Ces propos sont également soutenus par le coordonnateur de la cohorte sur les régies innovantes de l’organisme du bassin versant (OBVBM), Aubert Michaud. « C’est maintenant deux cultures à gérer qui se côtoient dans le même champ. La fertilisation, le travail du sol, la protection des cultures sont tous interpellés. Ça représente tout un enjeu quand le gagne-pain en dépend. »
