Une vingtaine de nouveaux postes ouverts au C2MI
INNOVATION. À la suite des investissements massifs annoncés au C2MI à la fin de l’année 2025, le centre de recherche est à trouver et à former du personnel hautement qualifié pour y travailler. Pour ce faire, une somme de 5,6 M$ lui a été accordée par le ministère de l’Économie, sur une période de trois ans.
«Ça va servir principalement à embaucher des chercheurs, détaille la présidente-directrice générale du C2MI, Marie-Josée Turgeon. On a fait beaucoup d’investissements en termes d’équipements. Ce qu’on expliquait au gouvernement, c’est que c’était comme construire un super beau restaurant avec les dernières technologies pour la cuisson, mais on n’a pas d’équipe pour le faire fonctionner. Ça prenait nos premiers revenus pour embaucher du personnel. Avec l’aide financière, on va être capables tout de suite d’offrir ces équipements-là à l’écosystème.»
Le ministre délégué à l’Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises, Daniel Bernard, était sur place pour l’annonce lundi dernier, qui incluait également un financement de 4 M$ à l’Institut quantique de Sherbrooke.
Celui qui réside maintenant à Cowansville depuis un an s’est réjoui des liens qui se créent entre les différentes zones d’innovation. D’ailleurs, une nouvelle zone d’innovation minière a vu le jour il y a quelques mois dans sa circonscription de Rouyn-Noranda-Témiscamingue.
«La recherche qui peut se faire dans un secteur, les gens ici sont peut-être capables de voir s’ils pourraient la transposer dans d’autres secteurs d’activité, déclare-t-il. Ces liens-là sont importants. Je suis content personnellement dans ma circonscription, le secteur minier, même si c’est un secteur plus terre-à-terre, il y a tout de même de l’innovation et tout ce qui se fait au niveau quantique et en intelligence artificielle, elle en a besoin et de beaux partenariats sont à prévoir dans le futur.»
Le C2MI compte donc recruter environ une vingtaine de nouveaux employés sortant des différents établissements d’enseignement de la région.
«Il y a certaines branches du génie qui s’apparentent à ce dont on a besoin, génie physique, entre autres, note Mme Turgeon. Au niveau des technologues, il y a des techniciens en génie électrique et en génie mécanique dont on a besoin aussi, avec des cours qui se donnent au cégep de Granby. Localement, on est capables de les trouver, mais il y a quand même une portion de formation qu’il faut faire aussi.»
PROJET D’ENVERGURE AU C2MI
En décembre dernier, lors d’une annonce conjointe de Québec et Ottawa, des projets totalisant des investissements de plus de 650 M$, pilotés par le C2MI et IBM, ont été dévoilés. De manière générale, l’objectif de ces projets est d’accélérer la production des prochaines générations de semi-conducteurs et poursuivre la recherche dans le domaine.
Pour le C2MI plus spécifiquement, il s’agissait du plus gros projet de son histoire. L’agrandissement et l’acquisition d’équipements de pointe ont nécessité un investissement de 150 M$.
Ces nouveaux équipements permettront de suivre les dernières technologies dans le domaine de la microélectronique, avec des puces de plus en plus performantes et de plus en plus petites. D’ailleurs, Mme Turgeon avait noté qu’avec la montée rapide de l’intelligence artificielle, de nouveaux procédés d’assemblage sont rendus nécessaires.
Par la suite, les nouvelles technologies seront offertes aux différentes entreprises canadiennes et québécoises qui en auront besoin, et ce, dans plusieurs domaines distincts, que ce soit pour les technologies numériques, l’intelligence artificielle, l’information quantique, la photonique, la sécurité, la défense nationale, l’aérospatial ou la fabrication de pointe.
«C’est ici que les innovations franchissent la dernière étape avant leur arrivée sur les marchés internationaux, affirme la présidente-directrice générale de Technum Québec, Manon Duclos. En renforçant le C2MI, on renforce toute notre capacité manufacturière de haute technologie du Québec. Dans un contexte où les semi-conducteurs, les technologies quantiques et les chaînes d’approvisionnement sont devenus des enjeux économiques géopolitiques majeurs, cette annonce contribue directement à notre souveraineté technologique et à la résilience canadienne.»
Pour l’instant, le projet va bon train, souligne Mme Turgeon.
«Les premiers équipements sont installés, indique-t-elle. On en a cinq présentement. Il y a en a presque un qui rentre toutes les semaines. Pour nous, c’est un projet de trois ans pour finir de tout installer ça et que ce soit opérationnel.»
INSTITUT QUANTIQUE
Quant à l’Institut quantique de l’Université de Sherbrooke, la subvention de 4 M$ sera utilisée pour différents projets.
L’AlgoLab, qui est spécialisé en algorithme quantique, le FabLab quantique, qui effectue de la recherche expérimentale en technologies quantiques, ainsi que les projets Dialogues quantiques et Curieux quantiques, qui œuvrent dans la formation aux dimensions sociales et éthiques des technologies quantiques, seront financés.
