Placée dans la mauvaise classe
ÉCOLE. Depuis quelques semaines, une petite fille de neuf ans vit un cauchemar quotidien. Diagnostiquée autiste, avec un trouble de l’attention et un trouble sévère du langage depuis son plus jeune âge, elle est maintenant dans une école qui ne possède pas de classes adaptées.
Déménagée à Farnham en début septembre, la petite fille, que nous appellerons Jane, est officiellement entrée à l’école quelques semaines plus tard, le 29. En communication avec plusieurs écoles de la région, sa mère, Mélanie Lagacé, se souvient avoir été surprise d’apprendre que sa fille allait étudier à Farnham. « On m’a appelé à 20 h 30 le 27 pour me dire que Jane devait être présente le 29 là-bas. J’ai vraiment été surprise parce que j’avais déjà parlé à la directrice de l’école et elle m’avait elle-même dit que son école ne prendrait pas en charge ma fille, car ils ne possédaient pas les ressources nécessaires », a confié la mère de l’enfant.
L’intimidation a par la suite débuté peu de temps après. « Un jour, Jane est arrivée à la maison en me disant qu’un de ses camarades de classe voulait lui » péter la gueule. « Quelques jours plus tard, le même garçon lui a lancé des roches et il a été suspendu pour trois jours », a allégué la mère de la fillette. Toujours selon celle-ci, le harcèlement envers sa fille et la famille s’est encore plus empiré depuis. « Maintenant, c’est un groupe d’environ huit jeunes qui intimident ma fille en la suivant et en lui lançant des copeaux de bois notamment. L’école étant près de chez nous, ils en sont même venus à la suivre jusque chez nous et à la menacer à travers la fenêtre », a renchéri Mme Lagacé.
Depuis lors, il arrive souvent que la jeune fille ne veuille pas aller en cours selon sa mère. « D’habitude c’est une petite fille qui adore les cours, qui est toujours joyeuse. Maintenant, elle craint de rentrer à l’école de nouveau. Elle vit énormément de stress ces derniers jours et ça se manifeste énormément » a laissé entendre la maman de l’élève.
Un support qui laisse à désirer
Pour Mélanie Lagacé, le manque de support envers sa fille est flagrant. « Il est arrivé une fois que ma fille s’est fait harceler dans la cour d’école en ma présence. J’ai donc averti une des surveillantes de la situation pour qu’elle me dise qu’elle ne pouvait rien faire, car elle n’était pas l’enseignante de Jane. » Elle a par la suite tenté d’interpeller son enseignante, sans succès. « Elle m’a dit qu’elle n’avait pas le temps, car la cloche avait sonné et qu’elle pouvait me contacter par courriel ou par téléphone, alors que n’ai aucun de ces contacts. »
Du côté du centre de services scolaire du Val-des-Cerfs (CSSVDC), le dossier n’est pas pris à la légère. « Nous sommes en communications régulières avec la mère et l’élève reçoit un accompagnement adéquat concernant différents aspects », explique le directeur général du CSSVDC, Carl Morissette. Le CSS explique aussi que l’institution prône l’intégration des enfants dans les classes ordinaires. « Il faut défaire le mythe, les enfants a besoins particuliers sont égaux avec les autres et peuvent être dans les mêmes classes que les autres, » a exprimé la porte-parole du CSSVDC, Paméla Blouin.
Dans ces temps difficiles pour la famille, la mère de Jane ne perd pas espoir. « Encore une chance qu’elle reste quand même joyeuse. Elle pourrait perdre son sourire, mais ce n’est pas le cas. Elle n’abandonne pas et ça m’aide aussi à voir du positif », a conclu la dame.
