La Place Excelsior à Bedford: un repaire d’artistes méconnu

CULTURE. Anciennement une usine de fabrication d’aiguilles, la Place Excelsior à Bedford a une nouvelle vocation. La propriétaire des lieux, Diane Alarie, souhaite redonner vie à cet endroit autrefois habité par des ouvriers, par la voie de l’art.

L’édifice de deux étages sis au 110 rue Rivière a une superficie d’environ 80 000 pieds carré par étage, la moitié est disponible en location pour de l’entreposage, des bureaux ou des ateliers.

Il ne manque pas d’espace dans cette ancienne usine qui a déjà accueilli des centaines d’employés.

De vastes locaux, allant de 120 pieds carrés à 2000 pieds carrés peuvent toujours être loués se caractérisant ainsi comme une toile vierge pour les entreprises québécoises.  

Au deuxième étage, Diane Alarie souhaite y voir s’installer des artistes et des artisans. L’idée est de créer une communauté d’artistes qui pourront ainsi, se rassembler, s’inspirer et créer.

«Les artistes sont bien souvent en solo. Le fait de se voir, de sortir de son cocon et de voir ce qui se fait permet d’élargir sa création», avance l’entrepreneure.

À l’heure actuelle, une dizaine d’artistes et d’artisans arpentent les couloirs de la Place Excelsior.

L’ébéniste Emmanuel Peluchon est le premier à avoir abouti à cet endroit. «Je venais d’arriver à Saint-Armand et je voulais bâtir un atelier. Cependant, j’ai entendu parler de cet endroit et je suis allé voir. À l’époque c’était vide, mais plutôt que d’investir et de bâtir, j’ai décidé de louer. D’autant plus que c’était tout compris», relate-t-il.

L’artisan relève une autre composante à avoir fait pencher la balance en faveur de l’ancienne usine. «De partager l’espace est une force créatrice. On n’a pas cette synergie quand on est seul dans son atelier».

La dernière à s’être joindre au clan est Louise Guertin, une artiste peintre originaire de la Rive-Sud. Elle s’ajoute notamment à Linda Bruce, artiste-peintre, Constance Morgan, mosaïste et Rosie Godbout, designer.

Le prix et le site

Selon Diane Alarie, le prix et la beauté du site sont les deux avantages de venir s’installer à Bedford, village relativement éloigné du grand centre urbain qu’est Montréal. «Le site est tellement beau. Il y a le côté antique de l’usine, le fait d’avoir beaucoup de lumière et il y a le prix. C’est chauffé et éclairé et c’est bien moins cher que ce qu’on retrouve ailleurs».

Qualifiant de clé en main son service de location, l’entrepreneure ajoute qu’outils et matériaux peuvent être prêtés au besoin.

Un regroupement?

Une partie de la Tournée des 20, un circuit d’art qui fêtait ses vingt ans cet automne, s’est déroulée au second étage de l’ancienne usine d’aiguilles.

Selon Emmanuel Peluchon, les gens de la place ont ainsi pu redécouvrir la Place Excelsior. «L’usine a un vécu de près de 100 ans. Tous les gens connaissant la Place Excelsior. Depuis un mois, ils la redécouvrent sous un autre aspect. Il y a maintenant de l’art et des services».

Y’aura-t-il un regroupement «officiel» d’artistes à la Place Excelsior?

«On est en train de faire une réflexion sur la Tournée des 20. À savoir comment l’organiser, moderniser ce circuit des arts qui a vingt ans et de l’adapter à aujourd’hui. Nous allons essayer de voir comment greffer ce concept à un nouveau centre d’art et de diffusion», répond M. Peluchon.