F. Ménard double ses ventes de viande fraîche au Japon

F. Ménard double ses ventes de viande fraîche au Japon

Lors de leur récent voyage au Japon, Luc Ménard et Pierre Surprenant ont visité les ports de Tokyo et d’Osaka, des entrepôts réfrigérés et des supermarchés offrant les produits de F. Ménard.

Crédit photo : Gracieuseté

AFFAIRES. Le Japon achète de plus en plus de produits frais au détriment des produits congelés et F. Ménard tire profit de cette nouvelle tendance.

Le directeur général et le directeur de production de l’entreprise familiale d’Ange-Gardien, Luc Ménard et Pierre Surprenant, ont passé une dizaine de jours au pays du Soleil levant, le mois dernier, et garderont un excellent souvenir de ce voyage d’affaires.

«Comme nous allons là-bas une ou deux fois par année, nos relations avec les Japonais sont de plus en plus personnalisées. Les gens de ce pays apprécient le fait qu’un propriétaire et un directeur de production prennent la peine de se déplacer outremer sur une base régulière pour les rencontrer», indique M. Ménard.

Celui-ci précise que les Japonais attachent une très grande importance à la qualité des produits et au service après-vente. Ils recherchent plus spécifiquement des races de porc issues de croisements spécifiques (l’équivalent du fameux bœuf Angus).

«Comme notre entreprise contrôle toutes les étapes de la production, de la naissance à la mise en marché en passant par l’engraissement, l’abattage et la découpe, elle peut s’ajuster sans trop de difficulté aux spécificités du marché japonais en termes de génétique, d’alimentation des animaux, de qualité de la viande (couleur, pourcentage de gras, épaisseur des pièces, etc.). En raison de leur taille démesurée, les géants américains n’ont tout simplement pas le temps de procéder à ce genre d’ajustements», signale le directeur général de F. Ménard.

En réponse aux exigences des Japonais, le producteur de porcs d’Ange-Gardien ajoute notamment des fines herbes dans l’alimentation des animaux.

Demande croissante

F. Ménard n’a pas hésité à agrandir son abattoir et son usine de découpe d’Ange-Gardien, en 2016, dans le but de satisfaire la demande japonaise pour des produits frais. L’entreprise récolte aujourd’hui les fruits de cet investissement de 7 M$.

Les commandes du Japon représentent aujourd’hui de 12 % à 13 % du volume de production de F. Ménard (contre 5 % en 2016) et plus de 15 % de son chiffre d’affaires (contre 10 % en 2016).

Selon Luc Ménard, ce pays asiatique importe 365 000 tonnes de viande de porc fraîche et 533 000 tonnes de viande de porc congelée chaque année.

«Si la quantité de viande de porc congelée canadienne vendue au Japon (41 000 tonnes ou 8 % du volume) est nettement inférieure à celle du Danemark et du Mexique, la situation est tout à fait différente pour la viande de porc fraîche. Le Canada est actuellement le deuxième fournisseur étranger de produits frais (174 000 tonnes ou 44 % du volume), tout juste derrière les États-Unis (53 % du volume). Pas mal pour un petit pays comme le nôtre qui élève quatre fois moins de porcs que son voisin du Sud», précise M. Ménard.

Ce dernier ajoute que les ventes canadiennes de porc frais au Japon devraient augmenter de 4 % en 2018.

«Le Japon produit 50 % de la viande de porc qu’il consomme. La production de ce pays est cependant à la baisse (vieillissement des producteurs, manque de relève, espace restreint) et celui-ci doit importer davantage», explique le directeur général de F. Ménard.

Dans cinquante pays

Le producteur de porcs d’Ange-Gardien exporte actuellement dans une cinquantaine de pays.

«La plus grosse partie de nos importations est destinée à cinq pays. Il s’agit des États-Unis, de la Chine, du Japon, du Canada et du Mexique. Les autres pays sont de plus petits clients, mais l’importance relative de certains d’entre eux est appelée à changer avec les années», indique Luc Ménard, directeur général et copropriétaire de F. Ménard.

L’homme d’affaires ajoute que son entreprise vend davantage de viande de porc à la Chine qu’au Canada, mais la valeur cumulative des produits vendus en Chine est inférieure à celle des produits vendus au Canada.

«À l’heure actuelle, les Canadiens jettent leur dévolu sur les morceaux de grande valeur (longes, flancs, fesses, épaules, côtes levées) alors que les Chinois achètent plutôt les os et les sous-produits du porc (têtes, pieds, tripes, etc.). Il y a cependant une tendance forte en Chine pour les morceaux de choix et F. Ménard souhaite se positionner en conséquence», signale-t-il.

De façon générale, l’Asie constitue la principale cible d’augmentation des ventes de F. Ménard pour les prochaines années. L’entreprise s’intéresserait tout particulièrement au Vietnam, à la Corée, à Taïwan et à Singapour.