Farnham: le maintien des horaires de faction indispose les paramédics

Farnham: le maintien des horaires de faction indispose les paramédics

Gaétan Dutil, président du SPPM-CSN de la Montérégie et Éric Turgeon, délégué syndical, soutiennent que la population de Farnham et des environs a droit à la même qualité de service que les habitants des autres régions du Québec.

Crédit photo : L’Avenir & Des Rivières – Claude Hébert

SANTÉ. Le Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie-CSN (SPPM-CSN) réclame l’abolition des horaires de faction pour les ambulanciers de Farnham et le dévoilement des statistiques d’achalandage 2016-2017.

«Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) ne cesse de remettre à plus tard la divulgation de ces statistiques, comme il s’y était engagé le 21 décembre dernier lors d’une communication officielle aux syndicats. Faute de chiffres à l’appui, le Syndicat ne peut démontrer hors de tout doute que le volume de transports annuels dans secteur de Farnham (zone 684) est suffisant pour que les horaires de faction soient remplacés par des horaires à l’heure», indique le président du SPPM-CSN de la Montérégie, Gaétan Dutil.

Selon les nouveaux barèmes du MSSS, les quarts de faction doivent céder la place à des horaires à l’heure dès que la zone de desserte ambulancière atteint un volume de 3 000 transports et plus.

Le Ministère a autorisé l’abandon des quarts de faction dans plusieurs services ambulanciers de la Montérégie (Cowansville, Ormstown et Saint-Chrysostome en janvier dernier, Waterloo et Napierville à la fin avril). Le secteur de Farnham ne rencontrait toujours pas ce critère en 2015-2016, mais les instances syndicales croient que la situation pourrait avoir changé depuis. Cela explique leur instance à obtenir les statistiques de la dernière année.

«Comme le nombre d’appels augmente en moyenne de 7 % à 9 % par an, il y a tout lieu de croire que le secteur de Farnham a franchi le cap des 3 000 transports», plaide M. Dutil.

Ce dernier affirme également que l’abandon des horaires de faction est un enjeu prioritaire.

«La qualité de vie des paramédics est en jeu, mais également la sécurité du public. On joue avec la vie des gens. Les horaires de faction entraînent des délais d’intervention plus longs, puisque les paramédics doivent partir de leur domicile et se rendre à la caserne avant de se diriger vers les lieux de l’appel. Or, comme tout le monde le sait, chaque seconde compte lors d’un appel d’urgence», affirme M. Dutil.

À l’heure actuelle, la région de Farnham est desservie en tout temps par deux ambulanciers disponibles sur appel 7/7 jours et 24/24 heures jusqu’à concurrence de 168 heures (quarts de faction). Ces derniers sont tenus d’habiter dans un rayon de cinq kilomètres autour de la caserne afin de pouvoir se présenter au travail en moins de dix minutes.

Deux autres ambulanciers, travaillant sur des horaires à l’heure, sont également en service durant le jour, soit de 8h à 18h.

«Les quarts de faction ont été introduits en 1984. À l’époque, on nous disait qu’il s’agissait d’une formule temporaire or, 34 ans plus tard, certains services ambulanciers doivent toujours composer avec ce type d’horaire», ajoute le  président du SPPM-CSN.

Les quarts de faction demeurent toujours très impopulaires chez ambulanciers.

«Ce n’est pas évident pour un paramédic de tout laisser tomber, dès la réception d’un appel, pour se rendre à la caserne. Le sommeil est également affecté, car l’employé est toujours sur le qui-vive et ne dort souvent que d’un seul œil. Après une intervention difficile, celui-ci a par ailleurs de la difficulté à décrocher. Et tout ça se répète jour après jour, pendant une semaine», explique Éric Turgeon, délégué syndical.