Baie Missisquoi : la lutte contre le phosphore se poursuit

Une réunion publique portant sur l’état de la baie Missisquoi et les efforts entrepris pour améliorer la qualité de son eau s’est tenue le 16 septembre à La cache du Lac Champlain, à Venise-en-Québec. Organisée par le Lake Champlain Basin Program (LCBP), cette rencontre a permis à la population de prendre connaissance des actions menées par différents intervenants pour réduire le phosphore dans la baie.

Le LCBP, le Vermont Department of Environmental Conservation (DEC) et le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) étaient présents pour cet événement qui s’est déroulé en présentiel et via la plateforme Zoom. C’est Guy Parenteau, conseiller en environnement à la Direction régionale de l’analyse et de l’expertise de l’Estrie au MELCCFP, qui a évoqué, en anglais et en français, les stratégies du Québec pour les années 2023 et 2024.

Matthew Vaughan, le scientifique en chef du LCBP, a expliqué que ce programme, qui a été créé en 1990, coordonne et finance des initiatives visant entre autres à améliorer la qualité de l’eau du lac Champlain, en partenariat avec les États du Vermont, de New York et le Québec.

« Parallèlement, les gouvernements du Québec et du Vermont, qui partagent la baie Missisquoi, ont signé l’entente de la baie Missisquoi en 2002, renouvelée en 2021, concernant la réduction du phosphore dans la baie. »

M. Vaughan a souligné qu’au cours des dernières décennies, la qualité de l’eau de la baie s’est détériorée et elle connaît des proliférations préoccupantes de cyanobactéries presque chaque été.

Stratégies

La stratégie québécoise de l’eau (2018-2030), qui a été brièvement présentée au public, propose sept orientations parmi lesquelles on note : assurer une eau de qualité pour la population, restaurer les milieux aquatiques, mieux prévenir et gérer les risques liés à l’eau ainsi qu’assurer et renforcer la gestion intégrée des ressources en eau.

« La concertation se poursuit donc avec le Québec, le Vermont et New York pour mettre en place ces mesures afin de faire évoluer l’entente de la baie Missisquoi et les pratiques pour réduire le phosphore », a mentionné Guy Parenteau.

Le MELCCFP travaille avec différents organismes, dont l’Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi (OBVBM) afin de réaliser des analyses d’eau sur une base annuelle. Les données n’ont pas été présentées lors de cet événement.

Un autre point soulevé lors de cette réunion publique concerne l’adoption, cette année, par le gouvernement du Québec d’un cadre réglementaire modernisé entourant les milieux hydriques, dont les zones inondables, et les ouvrages de protection contre les inondations. Les nouveaux règlements entreront en vigueur à partir du 1er mars 2026, a précisé M. Parenteau. « Gérer les rives de façon commune au Québec va nous permettre de réaliser des gains en matière de réduction du phosphore à travers la province. »

Milieu agricole

Le principal règlement visant la protection des sols et de l’eau en milieu agricole est le Règlement sur les exploitations agricoles (REA) qui a pris effet en 2002. Il vise à limiter les risques liés à la pollution causée par les activités agricoles, notamment en atteignant un équilibre des sols en phosphore, selon le MELCCFP. Le phosphore provient principalement des fertilisants, notamment des déjections animales.

Le programme Prime-Vert, mis en place par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), offre un soutien financier aux entreprises agricoles pour qu’elles adoptent des pratiques agroenvironnementales et pérennisent leurs activités en protégeant les ressources comme les sols et l’eau.

En 2023, 51 inspections environnementales ont été menées dans des exploitations agricoles afin de s’assurer d’une saine gestion des pratiques sur le plan réglementaire. En 2024, ce nombre est passé à 106, a affirmé Guy Parenteau.

Enfin, parmi les initiatives prévues pour les prochaines années figure le plan d’action pour la réduction du phosphore de l’OBVBM, la modernisation du REA, la surveillance et le maintien de l’efficacité des usines de traitement des eaux usées, ainsi que la poursuite des pratiques agroenvironnementales, a conclu Guy Parenteau.

Investissements

Des investissements de 4,6 M$ ont été réservés pour soutenir les agriculteurs dans l’adoption de pratiques agroenvironnementales, a indiqué Ghizlane Behdaoui, porte-parole régionale du ministère de l’Environnement.

Du côté des installations sanitaires municipales, le gouvernement a versé 3,4 M$ aux municipalités pour la mise à niveau des installations de traitement des eaux usées.

Concernant la concertation et le suivi du phosphore, le gouvernement a investi 1,1 M$ afin de renforcer la collaboration entre les acteurs du milieu et d’assurer le suivi des émissions de phosphore par l’échantillonnage et l’analyse des résultats, selon Mme Behdaoui.

Au total, ce sont plus de 9,1 M$ qui ont été consacrés afin de veiller à la réduction du phosphore dans l’environnement pour l’amélioration de la qualité de l’eau de la baie Missisquoi.