Changer les habitudes des usagers de la route

MOBILITÉ. Le service de transport et de la mobilité de la MRC de Brome-Misissquoi a une lourde tâche sur ses épaules. En offrant du transport adapté et collectif, il poursuit sa mission d’améliorer la mobilité des résidents tout en étant durable, c’est-à-dire en respectant l’environnement. 

Le journal a rencontré le directeur du service de transport et la mobilité de la MRC de Brome-Missisquoi, afin de discuter des dossiers en cours. “L’objectif de ces initiatives, c’est principalement de tester le territoire”, souligne d’entrée de jeu Khalil El Fatmi.

Il mentionne qu’une offre de transport était présente sur le territoire auparavant, mais qu’elle était incomplète. “À travers tout ça, je me retrouve avec un manque de données pour bâtir une offre de services qui répond à un besoin qui est réel”, explique-t-il. 

Objectifs

La MRC de Brome-Missiquoi a pris compétence et offre du transport adapté et collectif depuis 2008. Parmi ses missions, elle souhaite améliorer les habitudes des gens. M. El Fatmi est conscient que l’autosolo est toujours la reine sur les route. 

“Plusieurs choses peuvent expliquer, convaincre, et changer les habitudes des gens, mais la gestion du changement, c’est un processus qui est extrêmement long, qui prend du temps”, reconnaît-il. Ainsi, cela prend plus que quelques mois pour s’adapter. C’est pour cela que des projets pilotes ont des périodes de gratuité et sont bonifiés avec le temps.

Grâce à une enveloppe budgétaire du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH), la MRC de Brome-Missisquoi teste des idées sur le territoire. Son bt est d’innover, d’éviter l’autosolo ainsi que d’encourager le transport collectif et la mobilité durable.

“Avant la pandémie, les gens ne se déplaçaient pas comme aujourd’hui, et dans cinq ans ce sera aussi différent”, est convaincu le directeur du service de transport et de la mobilité. Selon lui, la région de Brome-Missiquoi a un fort potentiel à développer, surtout en transport collectif. “Il ne reste qu’à tester”, ajoute-t-il. 

Chiffres

Le journal a obtenu des chiffres sur les projets de transport de la MRC de Brome-Missisquoi. Pour le transport adapté, qui est le service le plus rodé, on parle d’environ 27 000 demandes annuellement partout dans la région. Quant au transport collectif intermunicipal, qui offre une connexion de n’importe quelle ville de la région à Cowansville, ce sont 35 000 déplacements enregistrés chaque année.

Du côté des projets pilotes, le transport à la demande dans les villes de Bromont et Farnham est devenu gratuit, du 15 juillet au 15 août. Le portrait est complètement différent là où on inspire l’action (environ 350 demandes) que là où on grandit ensemble (environ 30 demandes) depuis le lancement du service le 24 février dernier. 

“On arrive avec une nouvelle offre qui n’était pas existante avant, pour laquelle les citoyens se sont déjà arrangés. Le défi, c’est de les convaincre de venir essayer le service. C’est beaucoup moins dispendieux de prendre le transport collectif que de s’acheter un véhicule”, réagit M. El Fatmi. 

À Cowansville, le circuit municipal traversé par une ligne de bus semble bien fonctionner. Pour huit mois d’opération en 2024, 2778 déplacements ont été enregistrés, alors que pour les six premiers mois de 2025, le nombre monte à 2623.

Le projet pilote a également eu une période de gratuité l’été dernier. “Le circuit municipal de Cowansville prend fin le 1er octobre. On va s’asseoir avec la Ville et déterminer la suite […]. Il y a plusieurs variables à étudier pour décider si on pérennise le projet ou non”, déclare Khalil El Fatmi.

Soulignons également le circuit interrégional Brome-Yamaska, un nouveau service qui entrera en fonction le 25 août. Il desservira Bromont, Cowansville, Granby, East Farnham et Saint-Alphonse-de-Granby.

Autopartage

Dans le cadre du Laboratoire d’innovation en mobilité intelligente et territoriale (LIMIT), un projet de covoiturage, comme Communauto à Montréal, pourrait voir le jour dans la région de Brome-Missisquoi. “Il n’y a pas d’échéance ou de date précise, mais on a l’objectif d’acquérir des véhicules électriques et de les mettre à disposition des citoyens, moyennant une tarification qui est à établir”,  confirme le directeur du service de transport et de la mobilité de la MRC.

Ce projet est en élaboration, il reste à conclure des ententes avec les municipalités concernées, puis la phase de planification pourra débuter.

D’autres idées pourraient se concrétiser dans le futur. Khalil El Fatmi mentionne la possibilité d’offrir des vélos électriques en location, par exemple. Le comité directeur, dont il fait partie, a le rôle d’étudier, d’évaluer et de revoir les sommes allouées aux projets.