Le projet de complexe municipal de Sainte-Brigide-d’Iberville contesté

MUNICIPAL.  Le projet de complexe municipal de Sainte-Brigide-d’Iberville crée des débats entre la population et les élus de la Municipalité. Un groupe de citoyens a effectué du porte-à-porte au cours des dernières semaines afin de faire signer une pétition contre la construction du complexe municipal, estimée à 10,6 M$.

« On trouve que c’est dispendieux pour notre petit village, et ça n’inclut pas les coûts de démolition. On sait tous qu’il y a toujours des augmentations de coût, souligne Martin Guillemette, qui fait partie du groupe de discussion ayant mis sur pied la pétition. Il y a d’autres défis: la caserne, l’aqueduc et les égouts. On a beaucoup de jeunes familles dans notre Québec qui sont endettées, tout est cher. »

Un groupe de sept Brigidiens se réunit pour discuter du projet depuis le mois de janvier. Il est formé de Yannick Robert, Normand Papineau, Ghislain Leclair, Francis Côté, Martin Guillemette, Raphaëlle Garceau et Philippe Aeschlimann. Il propose de rénover le bureau municipal et le centre municipal pour « éviter de s’endetter inutilement ». Le groupe prévoit déposer la pétition à la prochaine assemblée du conseil municipal, en juin.

Le projet de complexe avait été présenté aux citoyens en décembre dernier. À ce moment, le maire de Sainte-Brigide-d’Iberville, Mario van Rossum, trouvait la réponse des résidents très bonne. Selon lui, la situation a évolué en raison des nombreux coûts que la Municipalité doit assumer, notamment pour les égouts.

Pour le moment, certains montants ont été dépensés par la Municipalité pour la firme d’architecture DG3A, et trois maisons ont été acquises et détruites pour préparer le terrain. Le futur bâtiment serait construit au 510, 9e Rang et occuperait une superficie de 1210 m2. Toutes les activités de la Municipalité y seraient déplacées, en plus d’y avoir un bureau de poste et des locaux pour les organismes, entre autres.

Réflexion collective

Selon Philippe Aeschlimann, « la première chose que le conseil devrait faire, c’est une consultation publique ». L’ancien conseiller municipal souligne le manque de transparence des élus.

Le maire de la Municipalité est conscient de la situation. « Normalement, le plan serait prêt à aller en soumission après les vacances de la construction. Si le coût est de 15 ou 16 M$, on devra s’asseoir et réévaluer », explique Mario van Rossum. Il confirme que l’échéancier pourrait changer avec la pétition qui circule.

Le projet devrait être subventionné à la hauteur 5 070 000$ grâce au Programme d’amélioration et de construction d’infrastructures municipales du gouvernement du Québec (PRACIM). Cette subvention permet de financier jusqu’à 70% des projets, jusqu’à un certain montant. La Municipalité affecterait une somme de 607 117$ provenant des surplus. Enfin, un prêt de 4,9 M$ serait contracté, ce qui représenterait des paiements annuels variant entre 298 084$ et 418 831$, selon le taux d’intérêt (5 ou 7%) et la durée du prêt (25 ou 35 ans).

Lors de la séance du conseil municipal du 6 mai, la salle était remplie. Les citoyens souhaitaient obtenir des réponses sur le projet de complexe municipal. Plusieurs se considèrent dans l’inconnu. Martin Guillemette a demandé aux élus d’effectuer une réflexion collective sur le projet. La demande a été acceptée et une date sera déterminée lors de la prochaine assemblée. M. van Rossum a rappelé que le conseil, « ce sont sept personnes qui sont là pour trouver des solutions », quand le climat est devenu tendu avec d’autres résidents.

Changements

Un des lanceurs de la pétition, Yannick Robert, a soulevé sa crainte qu’il soit trop tard pour revenir en arrière.

La maire de Sainte-Brigide-d’Iberville concède que le projet pourrait changer. « C’est sûr que si des coûts ont déjà été engendrés et qu’on arrête ou modifie le projet, il y aura des pertes nettes au bout du compte », dit M. van Rossum. Il croit qu’il est bien de tenir des rencontres citoyennes, mais qu’à un moment donné, il faut avancer pour obtenir des réponses.

Mario van Rossum croit que le complexe municipal est un très beau projet. Il pourrait être reporté de quelques années. Il souhaite trouver le bon moment pour le compléter. Il croit que ce serait peut-être en 2027, lorsque Sainte-Brigide-d’Iberville recevra des redevances du projet de parc éolien de la Coopérative régionale d’électricité de Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville et Boralex Développement Canada.