L’eau de Farnham touchée par le pesticide glyphosate

SANTÉ L’organisme québécois, Vigilance OGM, a révélé la forte présence de l’herbicide glyphosate dans l’eau potable de dix villes de la province. Parmi celles-ci, la ville de Farnham est l’une des plus touchées, avec une concentration de 2,47 microgrammes (µg) par litre.

Les données des analyses de l’organisme ont été dévoilées récemment dans un communiqué publié sur leur site. Il est notamment expliqué que le glyphosate est l’agent principal des pesticides à base de glyphosate comme le Roundup, qui représentent 44 % des pesticides vendus en milieu agricole au Québec. En général, l’utilisation de ces pesticides est liée aux cultures de maïs et de soya. Selon le coordonnateur de l’organisme, Thibault Rehn, il n’est pas surprenant de retrouver ce type de pesticide dans l’eau potable testée, puisqu’il est fréquemment utilisé dans les environs.

Un taux si inquiétant que ça ?

La concentration en microgrammes par litre du glyphosate est la donnée qui inquiète le plus M. Rehn et Vigilance OGM, surtout si on la compare avec les normes européennes. Pour Farnham, le taux est de 2,47 µg par litre, ce qui est 25 fois plus élevé que la limite en Europe. Toutefois, le taux reste bien en dessous du seuil limite fixé par le ministère de l’Environnement, qui est lui fixé à 210 microgrammes par litre. Cela n’a toutefois pas empêché le maire de Farnham, Patrick Melchior, de se renseigner sur le sujet. « Pour l’instant, il n’y a rien qui indique que c’est dangereux pour la santé. Toutefois, c’est sûr qu’on va poser des questions et discuter avec l’équipe du traitement des eaux pour en apprendre davantage. »

Réduire directement à la source

Pour Thibault Rehn, la solution serait de réduire l’utilisation des pesticides dans la province. « Plus tôt cette année, on apprenait que les ventes totales de pesticides au Québec ont dépassé les cinq millions de kilogrammes, faisant des trois dernières années, celles où l’on a vendu le plus de pesticides (depuis 1992). » Une opinion qui est partagée par M. Melchior. « Je pense que ça peut être une opportunité pour le gouvernement de réfléchir à trouver des alternatives et à revoir la réglementation provinciale. »

Farnham n’est pas la seule ville de la MRC de Brome-Missisquoi à être présente dans les analyses de Vigilance OGM. La ville de Sutton est également touchée, avec une concentration de 2,36 µg de glyphosate dans un litre d’eau.