L’IA au service de la persévérance scolaire à Val-des-Cerfs
ÉDUCATION. En 2020, le Centre de services scolaire du Val-des-Cerfs (CSSVDC) a fait figure de pionnier en se servant de l’intelligence artificielle (IA) pour contrer le décrochage scolaire. Le procédé a fait boule de neige et est maintenant appliqué partout au Québec.
L’outil de prédiction du décrochage scolaire dont le précédent directeur général de Val-des-Cerfs, Éric Racine, a été l’instigateur a continué à être utilisé après son départ à la retraite. Pour l’année scolaire actuelle, le ministère de l’Éducation a développé un système basé sur l’IA qui ressemble à celui du CSSVDC et qui est en voie d’implantation dans l’ensemble des centres de services scolaires.
“Nous nous servons des deux outils actuellement, et nous faisons graduellement la transition pour utiliser uniquement celui du ministère prochainement”, explique celui qui est actuellement directeur général du CSSVDC, Carl Morissette. Le but étant d’avoir une uniformité dans la prédiction du décrochage scolaire partout au Québec.
Comment ça fonctionne?
Concrètement, une multitude de variables sont prises en compte par l’intelligence artificielle pour générer ses pronostics ciblés sur les risques de décrochage scolaire chez les jeunes. Le système analyse, entre autres, le taux d’absentéisme d’un élève, la progression de ses résultats scolaires, l’historique de ses échecs, ou encore le nombre de fois où il a déménagé dans les dernières années.
“Il y a donc plusieurs facteurs qui sont pris en compte, ce qui amène à une proportion de chances qu’un enfant décroche après la troisième secondaire, par exemple”, raconte le DG pour illustrer le fonctionnement de l’outil de prévision. Ces résultats sont analysés dès la fin du primaire des élèves et deviennent de plus en plus précis durant les années suivantes.
“Cela nous donne une idée de quels élèves sont plus à surveiller et nous indique comment on peut mieux travailler avec ces jeunes spécifiquement”, ajoute M. Morissette.
L’IA dans les classes: où en est-on?
Pour l’instant, peu d’enseignants utilisent l’intelligence artificielle en classe, mais ceux du secondaire sont interpellés par ces nouveaux outils, parce que des élèves peuvent utiliser l’IA pour leurs travaux de recherche ou leurs devoirs faits à la maison.
Une réflexion à ce sujet a lieu actuellement dans les centres de services scolaires pour définir comment les enseignants peuvent baliser adéquatement le recours à des systèmes d’IA tels que Copilot ou Chat GPT. “Nous en sommes encore à apprendre comment composer avec les outils basés sur l’intelligence artificielle”, résume Carl Morissette, qui observe que le recours à l’IA au secondaire n’est pas un fléau en ce moment. À ce sujet, certains enseignants commencent à revoir leurs pratiques en ce qui concerne les travaux à la maison qu’ils demandent à leurs élèves. “Cela amène plusieurs questionnements en ce moment, mais nous n’avons pas encore trouvé les réponses à tout”, conclut le DG de Val-des-Cerfs.
