Saint-Armand désire plus de quiétude
FRONTIÈRE. Il y a peu de temps, la Municipalité de Saint-Armand faisait pression sur le gouvernement canadien pour “sécuriser” la frontière canado-américaine. Depuis janvier 2025, la situation est bien meilleure, mais les Armandois ne veulent pas pour autant perdre leur milieu de vie paisible.
Le gouvernement fédéral a annoncé le 15 janvier dernier une augmentation de son personnel, des outils, des technologies de pointe, des drones, des équipements de surveillance et des hélicoptères. L’objectif était alors de diminuer les tensions avec l’administration Trump par rapport à la sécurité à la frontière.
Ainsi, la Gendarmerie royale canadienne (GRC) fait la location d’hélicoptères Black Hawk pour assurer une surveillance accrue. Les résidents de Saint-Armand les ont observés de manière plus fréquente depuis le début de l’été, surtout de jour.
Revendications
“Ce que les citoyens revendiquent, c’est que les hélicoptères semblent voler plus bas que la hauteur minimale de 500 pieds. Aussi, ils sont bruyants, surtout les Black Hawk”, explique la mairesse de Saint-Armand, Caroline Rosetti. Parfois, ils peuvent passer jusqu’à six reprises lors d’une journée.
Elle avait discuté avec ses conseillers municipaux de la possibilité d’adopter une résolution, mais celle-ci n’a pas eu lieu. La GRC lui a envoyé une réponse, le 6 août dernier. “Elle nous a dit qu’elle veut garder une bonne collaboration et qu’elle nous a entendus et fera des rappels. Selon ses données, les hélicoptères ont toujours volé aux bonnes distances”, rapporte Mme Rosetti.
Quelques vols étaient plus bas dans le but de valider des informations. Son objectif, en tant que mairesse, est de “rappeler qu’on a des citoyens, qui, dans leur quotidien, méritent une quiétude”.
Caroline Rosetti sous-entend qu’il faut trouver le juste milieu. “On a demandé une protection et on l’a eue. Les citoyens me demandent si c’est nécessaire à ce niveau-là en considérant qu’il ne semble pas avoir eu tant d’activités clandestines cet été”, dit-elle en se demandant si c’est la présence de la surveillance qui a diminué l’action à la frontière.
Autre solution ?
La Municipalité de Saint-Armand reste en contact avec la GRC pour lui faire part de ses préoccupations. “On a nommé la possibilité de faire voler des drones au lieu des hélicoptères. Je n’en ai pas vu beaucoup jusqu’à présent”, évoque la mairesse, en soulignant que cela ne relève pas de sa juridiction.
Elle a également parlé des postes frontaliers qui ont des heures d’ouverture restreintes. “La logique des choses, c’est de traverser si tout est fermé. Tu prends un plus grand risque si tu vois de la lumière et du mouvement au poste frontalier”, pense Mme Rosetti.
Le poste frontalier de Saint-Armand/Philipsburg est ouvert 24h. Celui de Morses Line est ouvert de 8h à 16h tous les jours, alors qu’à Frelighsburg, il l’est de 8h à 20h.
Caroline Rosetti confirme que les passages illégaux sont moins fréquents à Saint-Armand. “Ce n’est rien comme l’été passé, où il y avait des véhicules qui débarquaient ou qui emportaient des gens”, se souvient-elle.
