«Enfants tyrans» à Canal-Vie lundi

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Par Claude Hebert
«Enfants tyrans» à Canal-Vie lundi

Le cinéaste de Saint-Armand

Cinq mois après son lancement à Sutton, le film «Enfants tyrans», du réalisateur Yves Langlois, sera diffusé le lundi 22 juillet, à 20 heures, sur les ondes de Canal-Vie.

Les médias parlent régulièrement de jeunes qui volent, se prostituent, tyrannisent leur entourage, font la pluie et le beau temps à la maison, à l’école ou dans la rue. Le phénomène préoccupe le cinéaste et psychosociologue Yves Langlois qui a voulu en savoir un peu plus sur les motivations et agissements de ces ados éprouvés par la vie. La réalisation de ce moyen-métrage a exigé deux ans et demi de travail.

«L’implication de Canal-Vie, à titre de coproducteur, m’a donné accès à du financement. En retour, l’entreprise obtient l’exclusivité de la télédiffusion pendant cinq ans, aucune autre télé francophone au Canada ne pouvant utiliser le film durant cette période. J’ai cependant l’autorisation de le présenter en salle et c’est tant mieux, car je m’attends à ce que Enfants tyrans circule beaucoup dans les écoles», signale M.Langlois.

Entièrement tourné au centre de réinsertion sociale L’Oasis Le Hameau, à Dunham, ce document audio-visuel présente des jeunes de la région de Brome-Missisquoi aux prises avec la violence au quotidien, que ce soit à titre de victime ou d’agresseur. À l’aide d’éducateurs, «coachs de vie», policiers communautaires et formateurs en communication non violente, ces derniers reconstituent certains moments marquants de leur existence pour évacuer leur souffrance et repartir sur de nouvelles  bases.

«Quand on réalise que beaucoup d’enfants tyrans ont eux-mêmes été victimes de violence familiale, on se met à les comprendre et à les aimer», affirme le cinéaste qui aime se décrire comme un «éveilleur de conscience».

Une couleur régionale

Enfants tyrans met notamment en scène le psychosociologue français Jacques Salomé, auteur d’une soixantaine de livres. «Jacques Salomé est très présent dans le film. On le voit devant son ordinateur, qui regarde les scènes puis les commente», signale M.Langlois.

Les deux hommes se connaissent depuis longtemps et se sont liés d’amitié au fil des ans.

«Il y a cinq ans, Jacques Salomé m’avait proposé de tourner une série télévisée sur les  conflits à l’école. Le projet Le peuple de l’école avait été retenu par Canal-Vie, avant d’être victime de compressions budgétaires», ajoute le cinéaste.

Le plus récent film d’Yves Langlois donne également la parole à l’enseignante Mélanie Witham, la policière Nancy Laliberté et à l’intervenant Jean-David Martel, du Hameau.

Plusieurs professionnels du cinéma, établis dans la région de Brome-Missisquoi, ont par ailleurs collaboré à la réalisation de ce film de 46 minutes. Il convient de souligner le travail d’Alex Chabot, de Stanbridge East (caméraman), Karina Sasseville (assistante à la réalisation), Irénée Belley (preneur de son) et Pierre Laurendeau, de Sutton (musique originale). Le nom de Patrick Caron, de la Maison des jeunes de Bedford, figure également sur la liste des collaborateurs.

«Patrick avait commencé à tourner des scènes sur le même sujet, mais le matériel est disparu lors d’un vol à la Maison des jeunes», précise M.Langlois.

Effet cathartique

Confinés dans une auberge pendant cinq jours, sans contact avec l’extérieur, les jeunes participants ont appris à s’exprimer autrement en s’initiant à la communication non violente.

Selon Yves Langlois, le tournage a également eu un effet cathartique chez certains d’entre eux ayant dû composer avec la violence durant leur jeunesse. Leur participation  au projet a permis à ces derniers de s’identifier à un groupe, de développer leur confiance en soi, d’éprouver un sentiment de réussite et de découvrir qui ils sont vraiment.

«Les jeunes interprétant leur propre rôle ont vécu beaucoup d’émotions durant la reconstitution de certaines scènes incluant drogue, prostitution, arrestations violentes. Devant tant de souffrances, on ne pouvait pas les laisser à eux-mêmes sans intervenir, sans les accompagner», explique le psychosociologue de formation, qui retire ainsi de son film une double satisfaction

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