Ralph Gilman, assureur et chef pompier

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Par Claude Hebert

Le Bedfordois Ralph Gilman mène deux carrières de front depuis plus 35 ans, s’occupant à la fois d’assurances générales et de protection incendie. Plusieurs membres de sa famille ont également développé un intérêt pour ces deux champs d’activités.

Voilà maintenant une quinzaine d’années que Ralph Gilman préside les destinées du cabinet d’assurances générales fondé en 1948 par son père Fred, ancien conseiller municipal  et commissaire industriel.

«À 91 ans, mon père est toujours actif dans le domaine des assurances et continue de suivre ses 40 heures de formation à tous les deux ans conformément aux exigences de la profession», indique le quinquagénaire, avec une fierté non dissimulée.

L’entreprise familiale n’a jamais misé sur la publicité, ni sur les pages jaunes de l’annuaire téléphonique pour se faire connaître. Elle a plutôt bâti sa réputation sur le bouche à l’oreille et le service personnalisé.

«Le bureau de Gilman & Fils est toujours à la maison. Quand le téléphone sonne, à 3 heures du matin, nous sommes sur place et pouvons prendre l’appel immédiatement», indique Ralph Gilman, à titre d’exemple.

Au dire de ce dernier, le nombre de cabinets d’assurances a baissé de 60 % en 35 ans au gré des fusions et des rachats (de sept à quatre à Bedford). Gilman & Fils a su résister à cette vague de changements et demeurer une entreprise à dimensions humaines.

«On connaît notre monde et on continue à visiter nos clients à domicile lors du renouvellement des polices d’assurances. On a gardé la veille tradition», ajoute M.Gilman.

Gilman & Fils compte beaucoup de clients des deux communautés linguistiques à Bedford, Knowlton, Sutton, Clarenceville… et Montréal!

«Notre entreprise est surtout axée sur les assurances personnelles et recrute la moitié de sa clientèle à Montréal», poursuit le courtier de l’avenue Rix, qui a su transmettre sa passion à sa fille Lacey et à deux de ses nièces.

Ralph Gilman a procédé à une distribution de détecteurs de fumée sur tout le territoire du Canton de Bedford, il y a une quinzaine d’années, en collaboration avec la compagnie Missisquoi Rouville. Il répète l’opération à plus grande échelle, aujourd’hui et demain,  avec la complicité du cabinet d’assurances Lanoue,  du cabinet d’assurances Draper et de plusieurs autres commanditaires.

«Lors de nos interventions sur les lieux d’un incendie, il arrive fréquemment que nous trouvions des détecteurs avec une pile non fonctionnelle. Voilà pourquoi nous avons décidé de distribuer 1 000 détecteurs à vie, équipés d’une pile ayant une durée de vie utile de dix ans, dans les écoles de Bedford, Dunham, Frelighsburg, Notre-Dame, Saint-Armand, Henryville, Saint-Sébastien et Clarenceville. La compagnie Economical (11 000 $), RONA Lévesque (1 000 $) et 13 municipalités de la région (725 $ chacune) collaborent à l’achat de ces nouveaux équipements d’une valeur de 22 000 $», précise M.Gilman.

Une famille de pompiers

Ralph Gilman a également suivi les traces de son grand-père, pompier à Bedford dans les années trente

«Nous avons retrouvé son suit, récemment, avec l’écusson de la Bedford Fire Brigade (BFB)», signale le principal intéressé.

Ralph Gilman est devenu pompier à son tour dès l’âge de 20 ans. Il a été promu chef pompier de la brigade du Canton de Bedford en 1999, puis chef de la nouvelle brigade de Bedford, Bedford Canton, Saint-Ignace et Stanbridge Station en 2007. Sa sœur, son beau-frère, sa fille, son gendre et une nièce font également partie de la même unité qui compte 30 pompiers, soit 27 hommes et trois femmes.

M.Gilman et ses coéquipiers ont combattu plusieurs incendies marquants au fil des ans. Ils se souviennent tout particulièrement des sinistres de la meunerie JO Lévesque, du restaurant Chez Jonas, de l’entrepôt de Ramon Kyling et de la conserverie Snyder & Fils (aujourd’hui Bonduelle).

«Le premier incendie majeur que j’ai combattu avait lourdement endommagé le collège de Saint-Armand», ajoute l’homme de 56 ans.

Ce dernier laisse entendre que l’initiative du gouvernement du Québec, forçant les MRC du Québec à se doter d’un schéma de couverture de risques, a grandement contribué à améliorer les conditions d’exercice de la profession. Les pompiers suivent tous la même formation, possèdent des uniformes plus sécuritaires, utilisent des équipements et des véhicules en meilleur état.

«La MRC de Brome-Missisquoi a été l’une des premières à se doter d’un schéma de couverture de risques conforme aux normes de la National Fire Protection Association (NFPA) pour la période 2006-2011. Un nouveau schéma est actuellement en préparation pour la période 2012-2017», indique-t-il.

M.Gilman précise que sa brigade a effectué 93 sorties en 2012, en incluant les opérations de désincarcération et les fausses alarmes. L’année précédente avait été encore plus achalandée (120 sorties) en raison des inondations. Environ 30 % des appels reçus par la brigade de Bedford sont liés au service d’entraide mutuelle entre les différents services de protection incendie de la région.

«En 2008, nous avons entrepris la tournée des entreprises des quatre municipalités afin d’établir un plan d’intervention pour chacune d’elles. Ces dernières recevront la visite d’un pompier préventionniste à tous les cinq ans. Notre service procède également à des exercices d’évacuation annuels dans les écoles, garderies et résidences pour personnes âgées», résume M.Gilman.

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