Mortalité chez les perchaudes à Pike River: la grande chaleur en cause?

Mortalité chez les perchaudes à Pike River: la grande chaleur en cause?

Les corps inanimés d’une cinquantaine de perchaudes et de meuniers ont été retrouvés dans la rivière aux Brochets, il y a une dizaine de jours, à la hauteur de Pike River.

Crédit photo : Gracieuseté – Éric Chalifoux

FAUNE. Une semaine après la découverte de poissons morts dans la rivière aux Brochets, à la hauteur de Pike River, on ignore toujours la cause exacte de ce phénomène.

Éric Chalifoux, un propriétaire riverain, a relevé une cinquantaine de poissons morts, le 2 juillet dernier, sur 30 mètres linéaires de berge. Au moins deux espèces seraient impliquées – perchaudes et meuniers – et on compterait aussi bien de très jeunes poissons que des adultes parmi les corps retrouvés à proximité du rivage.

«J’habite près de la rivière depuis 2005 et c’est la deuxième fois que j’ai connaissance d’un tel phénomène. On avait déjà retrouvé des carpes inanimées, au printemps, dans le même secteur», indique M. Chalifoux.

Coup de chaleur?

Selon Sylvain Carrier, relationniste de presse au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, il n’y a pas eu de signalements du même genre, ce week-end-là, ailleurs au Québec

«Dans ce cas-ci, la cause et le nombre de poissons impliqués ne sont pas déterminés. Une détérioration de la qualité de l’eau est susceptible d’entraîner des mortalités de poissons, mais il s’agit de cas rares. Dans le cas présent, la chaleur extrême peut avoir amené un manque d’oxygène dans l’eau et créé de la mortalité, mais cela reste une hypothèse. Puisqu’il s’agit d’une rivière, les causes peuvent être multiples», résume M. Carrier.

Un pêcheur, avec lequel M. Chalifoux s’est entretenu, n’adhère pas à la théorie du coup de chaleur.

«Le pêcheur me dit que les poissons sentent venir le coup et se déplacent en conséquence. Il peut arriver que certains d’entre eux se fassent prendre de court, mais pas la majorité», signale le propriétaire riverain.

Toujours selon le porte-parole du Ministère, rien n’indique que la mortalité soit due à un déversement dans la rivière en amont du site.

«Aucun déversement n’a été répertorié dans les environs», précise M. Carrier.

Ce dernier rappelle que le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques effectue généralement les analyses de poissons morts.

«Dans ce cas-ci, précise-t-il, de telles analyses seront peut-être difficiles en raison des chaleurs extrêmes qui nuisent à la conservation des poissons.»