D’autres conservateurs pensent rejoindre les libéraux, affirme un ministre

OTTAWA — Les libéraux fédéraux laissent entendre qu’il pourrait y avoir d’autres transfuges au Parlement, après la défection du député ontarien Michael Ma, qui a rejoint les libéraux la semaine dernière.

Lorsqu’on lui a demandé si d’autres députés de l’opposition s’apprêtaient à changer de camp pour rejoindre les libéraux, Tim Hodgson, ministre de l’Énergie, a affirmé lundi qu’il recevait «beaucoup de demandes».

La décision de M. Ma de quitter le caucus conservateur et de rejoindre les libéraux – moins de 24 heures après qu’il eut assisté à la fête de Noël de l’opposition officielle – a ramené le gouvernement à un siège de la majorité jeudi.

M. Hodgson n’a pas souhaité commenter le rôle qu’il a joué dans le recrutement de M. Ma, dont la circonscription de Markham-Unionville, au nord de Toronto, est voisine de sa propre circonscription de Markham-Thornhill.

«Notre premier ministre est un ancien homme d’affaires et un pragmatique. Je suis un ancien homme d’affaires et un pragmatique. Michael Ma est un ancien homme d’affaires et un pragmatique», a simplement indiqué M. Hodgson à ce sujet.

«Nous partageons tous le même point de vue, à savoir que le moment est venu de s’unir, et non de se diviser. Et je laisserai Michael s’exprimer lui-même.»

M. Ma a été élu pour la première fois en avril, remportant sa circonscription dans la région du Grand Toronto, avec environ 1900 voix d’avance.

La Presse Canadienne a demandé une entrevue avec M. Ma, mais n’a pas reçu de réponse.

Le chef conservateur Pierre Poilievre a accusé le premier ministre Mark Carney d’essayer de «manipuler et d’orchestrer» un gouvernement majoritaire, lors d’une entrevue à La Presse Canadienne la semaine dernière.

«Je pense que le premier ministre devrait arrêter d’essayer de manipuler son chemin vers une majorité que les Canadiens lui ont refusée lors d’élections démocratiques. La grande majorité des Canadiens ont voté contre son programme coûteux qui prévoit une augmentation de la dette, des impôts et de l’inflation», a-t-il déclaré vendredi.

M. Poilievre a ajouté que les électeurs n’avaient donné aux libéraux qu’un gouvernement minoritaire lors des élections d’avril et que «la volonté du peuple canadien doit être respectée».

Avec M. Ma, les libéraux disposent désormais de 171 sièges, soit un de moins que les 172 nécessaires pour obtenir la majorité parlementaire. Pour faire adopter des lois et survivre à tout vote de confiance, ils ont actuellement besoin que deux membres de l’opposition s’abstiennent ou qu’un seul vote avec le gouvernement.

Le leader du gouvernement à la Chambre, Steven MacKinnon, a déclaré vendredi qu’un petit nombre de députés conservateurs discutaient de leurs frustrations quant à l’orientation politique de leur parti avec des députés libéraux.

Jamie Ellerton, directeur de Conaptus et stratège conservateur, a affirmé que les commentaires de M. MacKinnon revenaient à jeter la pomme de la discorde à un moment où les députés conservateurs ont un sentiment de trahison.

Plusieurs députés conservateurs ont fait part de leur surprise face au départ de M. Ma sur les réseaux sociaux, soulignant qu’il avait récemment critiqué le gouvernement libéral et posé pour une photo avec M. Poilievre lors des célébrations de Noël de mercredi.

M. Poilievre fera l’objet d’un examen obligatoire de son leadership lors du congrès conservateur qui se tiendra à Calgary le mois prochain. Bien qu’il ait perdu deux députés au profit des libéraux cet automne, M. Poilievre a déclaré qu’il restait confiant dans le fait que les membres du parti continueraient à soutenir sa direction.

«(Le Parti conservateur) n’est pas dirigé par des manœuvres en coulisses sur la colline du Parlement. Les membres de notre parti veulent quelqu’un qui se battra pour des logements abordables, des aliments abordables et pour que les Canadiens puissent de nouveau avoir de l’espoir. Et je suis ce leader», a soutenu M. Poilievre.

— Avec des informations de Sarah Ritchie.