François Legault ferme la porte à une réforme du mode de scrutin

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne
François Legault ferme la porte à une réforme du mode de scrutin

SAINT-FRANÇOIS-DE-L’ÎLE-D’ORLÉANS, Qc — Malgré les distorsions dans les résultats du scrutin de lundi, le premier ministre élu François Legault a fermé la porte à double tour, mardi, à toute réforme du mode de scrutin dans son deuxième mandat.

Au lendemain de sa victoire, le chef caquiste s’est toutefois montré ouvert à reconnaître à ses adversaires, Québec solidaire et le Parti Québécois, qui réclament le titre de groupe parlementaire, même si officiellement ils ne se qualifient pas.

Cette reconnaissance requiert, selon les règles, la présence de 12 députés élus ou 20 % des votes, et elle permet d’obtenir des budgets, du personnel, du temps de parole, etc. 

Or le mode de scrutin uninominal à un tour a en effet montré ses limites aux élections.

Ainsi, la CAQ a obtenu 41 % des voix et 90 sièges, et les partis ayant recueilli les 59 % des voix restantes ont hérité de 34 sièges. Le Parti libéral (PLQ) a obtenu 14 % des voix, QS, 15 %, le PQ près de 15 % et le Parti conservateur un peu moins de 13 %, mais ils ont respectivement décroché 21, 11 et 3 sièges. Pire, le PCQ se retrouve sans siège alors que ses appuis sont pratiquement équivalents.

«On va avoir des discussions avec eux (QS et le PQ), mais je suis ouvert à les reconnaître» à titre de groupe parlementaire, a laissé entendre M. Legault.

Toutefois, pas question de lancer une réforme du mode de scrutin, a-t-il assuré. 

Le chef caquiste s’y était engagé quand il était dans l’opposition, conjointement avec QS et le PQ, mais  il y a renoncé durant son premier mandat en affirmant que ce n’est pas une priorité des Québécois.

«Je ne pense pas qu’il est mauvais (le mode de scrutin actuel)», a-t-il justifié.

«Pendant la campagne électorale, je me suis engagé à ne pas ouvrir ce débat et je vais respecter mon engagement.»

Il entend cependant se pencher sur une possible réforme parlementaire .

Il s’est dit prêt à collaborer avec lui pour discuter d’une plus grande efficacité de l’État, comme il s’est dit prêt à en faire autant avec la libérale Dominique Anglade pour les questions économiques, avec le solidaire Gabriel Nadeau-Dubois en matière d’environnement et le péquiste Paul St-Pierre Plamondon sur la question de la protection du français.

François Legault s’est félicité d’avoir fait des gains en sièges, dans les régions de l’Outaouais, de Laval, de l’Abitibi-Témiscamingue, de la Gaspésie, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et sur la Côte-Nord, soulignant que son parti est maintenant bien présent dans les 17 régions de la province.

Son programme à court terme consistera à former son conseil des ministres, à écrire son discours inaugural et à préparer la prochaine session. Ses premières missions seront de procéder à la remise des chèques promis pour lutter contre l’inflation et d’adopter une loi pour plafonner l’ensemble des tarifs gouvernementaux.

Plus largement, il place au sommet de sa liste de priorités l’éducation, l’énergie verte, la santé et, bien sûr, la protection du français. 

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