Près de 28 millions $ versés pour l’aide alimentaire dans les écoles du Québec
MONTRÉAL — Québec indique avoir récemment octroyé près de 28 millions $ à plusieurs organismes en vertu de son entente avec Ottawa pour l’aide alimentaire dans les écoles. Des sommes qui se faisaient attendre sur le terrain.
Le gouvernement québécois s’est entendu l’hiver dernier avec le fédéral pour avoir sa part du programme national d’alimentation scolaire. L’enveloppe rattachée à cette entente s’élève à 65 millions $ sur trois ans.
De ce montant, le ministère de l’Éducation (MEQ) a confirmé en juillet dernier le versement direct de 16 millions $ aux centres de services et commissions scolaires pour l’année scolaire en cours.
Radio-Canada a rapporté plus tôt cette semaine que des organismes oeuvrant à distribuer des repas et des collations dans les écoles pour les élèves dans le besoin ont commencé, à leur tour, à toucher une part du 65 millions $, après plusieurs mois d’attente.
Vendredi, le MEQ a confirmé à La Presse Canadienne qu’il venait d’octroyer 27,5 millions $ dans le cadre d’un appel à projets. Près de 20 organismes se partagent cette somme pour les années 2025-2026 et 2026-2027.
Selon un tableau fourni par le ministère, le Club des petits déjeuners et La Cantine pour tous se partagent environ 70 % des montants distribués. Ils obtiennent respectivement 10,2 millions $ et 9,3 millions $.
«Dans un contexte où les besoins sur le terrain ne cessent de croître, ces sommes feront une réelle différence. Le Club souligne cette nouvelle avancée importante pour l’alimentation scolaire et est bien prêt à rejoindre plus d’enfants», a commenté par courriel une porte-parole du Club des petits déjeuners.
L’organisme peut compter également sur un 30 millions $ supplémentaire de Québec pour la période 2025 à 2027.
De son côté, La Cantine pour tous souhaite, grâce aux fonds fédéraux, bonifier le nombre d’écoles qu’elle dessert avec son programme de dîners. Le montant lui permettra aussi d’assurer le financement pour un peu plus d’une quarantaine d’écoles qui ont intégré le programme cette année.
«C’est plus d’enfants qui peuvent avoir accès à des repas accessibles. C’est très important dans un contexte où il y a de l’insécurité alimentaire dans les écoles», avance le directeur général, Thibaud Liné, en entrevue.
L’an prochain, l’organisme prévoit dépasser «largement» les 200 écoles.
«On a des listes d’attente d’écoles et de familles qui espèrent avoir le programme chez elles. (…) Nous, notre ambition, elle est claire. On pense qu’il devrait y avoir un programme comme celui de La Cantine pour tous dans toutes les écoles du Québec», soutient M. Liné.
L’organisme bénéficie également d’une autre aide de Québec à hauteur de 10,8 millions $ pour les années 2025-2026 et 2026-2027.
Financement attendu plus tôt
Sur le terrain, les fonds de l’entente de 65 millions $ étaient très attendus chez les organismes opérateurs, confirme le Collectif québécois de la Coalition pour une saine alimentation scolaire, dont plusieurs de ses membres ont été appelés l’été dernier à déposer des projets.
L’octroi des subventions a été accueilli avec «soulagement», alors qu’il y a eu de la part de Québec «comme un silence radio pendant un certain temps à l’automne», indique le coordonnateur du Collectif, Sébastien Desaulniers, à La Presse Canadienne.
Il note une «préoccupation» par rapport aux délais pour l’atterrissage de ces fonds. Ceux-ci sont arrivés en cours d’année scolaire, ce qui amène «un défi» pour les opérateurs dans le déploiement des programmes, soutient M. Desaulniers.
«Les ouvertures de nouveaux programmes et de nouveaux soutiens sont habituellement planifiées au courant de l’été, justement pour être en mesure d’avoir des services fonctionnels dès le début de l’année scolaire», affirme-t-il.
«On espérait avoir les financements beaucoup plus tôt, dit pour sa part M. Liné. Nous, on doit lancer des programmes principalement en septembre.»
La Cantine pour tous a décidé d’étendre son programme à une quarantaine d’écoles, avant même d’avoir eu la réponse du MEQ, qui est venue avant Noël.
«Si on avait attendu et qu’on n’avait rien fait, lancer les programmes au mois de mars, ce n’est pas très gagnant. On est finalement content d’avoir pris le risque d’aller de l’avant. Parce que, comme ça, ça nous évite de prendre du retard sur le déploiement», explique M. Liné.
«Maintenant, on a la confirmation qu’on a les moyens de pouvoir prendre ces écoles-là», ajoute-t-il.
De l’entente avec Ottawa, il reste un montant de 21 millions $ à remettre. Québec précise que ces fonds restants seront accordés pour l’année scolaire 2026-2027, «selon des modalités à confirmer».
