Une saison des ouragans «mouvementée» est attendue sur la côte Est cette année

HALIFAX — La côte Est du Canada connaîtra probablement une saison de tempêtes «mouvementée» cette année, en raison des températures records de l’eau dans l’océan Atlantique, selon les spécialistes des ouragans.

Bob Robichaud, météorologue au Centre canadien de prévision des ouragans à Halifax, a déclaré jeudi en conférence de presse que les conditions pour une saison active «s’alignent» également en raison du refroidissement des températures de l’eau de surface dans l’océan Pacifique.

Il a déclaré que les modèles climatiques dans le Pacifique sont en train de passer d’«El Niño», qui a provoqué des températures de l’eau supérieures à la moyenne l’année dernière, à «La Niña», qui entraîne généralement davantage de tempêtes dans l’Atlantique.

«Non seulement nous nous débarrassons d’El Niño, mais les températures de l’eau atteignent actuellement des valeurs records dans l’Atlantique tropical et c’est pourquoi nous nous attendons à une saison des ouragans très active cette année», a-t-il déclaré.

M. Robichaud a souligné les chiffres publiés jeudi par l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), qui prévoit une saison des ouragans plus active que la moyenne cette année, avec entre 17 et 25 tempêtes «nommées», dont 8 à 13 deviendront des ouragans — et quatre à sept des ouragans majeurs.

«La NOAA essaie toujours d’atteindre un niveau de confiance de 70 % dans ses prévisions et cette année, c’est en fait jusqu’à 85 % (…) donc il y a un niveau de confiance très élevé que ce sera une saison active», a déclaré M. Robichaud.

En règle générale, environ 35 % des tempêtes qui se forment dans le bassin atlantique se déplacent vers les eaux canadiennes, bien que cette moyenne puisse varier considérablement au cours d’une année donnée, a rappelé le prévisionniste.

M. Robichaud a ajouté qu’il est bien sûr encore trop tôt pour prédire combien de tempêtes prévues pourraient affecter le Canada atlantique. La saison officielle des ouragans commence le 1er juin et se termine le 30 novembre.

L’Atlantique est plus chaud

Actuellement, a-t-il déclaré, la température de l’eau au large de la côte Est du Canada est un peu plus froide que la moyenne, même si cette «anomalie» devrait disparaître d’ici l’arrivée du pic de la saison des ouragans en août. Les températures de l’eau ailleurs dans l’Atlantique se situent déjà à des niveaux généralement observés en août.

L’année dernière, les spécialistes prévoyaient de 12 à 17 «tempêtes nommées», cinq à neuf ouragans et un à quatre ouragans majeurs; en réalité, il y a eu 20 tempêtes nommées, sept ouragans et trois ouragans majeurs. Cinq d’entre elles sont entrées dans les eaux canadiennes, notamment la tempête post-tropicale «Lee», qui a causé des dégâts et des pannes de courant le long des côtes sud de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick.

Nathan Gillett, chercheur à Environnement Canada, a déclaré que même si les conditions résultant du changement climatique ne devraient pas affecter la fréquence des ouragans et des tempêtes tropicales, elles joueront un rôle dans l’intensité des tempêtes, déjà fortes.

«Les précipitations associées aux ouragans devraient également devenir plus intenses et l’élévation du niveau de la mer exacerbera l’impact associé aux ondes de tempête, a déclaré M. Gillett. Nous nous attendons donc à ce que le changement climatique aggrave les impacts des ouragans.»

Pendant ce temps, l’Université d’État du Colorado, pionnière en matière de prévision de la saison des ouragans depuis des décennies, prévoit une saison 71 % plus forte et plus chargée que la saison moyenne, avec 23 tempêtes nommées et 11 ouragans. Les chercheurs de l’université ont estimé à 62 % la probabilité que les États-Unis soient frappés par un ouragan majeur avec des vents d’au moins 178 km/h, alors que la probabilité est normalement de 43 %.

Pour cette saison, les chercheurs estiment à 66 % les risques que les Antilles soient frappées par un ouragan majeur. La probabilité est de 42 % pour la côte américaine du Golfe du Mexique et de 34 % pour la côte Est des États-Unis.