Un plan d’action ambitieux pour les producteurs de bovins d’ici

Un plan d’action ambitieux pour les producteurs de bovins d’ici

Jean-Marc Ménard, président des PBQ de la Montérégie-Est, et Chantal Julien, productrice de bovins de Granby et membre du conseil d’administration des PBQ de la Montérégie-Est, souhaitent travailler avec le gouvernement à la mise en place de programmes favorisant la croissance des fermes et la relève du secteur bovin québécois.

AGRICULTURE. Les éleveurs de bovins du Québec ne l’ont pas eu facile au cours des dix dernières années, mais souhaitent renverser la vapeur. Ils viennent de se donner un plan de développement ambitieux qui devrait leur permettre d’atteindre la masse critique nécessaire au maintien d’une industrie en santé.

«La production bovine québécoise a chuté de 35 % depuis 2008. Les éleveurs veulent non seulement rattraper ce manque à gagner, mais accroître la production de 15 %. C’est en ce sens que l’on parle d’un objectif de croissance de 50 % d’ici 2025», explique Julien Levac Joubert, agent de communication pour les Producteurs de bovins du Québec (PBQ).

Le regroupement souhaite notamment travailler avec le gouvernement à la mise en place de programmes favorisant la croissance des fermes et la relève du secteur bovin québécois.

«Chaque producteur est aussi un entrepreneur qui  veut grossir et réaliser davantage de revenus en investissant dans son entreprise», ajoute M. Levac Joubert.

On entend également mettre de l’avant un plan marketing pour le bœuf et le veau du Québec afin de permettre aux producteurs d’ici de se démarquer de la concurrence internationale.

«À peine 30 % du bœuf consommé au Québec provient des fermes d’ici. On importe surtout notre bœuf des États-Unis et, dans une proportion moindre, de l’ouest du Canada», signale le président des PBQ de la Montérégie-Est, Jean-Marc Ménard.

Le veau du Québec a cependant la cote auprès des consommateurs, mais l’arrivée imminente du veau européen, dans la foulée de l’Accord transpacifique, pourrait venir changer la donne.

«Le veau de grain produit en Montérégie et dans le Centre-du-Québec est principalement consommé chez nous et en Ontario alors que le veau de lait, un produit haut de gamme, est exporté dans une proportion de 50 % (surtout aux États-Unis)», précise M. Ménard.

Désavantages

La compétition dans l’industrie du bœuf est particulièrement féroce et la taille des exploitations devient un facteur déterminant.

«En parc d’engraissement, dans le bouvillon d’abattage, près de 50 % des fermes de bovins québécoises ont moins de 1 000 têtes, tandis que le nombre de fermes canadiennes avec un cheptel de cette grosseur est quasiment nul. Au Canada, 61 % des parcs d’engraissement ont plus de 10 000 têtes», explique M. Levac Joubert.

Selon le président des PBQ de la Montérégie-Est, les normes de l’industrie bovine varient beaucoup d’un pays à l’autre et les producteurs canadiens ont le sentiment de faire face à une concurrence déloyale.

«Les normes canadiennes pour les médicaments, les produits de nettoyage, la certification, la traçabilité et l’environnement sont parmi les plus sévères. Les producteurs d’ici sont donc désavantagés par rapport à leurs compétiteurs de l’étranger», indique-t-il.

La rareté et l’éloignement des abattoirs constituent une autre source de problème pour les producteurs bovins québécois qui doivent franchir de longues distances pour faire abattre leurs animaux.

Chantal Julien, copropriétaire de la ferme Mawcook, de Granby en sait quelque chose, elle qui absorbe des frais de transport importants pour acheminer ses bêtes à l’abattoir Cargill, près de Guelph, en Ontario.

«Les abattoirs ont de la difficulté à survivre, car les volumes traités dans leurs installations sont relativement bas. Les normes sévères en matière d’environnement les obligent par ailleurs à adapter leurs installations à grands frais», résume M. Ménard.

 

LA PRODUCTION BOVINE DANS NOTRE RÉGION

. Producteurs laitiers : 208 dans Brome-Missisquoi, 123 en Haute-Yamaska, 142 dans le Haut-Richelieu et 73 dans Rouville

. Producteurs de bouvillons d’abattage : 42 dans Brome-Missisquoi, 25 en Haute-Yamaska, 26 dans le Haut-Richelieu et 11 dans Rouville

. Producteurs de veaux d’embouche :107 dans Brome-Missisquoi, 69 en Haute-Yamaska, 25 dans le Haut-Richelieu et 20 dans Rouville

. Producteurs de veaux de grain : 3 dans Brome-Missisquoi, 1 en Haute-Yamaska, 8 dans le Haut-Richelieu et 6 dans Rouville

. Producteurs de veaux de lait : 2 dans Brome-Missisquoi, 1 en Haute-Yamaska, 1 dans le Haut-Richelieu et 2 dans Rouville

Source : UPA de la Montérégie