Pollution du lac Champlain: l’OBV de la baie Missisquoi en mode solution

Pollution du lac Champlain: l’OBV de la baie Missisquoi en mode solution

La dégradation de la qualité de l'eau de la baie Missisquoi préoccupe les gouvernements du Québec et de l'État du Vermont depuis plus de deux décennies.

Crédit photo : L'Avenir & Des Rivières – Archives

ENVIRONNEMENT. Entrevues, survol de la littérature, évaluation des bonnes pratiques au Canada et ailleurs dans le monde, l’Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi effectue un véritable travail de moine à la demande de la Commission mixte internationale (CMI).

«Nous avons identifié près de 500 documents au Québec seulement traitant des problèmes de pollution à la baie Missisquoi et dans certains autres plans d’eau. On y parle des cyanobactéries, de la qualité de l’eau, des modes de gouvernance, des cadres réglementaires, des programmes de financement, etc. Ça fait beaucoup de littérature à éplucher», précise le vice-président de l’OBVBM, Pierre Leduc.

L’organisme prend également le soin de voir ce qui se fait ailleurs, en Ontario, en Alberta et dans d’autres pays (France, Royaume-Uni, Suisse, Belgique, Allemagne). Il s’agira ensuite de déterminer si ces bonnes pratiques sont transposables ici.

«La problématique de la baie Missisquoi s’apparente à celle de la rivière Maumee qui se jette dans le lac Érié transportant avec elle d’importantes quantités de phosphore. Là-bas comme chez nous, la pollution de l’eau est principalement attribuable à l’agriculture (et non aux agriculteurs). Il existe une corrélation très étroite entre le niveau de pollution diffuse du phosphore et les grandes cultures annuelles (maïs, soya) qui laissent les terres à nu au printemps. On sait que les cultures de couverture de sol sont efficaces pour contrer le problème, mais il faut maintenant se demander si les programmes incitatifs des gouvernements sont suffisants», indique M. Leduc.

L’OBVBM compte également interviewer des experts d’ici et d’ailleurs au Québec (citoyens, agriculteurs, agronomes, chercheurs universitaires, élus municipaux, ministres, fonctionnaires, etc.).

«Nous avons déjà identifié 80 personnes pour chacune desquelles il faut préparer un questionnaire en prévision de l’entrevue. Des ressources supplémentaires, prises à même le budget de la CMI, devraient nous permettre d’enregistrer toutes ces conversations», ajoute M. Leduc.

L’OBVBM doit remettre un rapport préliminaire à la CMI dans neuf mois, soit en mars 2019, et un rapport en juillet de la même année.

Le rapport de recherche de l’OBVBM – tout comme celui de son pendant américain (le Lake Champlain Basin Program) – servira à l’élaboration des recommandations que déposera, d’ici la fin de 2019, la CMI aux gouvernements canadien et américain.

Rappelons que la gravité de la dégradation de la qualité de l’eau de la baie Missisquoi fait l’objet de préoccupations soutenues de la part du gouvernement du Québec et de l’État du Vermont depuis plus de deux décennies.