Le projet de parc industriel de Bedford déposé à la CPTAQ en juin

Le projet de parc industriel de Bedford déposé à la CPTAQ en juin

La transformation du calcaire est l’un des principaux axes de développement ciblés par les huit municipalités du pôle régional de Bedford.

Crédit photo : Gracieuseté - Graymont

ÉCONOMIE. Les administrations municipales du pôle de Bedford misent plus que jamais sur la création d’un parc industriel régional pour relancer l’économie et stimuler la création d’emploi dans la partie ouest de la MRC de Brome-Missisquoi avec l’implantation d’entreprises spécialisées dans la transformation du calcaire.

Ce projet, élaboré en 2016, vient de franchir une nouvelle étape avec la création d’une société de gestion sans but lucratif voué à la recherche de fonds privés et publics pour l’achat des terrains et l’aménagement du site. L’assemblée de fondation, tenue en décembre dernier, a notamment permis de définir les règles de fonctionnement et de sélectionner les administrateurs de l’organisme.

La Société de gestion du parc industriel régional du pôle Bedford bénéficie actuellement de l’appui des conseils municipaux de Bedford, du Canton de Bedford, de Saint-Ignace-de Stanbridge, de Notre-Dame-de-Stanbridge et de Stanbridge Station. L’organisme poursuit par ailleurs ses discussions avec les administrations municipales de Pike River, Saint-Armand et Stanbridge East.

Selon le maire de Bedford, Yves Lévesque, Graymont et Omya, les deux mégajoueurs de l’industrie du calcaire oeuvrant sur notre territoire, auraient déjà identifié des fournisseurs et des clients potentiels en lien avec ce secteur d’activité.

Offres d’achat conditionnelles

Quelques terrains, répartis de part et d’autre du chemin de la Carrière, semblent répondre aux critères du projet et pourraient éventuellement accueillir le nouveau parc industriel. Ces terrains sont cependant situés en zone verte et le changement de vocation projeté nécessite l’approbation de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ).

«Le Canton de Bedford est propriétaire de l’un de ces terrains alors que les autres terrains appartiennent à des propriétaires privés avec qui on espère pouvoir s’entendre. Certains d’entre eux ont déjà été approchés, mais aucune entente formelle n’est encore signée. Aucune expropriation n’est actuellement envisagée, l’orientation étant plutôt mise sur des ententes de gré à gré», indique le président de la Société de gestion, Gilles St-Jean.

Selon Francis Dorion, directeur général adjoint à la MRC de Brome-Missisquoi, l’emplacement convoité – d’une superficie approximative de 275 000 m2 soit environ 3 millions de pi2 – offre l’avantage d’être situé à proximité de l’autoroute 35. Le site est déjà desservi par une voie ferrée, une ligne d’alimentation en gaz propane, des conduites d’aqueduc et d’égouts.

Démarches auprès de la CPTAQ

La Société de gestion espère être en mesure de soumettre une demande de dézonage à la CPTAQ dès juin prochain et obtenir une première réponse de cet organisme dans les six mois subséquents, soit avant la fin de l’année 2018.

«Si l’orientation préliminaire de la CPTAQ, à l’égard de notre demande, est négative, de six à huit mois additionnels pourraient s’écouler avant que l’on puisse aller défendre notre dossier devant les commissaires. Ça nous amène à l’automne 2019 pour l’audience et à janvier 2020 pour la décision finale de la Commission», résume M. Dorion.

La Société de gestion doit obtenir le feu vert de la CPTAQ avant de «finaliser» les transactions avec les propriétaires des terrains et de se mettre à la recherche d’entreprises spécialisées dans la deuxième et la troisième transformation du calcaire.

«Une quinzaine d’années pourraient être nécessaires pour remplir le nouveau parc industriel, mais on s’attend à atteindre le point mort entre la quatrième et la huitième année d’exploitation du site. La réalisation du projet laisse présager la création de 830 à 1 245 emplois», ajoute M. Dorion, en se basant sur une étude économique réalisée par Stratégies immobilières LGP.

Louis Grenier, consultant chez Stratégies immobilières LGP, signale que les projets de parcs industriels régionaux se multiplient à la grandeur du Québec et que la région de Bedford a tout intérêt à miser sur cette formule.

«La population du pôle de Bedford a baissé de 7,5 % entre 2006 et 2015 alors que la population de la MRC de Brome-Missisquoi a augmenté de 15,7 % durant la même période. L’implantation du parc industriel régional vise à renverser la vapeur et à contrer la dévitalisation populationnelle du pôle Bedford», indique-t-il.

 

LES ADMINISTRATEURS DE LA SOCIÉTÉ DE GESTION

. Gilles St-Jean, maire du Canton de Bedford : président

. Albert Santerre, maire de Saint-Ignace : vice-président

. Gilles Rioux, maire de Stanbridge Station : trésorier

. Daniel Tétreault, maire de Notre-Dame : secrétaire

 

MODE DE FINANCEMENT DE LA SOCIÉTÉ DE GESTION

. Subvention de 20 000 $ en 2016 du Pacte Brome-Missisquoi

. Subvention de 34 296 $ en 2017 du Pacte Brome-Missisquoi

. Subvention de 35 540 $ en 2018 (à être validé par le pôle de Bedford)

. Aide financière de 21 614 $ en 2016 selon la richesse foncière des huit municipalités du pôle de Bedford

. Aide financière de 20 332 $ en 2017 (4 $ par citoyen de Pike River et des cinq municipalités de la Société de gestion)

. Aide financière de 19 460 $ en 2018 (4 $ par citoyen des cinq municipalités de la Société de gestion)