Il y a 20 ans, la crise du verglas: «Un exercice magistral de leadership» –Steve Flanagan

Il y a 20 ans, la crise du verglas: «Un exercice magistral de leadership» –Steve Flanagan

Steve Flanagan en 1998, alors porte-parole principal chez Hydro-Québec.

Crédit photo : Gracieuseté

RETOUR EN ARRIÈRE. Propulsé dans la sphère médiatique québécoise en tant que porte-parole d’Hydro-Québec lors de la crise du verglas, il y a vingt ans, Steve Flanagan estime que la catastrophe aura laissé un héritage tangible, toujours bien visible aujourd’hui.     

Au fur et à mesure que les couches de verglas se déposent sur les pylônes, les fils électriques, les routes et les branches d’arbres, faisant grimper le nombre de pannes, Steve Flanagan devient rapidement l’un des acteurs prédominants de cette crise, avec le premier ministre Lucien Bouchard et le PDG d’Hydro-Québec, André Caillé, un tandem pour lequel il a maintes fois salué le leadership. «C’est devenu la norme, la référence, en matière de gestion de crise», souligne M. Flanagan.

L’expert en relations publiques a multiplié les interventions médiatiques, notamment pour transmettre certaines mesures de sécurité et dresser le bilan des efforts des équipes d’Hydro-Québec déployées sur le terrain, elles qui s’affairaient à rebâtir le réseau de distribution. «Tout ce que les gens voulaient savoir, c’était à quel moment l’électricité revenait. On faisait régulièrement des mises à jour de l’information que l’on avait pour guider les citoyens.»

Les leçons tirées d’un tel événement ont été nombreuses, et à plusieurs niveaux. «Après le verglas, tout le monde, du gouvernement jusqu’aux municipalités, s’est ajusté pour améliorer l’efficacité de ses mesures d’urgence, fait valoir M. Flanagan. Sur papier, 20 ans plus tard, on est bien pourvu pour intervenir lors de situations d’urgence. La réponse gouvernementale, à travers la Sécurité civile, est bien structurée.

«Ce qui reste en suspens, ce sont les questions de communications et de leadership, ajoute-t-il. Les citoyens sont très exigeants aujourd’hui en lien avec les obligations et les responsabilités des autorités. En temps réel, il faut communiquer le maximum d’informations.»

Des mesures prises

Pour éviter de voir se reproduire le scénario catastrophe, entre autres, vécu en Montérégie, où les pylônes s’abîmaient au sol les uns après les autres, emportés par la glace, Hydro-Québec a revu la configuration de son réseau en implantant des structures servant d’arrêt entre ses pylônes. «Ça vient atténuer l’impact que pourrait avoir une telle catastrophe et ça prévient l’effet domino, dénote M. Flanagan. Le réseau est beaucoup plus robuste.»

Dès la fin de la crise, la société d’État a également entrepris de diversifier les sources d’alimentation en courant, notamment par la construction de la ligne Hertel-Des Cantons au début du millénaire, un chantier qui a dû traverser les mouvements de contestation citoyenne. «On l’a vu dans le triangle noir [la zone comprise entre Granby, Saint-Jean-sur-Richelieu et Saint-Hyacinthe], dès que l’on a perdu la ligne principale qui alimentait ce secteur, il fallait la rebâtir pour pouvoir redonner le service, évoque l’ancien porte-parole. Avec Hertel-Des Cantons, on peut alimenter l’Estrie par deux sources.»

«Tout ça a été fait dans le but de redonner le service aux clients en moins d’une semaine», poursuit celui qui aura été chez Hydro-Québec de 1991 à 2004, dont cinq ans (de 1995 à 2000) comme porte-parole principal.

M. Flanagan est aujourd’hui à la tête d’une firme de relations publiques qui porte son nom; c’est d’ailleurs celle qui est derrière la campagne d’œuvres ludiques Granby est zoo!.

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