Les aînés dans la mire des fraudeurs

Quand c’est trop beau pour être vrai, c’est souvent justement… trop beau pour être vrai. Facebook, vendeurs itinérants, poubelles: tous les moyens sont bons pour les fraudeurs pour soutirer de l’argent aux aînés, ont mis en garde des intervenants invités par Cercle de Fermières de Cowansville, lors d’une récente rencontre.

 

Rock Gaudreault, un policier à la retraite qui œuvre pour la FADOQ et l’agente Stéphanie Lemay, de la SQ de Brome-Missisquoi, ont sensibilisé l’auditoire aux arnaques possibles, que ça soit par téléphone, lors de porte-à-porte ou par Internet.

 

M. Gaudreault soutient d’ailleurs que certaines personnes âgées sont souvent victimes, au quotidien, de mépris et discrimination.

 

«C’est ce qu’on appelle l’âgisme. On infantilise un peu trop les personnes âgées dans notre société actuelle», fait-il remarquer.

 

Un exemple probant :  «l’arnaque des grands parents», alors qu’un fraudeur se fera passer pour un petit-fils afin de soutirer une bonne somme d’argent, car ils affirment vivre une situation critique.

 

«Les fraudeurs jouent avec les sentiments des personnes âgées, en se servant de belles paroles et de charme. Ils tentent d’obtenir quelques informations personnelles et exploitent ensuite les points faibles», mentionne M. Gaudreault.

 

Les fraudes sont nombreuses et de plus en plus diversifiées, que ce soit à l’endroit des aînés ou de la population en général. Ainsi, dans une capsule vidéo qui illustre divers types d’arnaque, on voit un faux employé de centre de conditionnement physique qui promet un rabais alléchant, en ayant pris soin bien sûr de s’assurer des prélèvements sur la carte de crédit.

 

«Ces voleurs mettent de la pression sur leurs victimes afin qu’ils n’aient pas le temps de penser. C’est très important de faire preuve de prudence, car ils sont souvent très astucieux», clame l’agente Lemay.

 

«Je vous invite d’ailleurs fortement à laisser votre carte d’assurance sociale à la maison. C’est une vraie mine d’or pour les fraudeurs si elle est volée», renchérit M. Gaudreault.

 

Les poubelles sont également, pour les arnaqueurs, un endroit rêvé pour obtenir des informations personnelles.

 

«Si vous le pouvez, passez vos factures à la déchiqueteuse. Vous pouvez également les déchirer en petits morceaux ou vous en servir pour allumer votre feu de foyer», conseille Stéphanie Lemay.

 

Les rénovateurs un peu trop zélés, qui promettent une réparation de toit ou de porte à peu de frais, sont également une menace dont il faut se méfier, assure M. Gaudreault.

 

«Souvenez-vous qu’en cas de doute, on peut demander à des amis ou des experts de faire une estimation des travaux. Et si vous avez tout de même signé le contrat, vous avez en cas de doute dix jours pour le résilier», soutient le représentant de la FADOQ, qui suggère également d’exiger de voir le permis de vendeur itinérant.

 

Les courriels qui laissent miroiter des «rabais extraordinaires» ne doivent pas être ouverts, selon les deux conférenciers. De plus, Facebook et les médias sociaux en général sont, pour certains fraudeurs, une source inestimable de renseignements.

 

«Ce n’est pas nécessaire d’alerter tout le monde lorsque vous quittez la maison durant quelques jours. Certaines personnes mal intentionnées peuvent profiter de cette absence», atteste l’agente Lemay.

 

Une des personnes qui a assisté à la rencontre, René Labrie, de Cowansville, affirme avoir apprécié le contenu livré par les deux conférenciers.

 

«Ça fait réfléchir. Il faut vraiment être sur nos gardes dans certaines circonstances. Je vais maintenant faire un peu plus attention avec mes informations personnelles», confie-t-il.
(dossier conférence ainés fraudes)

 

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