Ralph Gilman: personnalité masculine 2018 de L’Avenir et Des Rivières

Photo de Claude Hebert
Par Claude Hebert
Ralph Gilman: personnalité masculine 2018 de L’Avenir et Des Rivières
Ralph Gilman se préoccupe de la prévention des incendies depuis plus de quatre décennies. (Photo : L’Avenir & Des Rivières – Claude Hébert)

SÉCURITÉ PUBLIQUE. Fort de ses 42 ans d’expérience dans le domaine de la lutte contre les incendies, le directeur de la brigade de Bedford et région pourrait s’asseoir sur ses lauriers et prétendre qu’il en sait déjà assez, mais ce serait mal connaître Ralph Gilman.

Au fil des ans, ce dernier s’est toujours tenu à l’affût des meilleures techniques et des équipements les plus performants, histoire de desservir la population de la meilleure façon possible tout en garantissant le bien-être et la sécurité des pompiers qui travaillent sous ses ordres. Il n’a pas hésité non plus à s’engager dans de nombreux projets communautaires.

Quatre décennies de changements

Ce petit-fils de pompier a fait ses débuts en 1977 au sein de la brigade du  Canton de Bedford, dont il a assumé la direction pendant huit ans, avant de poursuivre sa carrière à la Ville de Bedford. Au lendemain de la création d’un service intermunicipal desservant Stanbridge Station, Saint-Ignace-de-Stanbridge, la Ville et le Canton de Bedford, il a agi comme directeur adjoint pendant deux ans avant d’être nommé directeur de la brigade en 2007.

Au cours des quatre dernières décennies, Ralph Gilman a dû combattre entre 200 et 300 incendies, sans parler des autres interventions de toutes sortes (désincarcération, sauvetage en forêt, en milieu agricole, sur les plans d’eau, etc.).

«À l’origine, les habits de pompier étaient encore assez rudimentaires, mais la recherche a permis de développer de nouvelles matières qui les rendent plus flexibles, plus confortables et plus sécuritaires», indique-t-il.

Le service de sécurité incendie de Bedford et région, qui compte cinq femmes au sein de son équipe, vient d’acheminer une demande de subvention au gouvernement du Québec pour l’achat d’équipements pour dames.

«La taille des bottes et la coupe des habits pour femmes sont différentes. Les appareils respiratoires sont également plus légers», explique le chef de la brigade.

Le service de Bedford et région a par ailleurs procédé à l’achat de quatre camions incendie depuis 2005.

«Nos anciens véhicules n’offraient que deux places assises. Nos pompiers devaient se rendre en auto sur les lieux de l’incendie et revêtir leur habit une fois rendus sur place. Nous disposons maintenant de deux camions avec six places assises qui permettent à nos hommes de s’habiller à l’intérieur et d’arriver en habit de combat sur les lieux d’un sinistre», précise M. Gilman.

En 2012, Bedford a été la toute première des onze brigades de Brome-Missisquoi à se doter d’appareils respiratoires de 4500 PSI et l’une des toutes premières à s’équiper d’un compresseur pour le remplissage des bonbonnes. Les cylindres en fibre de carbone, pouvant suffire à la demande pendant 45 minutes, sont très appréciés des pompiers en raison de leur légèreté.

«Lors des visites à domicile des pompiers préventionnistes ou de nos interventions sur les lieux d’un sinistre, il nous arrivait souvent de retrouver des détecteurs de fumée avec une pile non fonctionnelle. Le programme Ange-Gardiens, mené en collaboration avec des entreprises de la région de Bedford, nous a permis de distribuer aux élèves des écoles primaires d’une vingtaine de municipalités plus de 2400 détecteurs de fumée avec pile au lithium d’une durée de vie utile de dix ans. Ces appareils travaillent 24 heures par jour, 365 jours par année. C’est comme un pompier qui veille sur vous en permanence!» – Ralph Gilman, courtier en assurances et directeur de la brigade de Bedford et région

L’union fait la force

Ralph Gilman a également collaboré de façon très étroite à l’élaboration d’une entente régionale d’entraide mutuelle regroupant onze brigades, 250 pompiers et cinq camions-échelle pour la desserte de 21 municipalités. Une première sous cette forme au Québec !

«L’entrée en vigueur de cette entente a contribué à uniformiser les pratiques au sein des divers services de sécurité incendie de la région. En demandant l’assistance de la brigade d’une autre municipalité, on sait à l’avance qu’on aura accès à des équipements similaires aux nôtres», explique-t-il.

Le recours à une grille tarifaire commune pour les différents types d’intervention évite notamment les contestations. L’utilisation des mêmes symboles et codes de couleurs d’une brigade à l’autre facilite également le repérage des secouristes sur la scène d’un incendie. Les termes de l’entente évitent par ailleurs de vider certaines casernes lorsque les brigades sont appelées à répondre à un appel général.

M. Gilman n’entend pas s’arrêter là et planifie déjà l’implantation d’un centre d’entraînement régional aux abords du centre équestre de Bedford.

«Nous avons l’appui des élus des quatre municipalités propriétaires et des directeurs des onze brigades de Brome-Missisquoi pour la réalisation de ce projet. L’École nationale des pompiers du Québec nous a également donné son approbation», indique-t-il.

La brigade de Bedford et région bénéficie déjà d’une subvention de 60 000 $ de Graymont pour les fins de ce projet, mais espère également un appui financier du gouvernement du Québec.

Le centre d’entraînement sera érigé sur un terrain municipal, dès le printemps prochain, au moyen de quatre conteneurs maritimes. Le bâtiment de deux étages comportera des sections amovibles permettant d’élaborer des scénarios d’intervention différents d’une pratique à l’autre.

«Si on inclut le déboisement du site, réalisé à l’automne, la réalisation du projet demandera à nos pompiers près d’un millier d’heures de bénévolat», signale M. Gilman.

Le centre d’entraînement permettra la pratique de divers types d’intervention: installer une échelle, éteindre un feu avec une lance, arroser un brasier à travers une fenêtre, découper une toiture à l’aide d’un chalumeau, etc.

«Nos pompiers n’auront plus à se déplacer à Beloeil, au terme de leur formation de base de 350 heures, pour passer l’examen. Ça pourra se faire sur place», ajoute le directeur.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des