Denis Paradis dit vouloir laisser la place à des plus jeunes

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Par Claude Hebert
Denis Paradis dit vouloir laisser la place à des plus jeunes
(Photo : Archives)

POLITIQUE. Un an après Pierre Paradis, c’est au tour de son frère Denis de tirer sa révérence après un engament politique d’une quinzaine d’années.

Le député de Brome-Missisquoi reconnaît que la décision n’a pas été facile à prendre et qu’il lui sera difficile de tourner la page, mais ajoute du même souffle que le moment était venu pour lui de passer le flambeau et de laisser la place à des plus jeunes.

«J’ai 70 ans et j’en aurais eu 74 ou 75 à la fin du prochain mandat si la population m’avait réélu une fois de plus», indique le porte-couleur du Parti libéral du Canada.

Cet avocat de formation et ancien bâtonnier du Barreau du Québec estime également qu’il a déjà beaucoup donné à la vie politique.

«Je suis celui qui a siégé le plus longtemps à Ottawa comme député fédéral de Brome-Missisquoi depuis le départ de Heward Grafftey, il y a une quarantaine d’années», se plaît-il à rappeler.

M. Paradis ajoute qu’il a toujours cumulé plusieurs tâches au cours de sa carrière, comme député et ministre d’État ou comme avocat et vigneron. Voilà pourquoi il estime qu’il n’aura guère le temps de s’ennuyer, saut peut-être de ses collègues de la Chambre des communes.

«J’entends poursuivre mon travail comme avocat conseil au cabinet Dunton Rainville tout en continuant à donner un coup de main à ma fille, Marie-Florence, au vignoble du Domaine du Ridge, à Saint-Armand», précise-t-il.

«J’ai pris part à huit élections: j’en ai gagné cinq et perdu trois. Et j’ai toujours eu la chance de siéger à Ottawa alors que le Parti libéral était au pouvoir sous la gouverne de Jean Chrétien, Paul Martin et Justin Trudeau. L’opposition, je n’ai jamais connu ça!»
– Denis Paradis, député et ministre d’État

Dossiers prioritaires

Denis Paradis est bien conscient que l’annonce de son départ survient à quelques semaines du déclenchement de la campagne électorale, mais il soutient qu’il tenait à terminer la dernière session parlementaire et à déposer le projet de loi privé qui vise à instaurer une zone écologique tampon dans les eaux limitrophes entre le Canada et les États-Unis.

«La préservation de la qualité de l’eau des lacs Champlain et Memphrémagog a motivé mon retour en politique en 2015 et je vais continuer à suivre ce dossier de près comme tout citoyen ayant un intérêt pour les affaires publiques. J’entends cependant laisser à mon successeur le soin de défendre les dossiers environnementaux du comté. Il est nullement dans mes intentions de jouer les belles-mères», poursuit-il.

Le député libéral se dit également fier d’avoir contribué à l’implantation d’un réseau de fibre optique à la grandeur de la MRC de Brome-Missisquoi.

M. Paradis gardera par ailleurs un excellent souvenir de son travail comme ministre d’État aux Institutions financières, secrétaire d’État de la Francophonie, secrétaire parlementaire du ministre de la Coopération internationale, du ministre responsable de la Francophonie et des Affaires étrangères, président du Comité permanent des langues officielles et de l’Association interparlementaire Canada-France.

«Le rôle d’un député est de prendre les besoins et les préoccupations des gens de son comté, de les amener à Ottawa et de cogner sur la table pour faire avancer les dossiers. J’estime avoir joué pleinement mon rôle comme défenseur des intérêts des citoyens de Brome-Missisquoi», ajoute-t-il.

Ce dernier se dit également fier de la confiance que les citoyens de son comté lui ont témoignée, lui qui a été réélu avec plus de 11 000 voix de majorité au terme de la dernière campagne électorale.

 

CHEMINEMENT POLITIQUE

1995

Première élection dans une partielle. Il bat, entre autres, l’ancien ministre péquiste, Jean-François Bertrand, qui se présentait pour le Bloc québécois.

1997

Première réélection. Il devance Claude Boulard, qui se présentait pour les progressistes-conservateurs.

1999

Le premier ministre Jean Chrétien le nomme secrétaire parlementaire de la ministre de la Coopération internationale, Diane Marleau, puis du ministre des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy.

2000

Denis Paradis est réélu pour une troisième fois avec plus de 50 % des voix.

2002

Denis Paradis devient secrétaire d’État pour la Francophonie ainsi que l’Amérique latine et l’Afrique.

2003

Le premier ministre Paul Martin le nomme ministre d’État pour les institutions financières.

2004

Réélection pour un quatrième mandat, devant Christian Ouellet du Bloc

2006

Christian Ouellet bat Denis Paradis avec 38,33% des voix, contre 27,97%.

2008

Christian Ouellet est réélu avec une moins forte majorité, 35,21% contre 32,79%.

2011

Pierre Jacob est élu dans la vague orange avec 42,64% des voix. Denis Paradis obtient 22,06%.

2015

Denis Paradis est réélu après trois tentatives infructueuses. Il obtient 43,88% des voix.

2016

Il devient le président du Comité permanent sur les langues officielles, poste qu’il gardera jusqu’à la fin de son mandat.

2019

Il annonce qu’il tire sa révérence.

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