Gestion des eaux pluviales: Québec consent plus de 700 000 $ à la MRC de Brome-Missisquoi

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Par Xavier Demers
Gestion des eaux pluviales: Québec consent plus de 700 000 $ à la MRC de Brome-Missisquoi
La députée de Brome-Missisquoi, Isabelle Charest, la préfète de la MRC, Sylvie Dionne-Raymond, et le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, lors de l’annonce à Cowansville (Photo : L'Avenir et des Rivières - Xavier Demers)

ENVIRONNEMENT. Le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, était à Cowansville mardi pour annoncer l’octroi d’une aide financière maximale de plus de 700 000 $ provenant du Fonds vert à la MRC de Brome-Missisquoi pour trois projets d’expérimentations d’infrastructures vertes en lien avec la gestion des eaux pluviales.

Le projet se décline en trois volets, un en secteur montagneux dans le bassin versant du lac Davignon, un second en secteur urbain à Bedford et le troisième en secteur agricole concentré autour de la branche 5 du cours d’eau Castor, à Stanbridge Station. Les trois volets nécessitent des investissements totaux de près de 1,5 M$, dont le reste est financé par la MRC, certaines villes de la région, l’Organisme.

Ce projet a été l’un des huit sélectionnés par le ministère dans le cadre du programme Climat municipalités – Phase 2.

«On est déjà en période d’adaptation aux changements climatiques et les municipalités sont les premières touchées compte tenu des services qu’elles offrent à la population, a déclaré le ministre Charette. Le programme qui finance cette initiative-là vise à appuyer le milieu municipal dans leur adaptation, au niveau de l’eau pour l’annonce d’aujourd’hui, mais il y a eu d’autres projets financés à travers la même initiative qui vont reverdir, par exemple, les parcs industriels.»

«Brome-Missisquoi est située au sud du Québec, a affirmé de son côté la préfète de la MRC de Brome-Missisquoi, Sylvie Dionne-Raymond. Je m’amuse parfois à dire que nous sommes la petite Floride du Québec. Cette situation géographique fait que nous sommes aux premières loges pour sentir les effets des changements climatiques. Il faut donc adapter tous nos milieux de vie. Étant une région innovante et mobilisée, pour préserver son portrait paysager tels que les milieux agricoles, lacs, montagnes, villes et villages, la gestion de l’eau est au cœur de nos préoccupations.»

«Je pense qu’on a une responsabilité aussi, on a un climat particulier ici, plus chaud qu’ailleurs, a ajouté la députée de Brome-Missisquoi, Isabelle Charest. Ça devient un laboratoire très important pour, justement, développer de meilleures pratiques. Ce qui est super intéressant aussi avec ce projet-là, c’est qu’on parle de trois milieux différents, qui dénotent la particularité du territoire de Brome-Missisquoi qui a tous ces éléments-là.»

Il s’agit de la plus importante subvention obtenue par la MRC de son histoire.

Trois volets

Pour le secteur montagneux, Brome-Missisquoi testera plusieurs options pour corriger l’érosion, ralentir le débit de l’eau et intercepter les sédiments avant leur rejet dans le secteur du bassin versant du lac Davignon.

«C’est tout le bassin versant du lac Davignon, qui est concerné, c’est 212 km2, a indiqué le coordonnateur de la gestion de l’eau à la MRC de Brome-Missisquoi, Simon Lajeunesse. Toutes les municipalités ont fait tous les chemins avec au-dessus de 750 ouvrages pour corriger tous les problèmes d’érosion. La majorité de l’eau circule par les fossés, on pense que si on gère l’érosion à la source, dans les montagnes. On va installer plus de 150 trappes à sédiments avant qu’ils entrent dans les cours d’eau. On pense intercepter plusieurs centaines de tonnes de sédiments.»

Pour le milieu urbain, la MRC expérimentera une approche d’accompagnement des propriétaires à Bedford en lien, entre autres, avec le débranchement des gouttières du réseau des eaux usées.

«La Ville a adopté au mois de mai un règlement interdisant le branchement des descentes pluviales au réseau d’égout, a rappelé M. Lajeunesse. C’est une pratique qui est interdite pour les nouvelles constructions, mais c’est une ville qui a beaucoup de réseaux unitaires qui datent d’il y a très longtemps et ça coûte extrêmement changer ça. L’idée, c’est de gérer la pluie avant qu’elle arrive dans la bouche d’égout. Il va y avoir aussi deux rues transformées avec des pratiques de gestion optimale des eaux pluviales, c’est-à-dire qu’il va y avoir des tranchées d’infiltration en bordure de rue et de la biorétention. Ce sont deux rues avec deux méthodes différentes pour gérer l’eau.»

Le dernier volet concerne le drainage des terres en milieu agricole.

«C’est une problématique assez généralisée dans toute la plaine agricole au Québec et ailleurs dans le monde pour le drainage des terres agricoles, a affirmé M. Lajeunesse. Les cours d’eau ont été redressés et on a augmenté la vitesse d’écoulement. Il y a des effets qui n’ont pas été pensés, des problèmes environnementaux, de stabilité, de matières en suspension et ça aggrave les problématiques d’inondations.»

À la branche 5 du cours d’eau Castor, à Stanbridge Station, un nouveau chenal à deux niveaux sera aménagé, ce qui permettra le débordement dans une plaine végétalisée en période de crue.

«L’idée, c’est de réaménager un cours d’eau avec une autre technique pour stocker beaucoup plus d’eau, le rendre plus durable par rapport à l’érosion et tranquillement relâcher l’eau, a expliqué M. Lajeunesse. On va le tester là, mais l’idée, c’est d’exporter ça ailleurs.»

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