Venise-en-Québec nourrit le projet d’une piscine intérieure

Par Gilles Berube
Venise-en-Québec nourrit le projet d’une piscine intérieure
Le projet d'une piscine intérieure à Venise-en-Québec est évalué à 3 millions. Comme il est subventionné aux deux tiers, la municipalité doit trouver un million en plus de démontrer sa capacité à couvrir les frais d'exploitation. (Photo : Deposit photos)

INFRASTRUCTURES. La municipalité de Venise-en-Québec nourrit le projet d’une piscine intérieure. Le maire de Saint-Jean-sur-Richelieu complique cependant le montage financier en bloquant une subvention de la MRC du Haut-Richelieu.

En novembre dernier, Québec a lancé un appel de projets dans le cadre du Programme d’aide financière aux infrastructures récréatives et sportives. Dotée d’une enveloppe de 294 millions de dollars, la nouvelle tranche du programme permet de financer jusqu’au deux tiers du coût des projets d’installation sportive. C’est à même ce programme que la Ville veut financer le projet du complexe sportif Bleury.

Un peu tardivement, le maire de Venise-en-Québec, Jacques Landry, a fait inscrire un point supplémentaire à l’ordre du jour de la dernière séance du conseil des maires de la MRC du Haut-Richelieu. Venise souhaite profiter du programme d’aide pour construire une piscine intérieure. À l’extérieur de Saint-Jean, il n’y a pas de piscine intérieure accessible au public. Cette installation profiterait aux municipalités voisines.

Le projet est évalué à 3 millions. Comme il est subventionné aux deux tiers, la municipalité doit trouver un million en plus de démontrer sa capacité à couvrir les frais d’exploitation. M. Landry a commencé à solliciter les municipalités voisines, y compris sur le territoire de la MRC de Brome-Missisquoi. Il comptait sur deux programmes de subventions administrés par la MRC pour couvrir une somme de 200 000$ répartie sur dix ans. Ce montant devait servir aux frais d’exploitation.

Échéance

M. Landry a convenu qu’il arrivait un peu tardivement avec sa demande. Il a dit avoir reçu la documentation seulement le jeudi précé

Le maire Jacques Landry comptait sur une contribution de la MRC. Photo: lAvenir & Des Rivières-archives

dent. Le problème, c’est que la date limite pour déposer la demande de subvention au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur à Québec a été fixée au vendredi 21 février.

Les programmes sous la gouverne de la MRC sont le Fonds de développement des territoires et le Partage des revenus des redevances sur les ressources naturelles. Depuis 2016, ils ont permis de financer différents projets à hauteur de 7,5 millions.

Certains projets couvrent l’ensemble de la MRC, notamment le développement économique et touristique, qui est une compétence de la MRC. Pour le reste de l’enveloppe, les maires avaient convenu, en 2016, d’en réserver 70% à la Ville de Saint-Jean et 30% aux municipalités rurales.

Rural

M. Landry comptait sur l’enveloppe dédiée au secteur rural pour obtenir son montant de 200 000$. Le maire de Saint-Jean, Alain Laplante, a voté contre. Selon le mécanisme de la double majorité, il a battu la proposition puisqu’il représente la majorité de la population. «Nous, à Saint-Jean, on a plusieurs infrastructures qui entraînent des frais récurrents. Est-ce que la MRC est prête à y contribuer?»,  questionné M. Laplante pour expliquer sa position.

La mairesse de Saint-Georges-de-Clarenceville est revenue à la charge en proposant d’accorder l’aide d’un seul coup en l’appliquant aux immobilisations. Le maire Laplante a de nouveau voté contre, demandant à nouveau à ses collègues s’ils étaient prêts à contribuer au projet de 9 millions que la Ville s’apprête à déposer. «Oui on veut. Prends-le dans ton enveloppe», a répondu l’un d’eux».

Son vote contre a provoqué une vive réaction des maires, qui lui faisaient valoir que l’argent serait pris à même l’enveloppe dédiée aux municipalités rurales. Visiblement en colère, plusieurs se sont levés et ont proposé la levée de l’assemblée, qui s’est terminée sur-le-champ, avant que l’ordre du jour ne soit écoulé.

En entrevue, M. Laplante explique qu’il ne veut pas voter sur du vent. Le projet a été présenté en comité plénier, mais les maires n’en avaient pas discuté pas plus qu’ils n’en ont débattu en séance publique. «On n’avait aucun texte de résolution, aucun document écrit sur le montage financier», fait-il valoir. Il est notamment question de solliciter les municipalités des alentours. M. Landry n’avait cependant aucune résolution confirmant la contribution de municipalités, relève M. Laplante.

Dans le passé, les deux programmes ont servi à subventionner des projets comme les coopératives de santé de Saint-Blaise-sur-Richelieu et Venise-en-Québec, des bandes cyclables sur la route 202, le Conseil économique, le projet d’intégration de la main-d’œuvre immigrante, L’Étoile, le Centre d’entraide de Henryville, le Centre d’action bénévole d’Iberville et plusieurs projets de développement économique.

Actuellement, une somme de 930 992$ est disponible dans les deux fonds, dont 647 099$ pour Saint-Jean et 283 893$ pour les municipalités rurales.

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