Farnham: fin de carrière abrupte pour le bijoutier Marc Robitaille

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Par Claude Hebert
Farnham: fin de carrière abrupte pour le bijoutier Marc Robitaille
L’heure de la retraite a sonné pour le bijoutier Marc Robitaille qui a perdu son commerce et son logement, voilà une quinzaine de jours, dans l’incendie de la rue Principale-Est. (Photo : L’Avenir & Des Rivières – Claude Hébert)

FAIT VÉCU. Pour Marc Robitaille, c’est plus d’un demi-siècle de souvenirs qui s’est envolé en fumée avec l’incendie de trois établissements commerciaux et d’un édifice à logements, le 21 septembre dernier, au centre-ville de Farnham.

En affaires depuis 1962, le bijoutier-photographe a commencé sa carrière dans l’ancien édifice de Guy Gendron (aujourd’hui démoli), avant de s’installer au 367 de la rue Principale Est au début des années 70. Le rez-de-chaussée de l’immeuble abritait la bijouterie alors qu’un deuxième local, situé à l’étage, lui servait de logement.

«Mon épouse et moi sommes restés là pendant une cinquantaine d’années. Je vais m’ennuyer de la vue imprenable sur la rivière Yamaska et l’église Saint-Romuald. Les magnifiques couchers de soleil vont également me manquer», signale le principal intéressé.

M. Robitaille a vendu l’immeuble en 1982, tout en continuant à y habiter et à y travailler.

«Un logement en plein cœur du centre-ville, ça n’a pas de prix, car tout est à portée de main. Pas la peine d’utiliser son automobile pour tout et pour rien, il suffit de marcher», ajoute l’homme de 82 ans.

Le bijoutier utilise cependant son véhicule de façon régulière pour ses déplacements à Montréal. Quelque 130 km s’ajoutent ainsi au compteur, semaine après semaine, depuis nombre d’années.

«J’ai acheté l’auto en 2010 et celle-ci vient à peine de franchir le cap des 100 000 km», précise-t-il.

Fermeture définitive

Marc Robitaille était à la recherche d’un acheteur pour sa bijouterie depuis une dizaine d’années. Faute de relève, celui-ci avait décidé de se retirer et espérait pouvoir liquider son inventaire avant le 31 décembre prochain. Les événements des derniers jours ont précipité les choses et forcent le commerçant à fermer boutique de façon définitive.

«Mon local commercial est une perte totale. Mes comptoirs vitrés sont perdus, mais les pompiers ont pris soin de les recouvrir avec des bâches, de manière à protéger les bijoux et les montres qui se trouvaient à l’intérieur. La marchandise a été sortie du local et est présentement entreposée dans un endroit sécuritaire», indique le commerçant de la rue Principale Est.

M. Robitaille précise par ailleurs que les CD, DVD et les millions de photos sur négatifs entreposés dans la boutique et au sous-sol de l’immeuble ont également été détruits. Le nombre a de quoi surprendre, mais il faut préciser que ce dernier a été assigné à la couverture photographique de 1136 mariages au fil des ans.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, Marc Robitaille a été victime de pillage dans la nuit du 21 au 22 septembre.

«Des malfaiteurs se sont introduits dans la bâtisse et ont volé les quatre caméras qui se trouvaient dans mon studio de photographie. La valeur de remplacement de l’un de ces appareils doit approcher 7000 $ ou 8000 $», poursuit notre interlocuteur.

Les assureurs procèdent actuellement à l’évaluation des biens et meubles du couple qui devrait bientôt savoir à quoi s’en tenir au sujet de l’étendue des dommages.

Délogés de leur appartement par la force des choses, M. Robitaille et son épouse habitent présentement un logement temporaire.

«Nous allons emménager dans un nouvel immeuble actuellement en construction. Notre nouveau logis sera prêt le 15 octobre», résume l’octogénaire.

Les deux sinistrés vivent actuellement au jour le jour et tiennent le coup malgré les épreuves. Ils bénéficient notamment du soutien de leur famille et de l’encouragement des membres du Club Optimiste de Farnham, une association à laquelle M. Robitaille adhère depuis 45 ans.

«Les gens sont attentionnés et nous arrêtent pour jaser ou prendre des nouvelles. Il faut dire que nous connaissons à peu près tout le monde et que des milliers de clients ont franchi le seuil de notre commerce année après année pour se faire prendre en photo ou remplacer la pile de leur montre», poursuit le bijoutier-photographe.

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