Baie Missisquoi: un haut lieu de la biodiversité au Québec

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Par Claude Hebert
Baie Missisquoi: un haut lieu de la biodiversité au Québec
La pie-grièche migratrice était présente à la baie Missisquoi

BIODIVERSITÉ. Le bassin versant de la baie Missisquoi est reconnu pour sa grande richesse faunique et floristique. Les secteurs de Saint-Armand, Pike River et Venise-en-Québec servent notamment d’habitat à de nombreuses espèces animales et végétales à statut précaire.

Consultez notre carte interactive pour découvrir plus en détails les différentes espèces menacées en Montérégie et dans l’ensemble du Québec.

«Selon l’Atlas de la biodiversité du Québec, les environs du lac Champlain (….) présentent le plus grand nombre d’espèces menacées ou vulnérables avec 76 espèces (…) Il va sans dire que le bassin versant de la baie Missisquoi est un haut lieu de la biodiversité au Québec», rappelle Chantal D’Auteuil, responsable de la rédaction du Diagnostic du bassin versant de la baie Missisquoi, publié en 2011.

La baie Missisquoi est la seule région du Québec à abriter la tortue molle à épines, identifiée comme l’une des onze espèces menacées de la Montérégie. Il ne resterait que quelques centaines d’individus de cette espèce dans la portion sud de la belle province, selon des données consultées par TC Media dans le cadre de ce dossier.

«Cette tortue vit dans l’eau et pond ses œufs sur les bancs de sable à partir de l’âge de 15 ans (…) Ses habitats ont décliné en fonction de l’augmentation de la densité d’habitation autour de la baie et dans la rivière aux Brochets», précise Johanne Bérubé, directrice générale de l’Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi (OBVBM).

Autres espèces

Le bassin versant de la baie Missisquoi sert d’habitat à huit autres espèces animales menacées, vulnérables ou d’intérêt.

On y retrouve notamment le petit blongios, un petit échassier qui vit dans les milieux humides. Il s’agit de l’une des douze espèces animales vulnérables de la Montérégie.

«Il est en déclin non seulement parce que les milieux humides disparaissent, mais également parce que les quenouilles – dans lesquelles il fait son nid – sont souvent remplacées par des espèces envahissantes dans les milieux humides à proximité des habitations», signale Mme D’Auteuil.

Notre région abrite également le méné d’herbe, une autre espèce vulnérable. Ce poisson vit principalement dans les eaux troubles des ruisseaux.

 Une petite population de martinets ramoneurs nicherait par ailleurs dans les cheminées du centre-ville de Bedford.

«Cette espèce d’oiseau migrateur est désignée menacée au niveau fédéral. La perte d’habitat – en particulier les gros arbres creux et les cheminées – et la réduction des populations d’insectes sont à l’origine de son déclin», affirme Mme D’Auteuil.

Les inventaires de l’OBVBM confirment aussi la présence du lynx roux (mont Sutton), de la paruline à ailes dorées (parc linéaire de Frelighsburg), de la salamandre sombre du Nord et de la tortue des bois.

Selon l’organisme, la pie-grièche migratrice était présente à la baie Missisquoi, mais n’a pas été revue depuis 1984. Son déclin est principalement attribuable à la disparition des pâturages et des haies brise-vent.

«Il se produit un peu la même chose pour la maubèche des champs, dont on a observé la présence à Sainte-Sabine en 2006 lors d’un projet de caractérisation. Elle est notamment en difficulté parce que la première coupe de foin est effectuée très tôt en saison et que les nids au sol sont détruits par le passage de la faucheuse», explique Mme D’Auteuil.

D’année en année, le nombre d’espèces animales désignées par le gouvernement du Québec comme étant menacées ne cesse d’augmenter. Cliquez ici pour consulter un palmarès régional interactif des différentes espèces animales vulnérables, menacées et retirées.

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