Brigham: une simulation pour se préparer au pire

DÉPLOIEMENT MAJEUR. 9h12, mercredi, la centrale d’urgence du Service de sécurité incendie (SSI) de Bromont-Brigham-Saint-Alphonse transmet un appel fictif aux pompiers: explosion au Terminal Brigham. Aussitôt, un important déploiement se met en branle, mettant à profit dix SSI de la région et une soixantaine de pompiers. Une simulation de grande envergure visant à prévenir… le pire.  

Cinq minutes après que l’appel ait été logé, les sirènes se font entendre au loin et le premier camion du SSI Bromont-Brigham-Saint-Alphonse-de-Granby se présente sur les lieux. Il sera suivi par l’ensemble de la flotte bromontoise, dont le camion à échelle aérienne et le camion aéroportuaire. Les collègues régionaux font tour à tour leur apparition. Au final, Ange-Gardien, Cowansville, Farnham, Granby, Lac-Brome, Shefford, Stanbridge East, Sutton et Waterloo ont convergé vers le Terminal Brigham, situé au 112, rue Cameron à Brigham, pour supporter leurs homologues bromontois dans cette simulation à grande échelle.

«On a fait appel à tous nos collègues des villes avoisinantes pour mettre sur pied et évaluer notre capacité de répondre à un sinistre à grande échelle dans le cadre des accidents industriels majeurs», explique Louis-Philippe Éthier, directeur du SSI de Bromont, Brigham et Saint-Alphonse-de-Granby.

Temps de mobilisation des ressources régionales, organisation géographique des lieux pour les intervenants, gestion des véhicules d’urgence déployée et du personnel ainsi que l’efficacité des communications entre les SSI figuraient, entre autres, parmi les données recueillies et qui seront analysées. Les pompiers ont aussi testé la puissance du canon à eau du camion à échelle aérienne, de même que le canon multifonctionnel (eau, poudre chimique et mousse) du véhicule d’intervention spécialisé pour les incendies de liquides inflammables.

«Tout semble avoir été un succès», précise Louis-Philippe Éthier.

1,5 million de litres de propane

Conscients que le risque zéro n’existe pas, les pompiers évaluent régulièrement le potentiel de dangerosité de l’ensemble des risques présents sur le territoire. «C’est pour ça qu’on met en place les plans d’intervention et qu’on doit les exercer au fur et à mesure», soutient M. Éthier.

Terminal Rainville, qui peut, à pleine capacité, détenir jusqu’à 1,5 million de litres de propane liquide, a mis en place un plan de mesures d’urgence. «Et aujourd’hui, on vient exercer ce plan», poursuit le directeur Éthier.

«On a fait faire une étude de risques technologiques et on a communiqué le rapport aux pompiers. Ensemble, on a étudié les risques possibles afin de trouver les meilleures solutions s’il arrive quelque chose. On se prépare d’avance. Mercredi, on a passé une étape. L’an prochain, on va faire un autre exercice, mais différent pour s’assurer que les pompiers comprennent bien les enjeux qui sont ici», explique Jacques Desrosiers, gestionnaire du Terminal Brigham.  

«On est satisfaits. C’est un exercice pour savoir quels étaient les effectifs et la rapidité de réponse des différents intervenants. Ça a très bien été», ajoute M. Desrosiers.

Faible risque

Les risques d’accident sont très faibles, aux dires du gérant. «Mais pas impossibles! On fait de la maintenance au jour le jour. On fait faire des audits par des firmes spécialisées dans le domaine. Ils viennent inspecter le site et font apporter des modifications, s’il y a lieu. Notre site est sécuritaire», soutient-il.

D’ailleurs, il semble que le principal risque d’incident serait qu’un camion de transport prenne feu dans le centre de distribution. «Et le camion serait à bonne distance des citernes», ajoute André Rainville, propriétaire de Terminal Brigham. Selon ce dernier, aucun incident majeur n’est survenu à cet endroit.

Mercredi après-midi, les employés du centre de distribution et les pompiers ont pratiqué les transvasements entre les véhicules transportant du propane liquide. «Advenant qu’il y ait un accident sur la route, il faut vider les camions. On ne peut pas les soulever. On doit faire du transvasement. Ça va permettre aux pompiers d’être au fait de comment ça se fait et qu’est-ce qu’ils ont à faire pour disperser un nuage de propane si jamais il y a un écoulement», conclut M. Desrosiers.

 

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