La Montérégiade pavée?

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Par Claude Hebert
La Montérégiade pavée?
La Ville de Farnham estime que le pavage de la Montérégiade permettrait d'accroître l'achalandage sur cette piste cyclable qui relie Granby à Saint-Jean-sur-Richelieu.

L’administration Hüsler croit plus que jamais aux mérites du projet de pavage de la Montérégiade et entend donner l’exemple en investissant 100 000 $ sur deux ans dans le réseau cyclable intermunicipal. La Ville de Farnham bénéficiera également d’une subvention de 25 000 $ du Fonds du pacte rural de la MRC de Brome-Missisquoi.

 

À Farnham, la Route verte s’étend sur une distance de sept kilomètres d’est en ouest. Les trois km du centre-ville sont déjà pavés et les quatre autres devraient l’être avant la fin de 2014.

«La Ville entend asphalter, dès cette année, le tronçon ouest de deux km qui relie l’école de parachutisme Nouvel air à la route 104. Il nous restera ensuite à paver le tronçon de deux km qui s’étend du centre-ville de Farnham aux limites de Ange-Gardien», résume le directeur général, François Giasson.

Aux yeux des membres du conseil municipal, le pavage de la piste cyclable de Farnham s’inscrit dans un projet beaucoup plus vaste qui vise à paver les 35 km de la Montérégiade entre Granby et Saint-Jean-sur-Richelieu, puis le parc linéaire du canal Chambly.

«L’asphaltage de la Montérégiade et le pavage de la voie cyclable qui longe le canal entre Chambly et Saint-Jean-sur-Richelieu générerait des retombées importantes pour l’ensemble de la région tout en permettant d’accroître l’achalandage au centre-ville de Farnham. Les cyclistes privilégient les surfaces dures lorsqu’ils doivent parcourir de longues distances», explique M.Giasson.

Les statistiques semblent lui donner raison…

«La piste du P’tit train du nord, dans les Laurentides, accueille 600 000 cyclistes par an et l’Estriade, qui assure le lien entre Granby et le lac Waterloo, en reçoit 220 000. La Montérégiade fait figure de parent pauvre dans ce portrait avec ses 5 000 à 7 000 usagers par an», signale le DG de Farnham.

Premières démarches

La Ville de Farnham agit en quelque sorte comme maître-d’œuvre du projet et multiplie les contacts depuis plus d’un an pour dénicher des alliés.

«Nous avons rencontré le directeur général de Loisir et Sport Montérégie, Mario Chamberland, le 11 février dernier à Farnham, pour lui demander sa collaboration. Nous croyons que cet organisme peut jouer un rôle de rassembleur dans le dossier tout en étant en mesure d’influencer les décideurs gouvernementaux», affirme M.Giasson.

L’administration Hüsler a par ailleurs eu des «discussions encourageantes» avec le maire Dolbec, de Saint-Jean-sur-Richelieu, sur le même sujet.

La situation n’est pas simple, car la Montérégiade dessert plusieurs municipalités, regroupées au sein de différentes MRC. Il s’agit de Saint-Jean-sur-Richelieu, Mont-Saint-Grégoire et Sainte-Brigide (MRC du Haut-Richelieu), Farnham (MRC de Brome-Missisquoi), Ange-Gardien (MRC de Rouville) et Saint-Alphonse de Granby (MRC de la Haute-Yamaska). Chacune d’elles compte environ sept km de piste cyclable dans les limites de son territoire.

«Il serait souhaitable que les municipalités rurales s’impliquent dans le projet, mais on ne peut pas leur demander un effort financier substantiel. D’où l’importance d’impliquer les MRC, les fondations privées et les divers paliers de gouvernement. Je sais que le ministère des Transports du Québec dispose d’un fonds pour les projets verts et a déjà investi dans l’aménagement de pistes cyclables. Le Fonds municipal vert, de la Fédération canadienne des municipalités, pourrait également être une source de financement intéressante», indique M.Giasson.

Ce dernier a également bon espoir que le gouvernement fédéral puisse trouver les fonds nécessaires au pavage du parc linéaire du canal Chambly, un lieu historique national.

«Le fédéral ne veut pas employer de bitume pour le revêtement des pistes cyclables, mais l’utilisation d’un asphalte avec liant végétal – un produit naturel – me semble être une alternative intéressante. Il faut cependant savoir que ce type de produit coûte deux fois plus cher que l’asphalte conventionnel et ne convient pas à toutes les bourses. Farnham, par exemple, n’a pas les moyens de l’utiliser», poursuit M.Giasson.

Les firmes consultées par la Ville de Farnham laissent entendre que les travaux d’asphaltage conventionnels pourraient coûter entre 30 000 $ et 40 000 $/km, en incluant la mise en forme et la réparation des ponceaux. Le recours à de l’asphalte avec liant végétal ferait encore grimper la facture.

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