Tué par un texto?

Tué par un texto?

La mort du jeune Farnhamien Nicolas Roy

La mort du jeune Farnhamien Nicolas Roy, tué dans un accident de la route en mai dernier, pourrait avoir été causée par les textos au volant et une vitesse avoisinant les 130 km/h, révèle le rapport du coroner rendu public lundi. Des conclusions qui sont toutefois nuancées par la famille de la victime qui met de l’avant la thèse du malaise diabétique.

Le conducteur de 23 ans circulait en direction ouest sur le rang Saint-Charles à Ange-Gardien lorsqu’il a perdu le contrôle de sa voiture vers 18h, le 30 mai 2013. Nicolas Roy a dévié de sa voie et est entré en collision avec de gros arbres. Sous la force de l’impact, son véhicule a été projeté de l’autre côté de la rue.

«À l’arrivée des premiers secours, il ne présentait plus de signes de vie», écrit le coroner Paul G. Dionne.

À ce moment, la Sûreté du Québec précisait que des manœuvres de réanimation avaient été pratiquées sur la victime, mais en vain. Nicolas Roy a été conduit à l’hôpital où son décès a été constaté.

Les analyses toxicologiques n’ont démontré aucun résultat anormal. De plus, Nicolas Roy portait sa ceinture de sécurité. Qui plus est, «il était décrit comme un conducteur prudent craignant la vitesse», poursuit le coroner Dionne. Johanne Roy, la mère de Nicolas, abonde en ce sens. «Il était tellement peureux sur la route. Il n’allait pas vite. Je l’appelais mon pépère. Il n’était pas brave en auto», confie Mme Roy.

Vitesse et diabète?

Malgré ce comportement dépeint, le coroner précise que la vitesse excessive pourrait avoir joué un rôle dans la tragédie. «Une vitesse d’impact à 130 km/h est indiquée sur le cadran de bord. Cette trouvaille n’est pas absolue, mais couplée avec les dommages importants de l’impact, représente une vitesse près de la réalité», note le spécialiste.

La famille du défunt ne réfute pas la thèse de la vitesse excessive, mais la nuance. «On peut croire que ce soit la vitesse parce que l’impact a été violent, mais pour nous, c’était de la vitesse involontaire.»

Un cocktail mêlant le diabète et la vitesse expliquerait la perte de contrôle fatale aux yeux des proches de Nicolas Roy. «C’est clair dans notre tête que c’est involontaire et que ça a été causé par un malaise diabétique. On est persuadé à 150% que c’est ça. Je ne crois pas du tout à de la vitesse excessive volontaire. On le connaissait notre Nico», poursuit Mme Roy.

La mère de Nicolas souligne que le jeune Farnhamien souffrait d’un diabète de type 1 très sévère, nécessitant de nombreuses injections au quotidien. «On l’a souvent vu en hypoglycémie. Quand il était en hypoglycémie, il avait les yeux ouverts, mais il n’était pas là. Pour nous, c’est ce qui est arrivé.»

Mais le coroner n’a pas retenu la thèse du diabète. Si un prélèvement sanguin et un prélèvement dans l’œil ont été faits après le décès, Johanne Roy ne comprend pas pourquoi aucune autopsie n’a été pratiquée sur la dépouille de son fils.

Et le cellulaire?

Le coroner Dionne a aussi examiné le relevé de données cellulaires de Nicolas Roy. «Les relevés montrent que Monsieur était en communication-texte (sic) dans les minutes entourant l’impact.» Une autre donnée réfutée par la famille. «Je ne comprends pas. Le policier nous avait confirmé qu’au moment de l’impact, il n’était pas au cellulaire.» Pour expliquer la phrase «dans les minutes entourant l’impact» inscrite par le coroner, Mme Roy indique que Nicolas a parlé à sa patronne une dizaine de minutes avant l’accident.

Si le coroner Paul G. Dionne précise dans le document que Nicolas Roy était fatigué de sa journée, qu’il n’avait pas dîné et qu’il souffrait de diabète de type 1, le spécialiste rejette ces causes pour expliquer l’embardée mortelle. «Monsieur conduisait lentement, habituellement, mais en cette fin de journée, il avait des raisons d’être frustré et utilisait un cellulaire dans les moments entourant la perte de route (sic). L’accident est attribué à la vitesse et la distraction», conclut le coroner.

Johanne Roy ne cache pas qu’elle est déçue du rapport. «J’aurais pensé qu’il aurait été plus clair et plus détaillé que ça. On aurait pensé que le rapport du coroner aurait mis un petit baume sur notre douleur. Ma consolation, c’est qu’il n’a pas souffert», conclut la maman.

 

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