Une «année de fou» pour Pascal Gemme

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Par Claude Hebert
Une «année de fou» pour Pascal Gemme
Pascal Gemme a consacré un mois à la post-production de l’album «Enregistré LIVE» avant sa sortie en magasin à la fin-mai.

près avoir roulé sa bosse un peu partout sur la planète au cours des 13 années, le leader du groupe de musique traditionnelle Genticorum, Pascal Gemme, n’a rien perdu de son enthousiasme et mord dans la vie à belles dents.

«Enregistrement solo, travail de postproduction sur l’album live, tournées au Canada et à l’étranger, cours de violon pour groupes, l’année 2013 a commencé sur un train d’enfer et ce n’est pas prêt de lâcher. Je n’ai que deux week-ends off d’ici la fin septembre», résume le Farnhamien dans la fin trentaine.

Malgré ses nombreux engagements, Pascal Gemme trouve le moyen de passer du temps en famille, avec sa conjointe et leurs deux enfants.

«Les premières années, Genticorum faisait des méga-tournées de trois semaines. Maintenant, on met tout en œuvre pour revenir à la maison après un séjour de 10 ou 12 jours à l’extérieur. Il faut dire que j’ai deux enfants en bas âge et qu’un autre membre du groupe en a autant. Ça change les priorités», explique-t-il.

Ce dernier croit également qu’il est essentiel pour un artiste de savoir faire relâche, à l’occasion, pour éviter de se brûler au travail.

Un nouvel album

Genticorum a enregistré un album live, en décembre dernier,  dans la salle de délibérations du conseil municipal de Farnham.

«Mon père a maintenant 76 ans et ne m’avait encore jamais vu jouer en concert avec Genticorum. Ça a été l’occasion pour lui de faire plus ample connaissance avec le groupe et de se familiariser avec notre nouveau matériel», indique Pascal Gemme.

Plusieurs proches parents du Farnhamien ont également assisté à l’un ou l’autre des deux spectacles-enregistrement, dont les meilleurs moments ont été immortalisés sur disque.

«Toute la famille était là. J’ai même fait connaissance avec des cousins qui m’étaient à peu près inconnus. C’est tout dire!», ajoute-t-il.

Pascal Gemme s’est occupé de la post-production de l’album – le cinquième du groupe – du début janvier au début février. Du travail à temps plein, avec pleins de défis techniques.

Il a ensuite accompagné Genticorum en tournée pendant six semaines, du début février à la mi-mars, pour présenter le nouvel album aux amateurs de musique traditionnelle de l’Ontario, du Manitoba, de la Colombie-Britannique et du Massachusetts. Ce périple a été suivi d’une mini-tournée en Écosse et en Angleterre en mai pour un grand total de 22 spectacles en ce début d’année 2013.

«Nous avons notamment joué au Club Passim, une salle mythique de Boston», précise-t-il.

Le nouvel album regroupe six chansons et cinq pièces musicales. Il inclut notamment certains airs que le groupe interprète depuis toujours, mais n’avait encore jamais été endisqués. Le produit final est disponible en magasin depuis la fin mai.

Un héritage à transmettre

Pascal Gemme s’est par la suite rendu en France, de la mi-mars à la mi-avril, pour enregistrer un disque de musique instrumentale du Québec en compagnie d’un pianiste accompagnateur de 60 ans. Cet album solo sera lancé à l’automne en France et un plus tard en Amérique du Nord.

«Un producteur de là-bas m’avait approché pour l’enregistrement d’un disque à la vielle école. Que des pièces traditionnelles du répertoire. Nous avons enregistré 15 morceaux en deux jours de studio», résume le principal intéressé.

Le Farnhamien n’entend pas s’arrêter là. Il dit avoir suffisamment de matériel pour l’enregistrement de trois autres albums du même style.

«Je vais faire un autre album avec le pianiste Mario Loiselle, à l’automne, à titre personnel. Ce genre de disque n’est plus disponible au Québec», indique-t-il.

Celui qui enseigne le violon depuis dix ans à des groupes de Montréal et donne des ateliers en français, en anglais et en espagnol durant les festivals, participera par ailleurs à un camp spécialisé de musique traditionnelle, au Vermont, les 13 et 14 juillet. Il s’agira d’une première pour lui.

«L’enseignement, c’est super important pour moi. J’ai eu la chance d’avoir un grand-père violoniste et de me familiariser avec le répertoire dès mon jeune âge, mais la nouvelle génération n’a pas accès à la musique traditionnelle», ajoute celui qui s’est initié au violon classique à l’âge de neuf ans, puis a étudié la guitare pendant sept ou huit ans, avant de se remettre au violon en 1997, durant la crise du verglas. Genticorum a vu le jour en 2000.

«La musique traditionnelle n’a pas la cote chez nous.  Je peux même dire, sans risque de me tromper, que Genticorum est davantage connu en Angleterre, en Écosse, en Suède, au Danemark et dans certains états américains qu’au Québec. Notre marché est là-bas, pas ici et on ne peut pas y faire grand-chose», admet M.Gemme.

Genticorum a su adapter ses concerts en fonction de son auditoire, lui qui peut aussi bien donner un concert privé devant quelques dizaines de personnes qu’un spectacle en plein air devant 10 000 ou 15 000 personnes.

«Nous avons déjà joué devant 50 000 spectateurs, dans un amphithéâtre naturel d’Edmonton, mais je préfère encore les concerts acoustiques», admet le violoniste chateur.

 

 

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