Arsenic: le ministre Benoit Charette se rendra à Rouyn-Noranda mardi

Stéphane Blais, La Presse Canadienne
Arsenic: le ministre Benoit Charette se rendra à Rouyn-Noranda mardi

MONTRÉAL — Le ministre de l’Environnement du Québec, Benoit Charette, se rendra à Rouyn-Noranda mardi pour discuter des émissions d’arsenic produites par la Fonderie Horne.

«Je me rendrai à Rouyn-Noranda demain pour rencontrer les acteurs locaux. Notre priorité est et demeurera la sécurité des citoyens», a écrit Benoit Charette sur Twitter lundi après-midi.

Par ailleurs, le Syndicat des travailleurs de la mine Normanda (STMN-CSN) demande à Glencore, propriétaire de la fonderie, de s’entendre «le plus rapidement possible avec le gouvernement sur un échéancier précis qui permettra d’obtenir la plus grande réduction techniquement possible d’arsenic dans l’air».

Kevin Gagnon, vice-président de la Fédération de l’industrie manufacturière, a indiqué qu’en «combinant plusieurs mesures de réduction des émissions, il est possible de continuer les opérations de la Fonderie Horne tout en effectuant un contrôle des émissions d’arsenic beaucoup plus important qu’en ce moment». 

Ce qui permettrait, selon lui, de maintenir «des milliers d’emplois liés à la fonderie tout en améliorant la qualité de vie des citoyens de Rouyn-Noranda».

Une étude de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), publiée mercredi dernier, indique que sur une période de 70 ans, entre un et 14 citoyens de Rouyn-Noranda développeraient un cancer si l’entreprise Glencore ne diminue pas la concentration d’arsenic dans l’air produit par la Fonderie Horne.

Plus la diminution d’émissions d’arsenic dans l’air de Rouyn-Noranda sera rapide et importante, plus il y aura un gain pour la santé publique, selon l’INSPQ.

Trois fois plus d’arsenic que la limite provinciale

En vertu d’un accord avec le précédent gouvernement, la Fonderie Horne, propriété de la multinationale Glencore, peut rejeter dans l’air jusqu’à 100 nanogrammes d’arsenic par mètre cube (100 ng/m3 ), soit 33 fois plus que la limite recommandée par la santé publique. 

Le premier ministre François Legault estime que la Fonderie Horne n’aurait jamais dû être autorisée à rejeter une concentration aussi élevée d’arsenic. Le directeur national de la santé publique du Québec, Luc Boileau, trouve également que la situation est inacceptable.

Toutefois, ni la santé publique, ni le premier ministre, ni le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, ne se sont prononcés, jusqu’à présent, sur ce que serait un seuil acceptable d’émissions d’arsenic. 

«Si la santé publique nous dit qu’on doit être à 30 nanogrammes (10 fois plus que la norme provinciale) dans la prochaine période d’attestation, ce sera 30 nanogrammes. Encore une fois, nous, on n’est pas des spécialistes sur les impacts de la santé des gens, c’est là où le travail se fait en collaboration avec le ministère de la Santé», avait indiqué le ministre Charette mercredi dernier.

L’entente entre le gouvernement précédent et Glencore se termine dans les prochains mois, donc le ministère de l’Environnement doit négocier une nouvelle cible d’émission d’arsenic et renouveler le certificat de conformité de la fonderie cet automne.

Selon l’INSPQ, au tournant des années 2000, la population a été exposée à des émissions qui ont parfois atteint 1000 ng/m3, donc 330 fois plus élevées que la norme provinciale actuelle.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires