Une journée inoubliable en ski nautique adapté pour neuf personnes handicapées

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Par Valerie Legault
Une journée inoubliable en ski nautique adapté pour neuf personnes handicapées
Dominic Frappier a déjà hâte à sa prochaine sortie en ski nautique adapté. Il est entouré de ses guides Steve Charbonneau et Marc Gervais. (Photo : Le Canada Français - Laurianne Gervais-Courchesne)

PARASKI NAUTIQUE. Le jeudi 7 juillet était un grand jour pour plusieurs personnes handicapées. Pour la première fois de leur vie, elles allaient expérimenter le ski nautique sur la rivière Richelieu.

Steve Charbonneau n’en est pas à sa première sortie à Saint-Jean-sur-Richelieu. Le directeur général de la Fondation des sports adaptés est très heureux d’être de retour ici après si longtemps. La pandémie a passablement ralenti les activités de l’organisation depuis deux ans.

Ce matin-là, l’ancien footballeur des Alouettes de Montréal arrive de bonne heure pour veiller au bon déroulement de la journée. Après la mise à l’eau au Nautique, il prend la direction du parc du Centre-de-Plein-Air-Ronald-Beauregard où il amarre son embarcation.

La Fondation des sports adaptés dispose d’une panoplie d’équipements pour faire vivre une expérience unique à ses étudiants. «On les appelle ainsi parce qu’on leur apprend à devenir autonomes dans le sport», explique la bénévole Julie Dumais, qui assurera le rôle de vigie dans l’embarcation.

Valorisant

Elle n’est pas la seule attitrée à la sécurité. Une dizaine de bénévoles mettent la main à la pâte, le sourire aux lèvres. Tous s’accordent pour dire combien leur rôle est valorisant. Au volant de l’embarcation, le capitaine Robert Vaillant porte bien son nom. Il offre son temps à la Fondation des sports adaptés depuis 15 ans. Si elle pouvait, Julie Dumais serait bénévole à temps plein!

Dominic Frappier est le premier volontaire de la journée. Une fois entré à l’eau, le bénévole Marc Germain l’aide à s’installer dans un panier vissé sur une large planche flottante. Deux quilles sont installées de part et d’autre du monoski pour assurer une plus grande stabilité.

Le jeune homme en fauteuil roulant pourra compter sur l’aide de deux guides pour sa première expérience. La corde tendue, le signal de départ est donné. Le trio émerge de l’eau avec une facilité déconcertante. «Souvent, on pense que c’est un sport inaccessible, mais c’est faisable», affirme M. Charbonneau.

Vagues

La vitesse de croisière ajustée, le nouveau skieur file à vive allure devant les autres bateaux qui défilent sur la rivière. Ceux-ci laissent cependant de grosses vagues dans leur sillage. Steve Charbonneau et Marc Germain se collent contre lui, mais Dominic Frappier ne semble pas rassuré. Il traverse les premières vagues le visage un peu crispé.

Il arrive que les skieurs chutent et glissent de leur panier. C’est ici que l’équipe de bénévoles en motomarine intervient pour les aider à se remettre en selle.

Les traits sur le visage de l’étudiant sherbrookois se détendent peu à peu. Il y a très peu d’affluence sur l’eau en cette matinée ensoleillée, ce qui réduit les remous à la surface. Dommage, car c’est déjà le temps de revenir au quai. Robert Vaillant fait demi-tour et passe par-dessus ses propres vagues. Cette fois-ci, Dominic Frappier les affronte avec le sourire. On le voit même en train de faire la conversation avec ses guides.

Goût de vivre

«Ça a été génial!, s’exclame-t-il de retour sur le plancher des vaches. Je ne pensais pas que ce serait aussi facile. Ça redonne le goût de vivre. J’ai déjà hâte à la prochaine fois!»

Il doit laisser sa place aux huit autres étudiants qui attendent tous leur tour avec impatience. «J’adore venir ici, lance Steve Charbonneau. On va essayer de revenir le plus souvent possible, mais nous sommes en demande partout.» La Fondation des sports adaptés se déplace jusqu’à Rawdon, sur les lacs Brome, Bromont et Massawippi dans les Cantons-de-l’Est, de même qu’en Outaouais.

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