Le magasin général de Saint-Armand vendu

Véritable institution, le magasin général de Saint-Armand change de mains. À 84 ans, le propriétaire de l’endroit, Jacques Benoît, a choisi de passer le flambeau il y a trois semaines à André Lapointe, un petit gars de la place qui rêvait d’acheter l’établissement depuis sa tendre enfance.

 

«Je connais Christian Benoit, l’un des fils de l’ancien propriétaire, depuis toujours. J’avais à peine neuf ans quand ma famille s’est établie à Pigeon Hill. Pas besoin de vous dire que le magasin, je l’ai vu plus souvent qu’à mon tour», indique le nouveau propriétaire.

 

M. Lapointe, un facteur rural à l’emploi de Postes Canada, a pris une année sabbatique en 2011, puis une autre en 2012, pour concrétiser son projet d’acquisition. Trois semaines après la transaction, l’homme de 53 ans ne regrette rien.

 

«Le magasin a été mis en vente voilà plus d’un an. M. Benoit ne voulait pas vendre à tout prix, ni à n’importe qui. Mais, il a fini par réaliser qu’il avait 84 ans et n’avait plus la santé pour tenir commerce», précise le nouvel acquéreur.

 

À temps plein
André Lapointe et sa conjointe, Maryse Déry, sont tous deux originaires de la région. Le premier a vu le jour à Stanbridge East, alors que la deuxième est native de Bedford.

 

«La distribution de la poste en milieu rural m’a amené à rencontrer la plupart des résidants de Saint-Armand et des alentours. Je connais tout le monde et tout le monde me connaît», ajoute le quinquagénaire.

 

Les premières semaines d’activité semblent très encourageantes, selon les nouveaux propriétaires, les Armandois étant très enthousiastes de retrouver leur magasin général sur une base à temps plein.

 

«On avait pensé faire un peu de ménage, mettre le magasin à notre main avant d’ouvrir, mais on a finalement décidé de ne pas faire attendre les citoyens plus longtemps. On a acheté le 20 février et ouvert le lendemain», résume Mme Déry.

 

L’établissement est maintenant accessible aux consommateurs 7/7 jours, doit du lundi au mercredi, de 9h à 19h, les jeudis et vendredi, de 9h à 20h, le samedi de 9h à 18h et le dimanche de 10h à 17h.

 

«On est pratiquement sur place en permanence. Quand on part en affaires, on n’a pas le choix d’être présent. Le beau côté des choses, c’est que les gens sont contents. Certains craignaient notamment que le magasin soit acheté par des gens de l’extérieur. Plusieurs ont pris la peine de nous appeler pour nous faire part de leur satisfaction», signale M.Lapointe, d’un ton enthousiaste.

 

Nouveaux produits
L’ancien propriétaire avait accumulé beaucoup de marchandise au fil des ans, si bien que le magasin avait des airs de capharnaüm.

 

«M.Benoit nous a fait un prix global pour le magasin et l’inventaire. Et je peux vous dire que l’inventaire était imposant. Nous avons notamment retrouvé des autocollants des Jeux olympiques de 1976, de vieux jeux de société dans leur emballage d’origine, d’anciennes bouteilles de bière et de liqueur, de vieux contenants d’huile à moteur», énumère M.Lapointe.

 

Le nouvel acquéreur prévoit conserver la plupart des articles déjà en magasin (quincaillerie, plomberie, électricité, mécanique de ferme, peinture, outils, vêtements, nourriture en conserve, bière, vin, croustilles, desserts glacés, etc.) tout en ajoutant de nouveaux produits.

 

«On aimerait bien pouvoir offrir du miel, du sirop d’érable, des vins locaux et des légumes bios. Les producteurs artisanaux intéressés à nous laisser des produits en consignation sont les bienvenus», poursuit Mme Déry.
Les nouveaux propriétaires entendent également vendre des billets de loterie et des aliments sous vide dans un avenir rapproché.

 

«Il y a déjà une grosse demande pour les fromages et les viandes froides. Le magasin compte faire une demande de permis pour être en mesure d’offrir ces produits», précise M.Lapointe.

 

Le couple prévoit conserver une partie des antiquités retrouvées dans le grenier et le hangar du magasin pour décorer l’établissement. Les autres articles seront vraisemblablement écoulés l’été prochain dans le cadre d’une vente-trottoir.

 

«Nous voulons garder l’aspect vieillot du magasin. Pas question de transformer ça en dépanneur moderne», insiste Mme Déry.

 

Cette dernière possède une formation en fleuristerie et aimerait bien ouvrir une boutique de créations florales et de bijoux faits à la main quand l’occasion se présentera. Elle a déjà ciblé un coin du magasin qui conviendrait à la réalisation de son projet.

 

«Pour l’instant, c’est clair qu’on se concentre sur l’organisation du magasin. Le projet de boutique suivra plus tard, en temps et lieu», ajoute-t-elle.

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