Mike Morin affiche un «enthousiasme prudent»

Michel «Mike» Morin devrait finalement pouvoir être opéré en janvier au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. Un énième revirement de situation depuis que l’Express a révélé en primeur que sa chirurgie cardiaque a été retardée cinq fois. Une histoire qui a mis l’administration du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke en état d’alerte.

 

Le cas de Michel Morin a fait le tour du Québec depuis sa publication en une de notre édition du 14 décembre. Radio-Canada, TVA et même Paul Arcand au 98,5Fm ont repris la balle au bond pour souligner les problèmes de gestion au bloc opératoire du CHUS. Aux dernières nouvelles, Michel Morin serait finalement opéré au CHUS en janvier, mais le principal intéressé demeure sceptique.

 

«Je vais le croire quand je vais ouvrir les yeux en salle de réveil et que la réparation va être faite», confie celui qui sort complètement «vidé» de son combat médiatique.

 

Pour ajouter à l’incertitude, le Granbyen n’a toujours pas de rendez-vous. Une récente échographie aurait aussi révélé une légère détérioration de sa condition cardiaque. Tel qu’indiqué dans la première publication, le médecin de Michel Morin l’avait informé que son opération ne devait pas dépasser le mois de décembre.

 

Rappelons que la congestion au département de chirurgie est due à une pénurie de perfusionnistes. Une ressource essentielle en salle d’opération, alors qu’il veille à la circulation sanguine du patient lorsque le cœur de celui-ci est arrêté. Sur les quatre postes disponibles, seulement un est comblé et il est occupé par un retraité qui a accepté de venir en aide à ses collègues.

 

Au moment de publier l’histoire, l’administration de l’hôpital avait opté pour la solution du transfert des patients vers l’Institut de cardiologie de Québec.

 

Cette nouvelle initiative décriée par les patients et les professionnels a ensuite dû être révisée et on vient d’apprendre qu’un perfusionniste de Montréal va prêter main forte à ses collègues de Sherbrooke. De plus, une employée en congé de maternité va écourter son absence et revenir au boulot plus tôt que prévu.

 

Avertie depuis 2003

En conférence de presse il y a deux semaines, la direction du CHUS a laissé entendre que le problème est survenu seulement au début de décembre. Or, selon les informations que nous avons obtenues auprès de la présidente de l’Ordre des perfusionnistes, Julie Gagnon, la situation est critique depuis 2003!

 

Les employés du CHUS en auraient même informé par lettre la direction générale. Une information confirmée par le chef d’équipe Pierre Lavallée, lui-même présentement en arrêt de travail.

 

L’an dernier, l’une des trois perfusionnistes aurait aussi servie un ultimatum à l’hôpital en exigeant l’embauche d’un nouveau collègue sans quoi elle allait quitter son poste. Comme aucun autre perfusionniste n’a été embauché, elle a quitté pour Halifax.

 

Pierre Lavallée convient tout de même qu’il n’est pas évident de dénicher des perfusionnistes. «Il n’y en a pas en over, des perfusionnistes sans travail ça n’existe pas», soutient-il.

 

Au Québec, ceux qui souhaitent en faire leur métier doivent obligatoirement passer par un programme unique donné à l’Université de Montréal. Il faut un minimum de quatre années universitaires pour former un perfusionnistes et il n’en sort qu’une poignée de diplômés par année.

 

Pour ajouter au problème, ce qui n’aide pas la cause du Québec ce sont les conditions de travail. «Ce que nos collègues qui quittent pour d’autres provinces nous disent c’est qu’ils ont un meilleur salaire, une meilleure équipe et une vie plus saine», énumère celui qui est l’un des pionniers de sa profession au Québec.

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