Des bibliothèques toujours à la page

Par Ugo Giguere

Qu’en est-il du livre, du bouquin, de la «brique» à l’ère des liseuses électroniques? Les bibliothèques ont-elles toujours la cote? Que lisent les abonnés de la région? lAvenirEtDesRivieres.com a posé ces questions à plusieurs bibliothécaires dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur célébrée le 23 avril.

Comme dans plusieurs bibliothèques de la région, Farnham est sur le point d’entrer dans le mouvement du prêt virtuel. Dino Coudé, bibliothécaire à Farnham, dit être régulièrement interpellé par des membres qui attendent impatiemment ce virage.

«On me le demande de plus en plus, les gens n’ont pas à venir à la bibliothèque, il n’y a pas de retard, pas de retour, la transaction se fait de la maison», mentionne celui qui s’attend à offrir le service cette année.

À Lac-Brome, la plus vieille bibliothèque publique en milieu rural du Québec est déjà passée au 21e siècle. Depuis 2012, la Bibliothèque commémorative Pettes dispose d’une collection numérique. «On se trouve dans une période de changement et c’est quelque chose que l’on voulait offrir comme alternative», souligne la directrice Jana Valasek.

Pour l’anecdote, elle raconte que beaucoup de membres se sont vu offrir des liseuses en cadeau lors du Noël 2011. La bibliothèque a ensuite mis un an à se doter d’une collection virtuelle pour répondre à la demande du public. Un sondage interne aurait alors démontré que 50% de la clientèle était intéressée par ce nouveau service.

Il demeure cependant un hic, il n’y a toujours pas de titre francophone disponible de façon numérique. La bibliothèque a toutefois entrepris des démarches avec l’organisme Prêt numérique pour corriger le tir.

Le numérique s’étend

À la bibliothèque Paul-O.-Trépanier de Granby, le processus d’accès au livre virtuel est enclenché, même si l’on observe peu de demandes d’après la directrice Linda Laberge. Fait à noter, ce sont uniquement des livres québécois qui seront disponibles numériquement pour la première étape du projet.

À Waterloo, ce ne sont pas les murs centenaires et les antiques portraits des fondateurs de la municipalité qui vont empêcher la bibliothèque de demeurer à la page.

Même si l’institution date du tournant du 20e siècle, cela ne l’empêche pas de demeurer d’actualité. Waterloo devrait entrer dans le mouvement du livre électronique d’ici la fin de l’été. «On est en processus d’adhésion à Biblio réseau. Je viens de suivre la formation et le règlement est en préparation pour le livre électronique», annonce Mme Massé.

L’affiliation à RESEAU biblio de la Montérégie ne va pas seulement bénéficier aux adeptes de la lecture sur tablette, mais aussi aux traditionnels bouquineurs. Pas moins de 6 000 nouveaux titres vont faire leur apparition sur les tablettes.

Elle-même avoue ne pas être «pour ça bin bin» le livre électronique. «Je trouve que ça empêche la fréquentation des librairies et des bibliothèques. Ce n’est pas non plus comme toucher le livre», commente-t-elle.

Fréquentation en hausse

La croyance populaire que les bibliothèques sont désertées par la clientèle ne semble pas du tout fondée. Partout, la fréquentation est en hausse. Si la croissance s’annonce particulièrement spectaculaire à Farnham, le phénomène se répand un peu partout en région.

Comme sa population est plus importante, c’est bien sûr Granby qui affiche le plus grand nombre de prêts avec 292 404 en 2012. Les membres ne font toutefois pas que passer, ils occupent les lieux.

«On a des habitués qui sont là tous les matins pour lire les journaux. D’autres qui viennent lire ici», affirme Mariève Massé de la bibliothèque Paul-O.-Trépanier.

À Waterloo, plusieurs y viennent pour lire, mais beaucoup aussi pour jouer au Scrabble ou pour utiliser les postes d’ordinateur. Le service d’Internet sans-fil est aussi un puissant attrait à Lac-Brome, alors que bien des gens viennent y travailler avec leur ordinateur portable.

Les plus populaires

Entre les incontournables, les immortels et les coups de cœur spontanés, il faut se rendre à l’évidence que les choix des lecteurs se recoupent d’une bibliothèque à l’autre. Le cas du phénomène Cinquante nuances de Grey est un bel exemple.

«C’est la folie! Ça redonne de la libido aux madames», lance Dino Coudé de la Bibliothèque de Farnham. Il s’étonne d’ailleurs que la saveur érotique de la série de livres ne gêne pas du tout la clientèle.

Du côté de Waterloo, Nathalie Massé note que la popularité des romans de E.L. James a pris naissance en version francophone. «On l’avait en anglais en premier et il ne sortait pas. Il a commencé à sortir quand on l’a eu en français et ensuite ç’a été la folie en anglais et en français», raconte-t-elle.

D’autres succès généralisés s’observent dans les rayons de romans historiques. Les Michel David, Louise Tremblay d’Essiambre et Marie-Bernadette Dupuy continuent de captiver les lecteurs de la région.

Chez les jeunes et les ados, la cote de popularité des Vampires tient la route à Granby et à Waterloo, mais le succès populaire se trouve surtout du côté de la bande-dessinée.

Les Kid Paddle, Les légendaires et Les Canayens de Monroyal sont des titres que les jeunes s’arrachent. À Farnham, Dino Coudé lui a eu un coup de cœur pour Les nombrils. Une série créée par des gens de Sherbrooke qui fait un malheur autant chez les ados que chez les adultes.

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