Farnham: l’église Saint-Fabien démantelée

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Par Claude Hebert
Farnham: l’église Saint-Fabien démantelée
La démolition de l’ancienne église Saint-Fabien est  en cours depuis la mi-septembre et devrait être complétée avant la mi-octobre.

L’ancienne église catholique Saint-Fabien ne sera bientôt plus qu’un souvenir. Ce temple religieux a été laissé à l’abandon pendant cinq ans et vandalisé à maintes reprises au grand déplaisir des anciens paroissiens. Malgré les pressions exercées par les autorités municipales de Farnham, les propriétaires actuels ont tardé à démolir l’édifice, mais le processus est maintenant bien enclenché.

Les promoteurs ont obtenu un permis de démolition valide pour six mois, à la fin de l’hiver dernier, mais n’ont pas procédé aux travaux projetés dans les délais prescrits. Ils ont ensuite demandé un délai de trois mois, que la Ville de Farnham leur a accordé en prenant soin d’établir un échéancier bien précis.

«Les propriétaires sont tenus de démolir l’église dès le premier mois et de ramasser les débris durant le mois suivant. L’entente stipule également que le site doit avoir retrouvé son état d’origine (état végétal) dès la fin du troisième mois, soit à la mi-novembre», indique François Giasson, directeur général de la municipalité.

Pour expliquer leur insistance, les autorités municipales font valoir que l’ancienne église était dangereuse, que des gens avaient pris l’habitude de s’y abriter sans autorisation (squatters) et que les pompiers doivent se rendre sur les lieux de façon régulière pour y éteindre des débuts d’incendie.

32 unités de logement

Pour mettre toutes les chances de son côté et s’assurer que l’ancienne église soit démolie avant le retour de la saison froide, la Ville de Farnham a par ailleurs pris soin de faire évaluer le terrain (avec et sans bâtiment) et d’entreprendre une procédure d’expropriation. La municipalité a par la suite déposé une offre pour l’achat du terrain de gré à gré, tout en laissant entendre aux propriétaires qu’une expropriation n’était pas exclue. Le nouveau règlement de zonage autorise la construction de maisons, mais retire l’ancien usage (lieu de culte).

«La Ville ne souhaite pas développer le secteur à la place de l’entreprise privée, mais veut éviter à tout prix que le terrain demeure vacant pendant des années. Le conseil entend donc prendre les moyens nécessaires pour que le projet se réalise dans un délai raisonnable», explique le maire Josef Hüsler.

Les promoteurs ont déposé au comité consultatif d’urbanisme de Farnham (CCU) un projet de construction de 32 unités de logement (unifamilial, jumelé, triplex). Le CCU a étudié la proposition et recommande au conseil municipal de donner suite à ce projet.

Au moment de mettre sous presse, lAvenirEtDesRivieres.com a appris que les promoteurs avaient soumis une nouveau projet au CCU qui aurait pour effet d’augmenter de 32 à 39 le nombre d’unités de logement pouvant être construites sur le site.

Réactions des paroissiens

Si la démolition de Saint-Romuald «a viré bien du monde à l’envers», comme le prétendent certains, d’autres avaient déjà fait leur deuil et voient les choses d’un autre œil.

«C’est triste, mais dans les circonstances, la démolition était certainement la meilleure alternative. Ça ne devait pas être évident pour les gens du voisinage de voir une église, barricadée, se dégrader jour après jour», affirme Mme Breton, une ancienne paroissienne.

Cette dernière signale que la descente des cloches, en décembre 2011, l’a beaucoup plus affectée que la démolition proprement dite.

«Il faut passer à autre chose. Souhaitons maintenant que quelque chose de beau, d’intéressant, prenne la place de l’ancienne église», ajoute-t-elle.

Claude Roy a été témoin de la fondation de la paroisse, en juillet 1962 et de la construction de Saint-Romuald, en novembre 1963.

«Le projet, dit-il, n’avait pas fait l’unanimité, car la baisse de fréquentation des églises était déjà amorcée à cette époque.»

Le paroissien laisse également entendre que la fermeture du temple religieux, une quarantaine d’années plus tard, avait suscité de vives réactions.

«La décision de fermer l’église a été prise à Saint-Hyacinthe. J’étais membre du conseil de Fabrique à cette époque et je peux vous dire que les marguilliers n’étaient pas d’accord», précise-t-il.

M.Roy est convaincu que le coût d’entretien de l’église Saint-Fabien était moins élevé que celui de l’église Saint-Romuald. Selon lui, il aurait donc été plus logique de fermer l’église centenaire de la rue Yamaska – «qui coûte les yeux de la tête à entretenir» –  que de sacrifier un immeuble âgé d’à peine 45 ans.

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