La base de Farnham privatisée?

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Par Claude Hebert
La base de Farnham privatisée?
La garnison de Farnham accueille plus de 3 600 recrues et élèves officiers chaque année. Elle emploie ou utilise les services de quelque 200 civils et militaires pour satisfaire à la demande.

Faisant écho aux déclarations de sa collègue Christine Moore, porte-parole adjointe du NPD en matière de défense, le député fédéral de Brome-Missisquoi se dit préoccupé par les plans de privatisation des biens immobiliers de la Défense nationale. Pierre Jacob dit craindre que de telles mesures puissent s’appliquer aux installations militaires de Farnham.

Même si le ministre de la Défense, Peter MacKay, est resté très vague et n’a fourni aucune indication précise sur les sites ciblés par le projet de privatisation, le député Jacob prend soin de rappeler que Farnham est le deuxième centre d’entraînement en importance au Québec après Valcartier. Il insiste également sur la contribution de la base militaire à l’économie de la région.

La garnison de Farnham accueille plus de 3 600 recrues et élèves officiers chaque année. Elle emploie ou utilise les services de de nombreux civils et militaires pour satisfaire à la demande.

«Ces gens viennent de partout et consomment de l’essence, achètent des cigarettes au dépanneur et s’approvisionnent dans les épiceries. Leur présence est vitale pour l’économie de Farnham», plaide M.Jacob.

Risques pour la sécurité?

Pierre Jacob admet que beaucoup de questions restent encore sans réponse. Il ajoute que le NPD va suivre le dossier de près et continuer à talonner le gouvernement Harper pour en apprendre un peu plus sur ses intentions, tout en essayant de lui faire entendre raison.

«On ne sait pas trop où le gouvernement conservateur s’en va dans ce dossier. Les plans de privatisation vont-ils affecter l’ensemble des opérations ou toucher certains services très spécifiques. Il faut rappeler que la base de Farnham abrite une cafétéria, une petite clinique médicale, une caserne de pompiers, un quartier maître et des baraquements pour fantassins», signale le porte-parole de Brome-Missisquoi à la Chambre des communes.

Ce dernier se demande si le secteur privé peut répondre efficacement aux besoins des installations militaires sans affecter la sécurité des lieux.

«Les entreprises sont là pour faire des profits. Les normes militaires, pour le privé, ce n’est pas une priorité», insiste-t-il.

Le député néo-démocrate prend également de rappeler que le lieutenant-général Peter Devlin, commandant de l’armée, s’est battu l’an dernier contre un plan qui prévoyait la sous-traitance des systèmes de protection contre les incendies.

Des installations négligées?

À Ottawa, on laisse entendre que les mesures mises de l’avant pour améliorer la gestion du portefeuille des biens immobiliers de la Défense nationale ont pour but d’offrir un niveau de service uniforme à la grandeur du pays tout en permettant l’atteinte d’une plus grande efficience.

«Le ministère continue de chercher de nouvelles façons de maximiser le rendement de chaque dollar investi dans le portefeuille de la Défense tout en s’assurant que les ressources appropriées sont en place (….). La nouvelle approche permetrra de tirer profit des capacités du secteur privé grâce à une nouvelle harmonisation des ressources internes (…). Il serait toutefois prématuré, à ce moment-ci, de discuter d’endroits ou de situations spécifiques», indique Kathleen Guillot, conseillère principale en communications à la Défense nationale.

Le député Pierre Jacob affirme pour sa part que les arguments du gouvernement Harper «n’ont rien de bien convaincants» et continue de croire que le recours au secteur privé n’est pas la solution à tous les maux.

«Transformer la Défense nationale en service privé, ce n’est pas la solution. Rien ne prouve que cette façon de faire entraînerait de réelles économies. Le gouvernement Harper devrait plutôt faire ses devoirs et mettre à niveau ses infrastructures. Des investissements importants seront nécessaires pour revamper ces installations, dont le piètre état est dû à un manque d’entretien», affirme-t-il.

Selon le quotidien Ottawa Citizen, le vérificateur général utilisait les termes «crumbling and aging military instrastructure», dans son rapport de l’automne dernier, pour décrire l’état des installations militaires au pays.

Le plan de privatisation, un document confidentiel dont le journal affirme avoir obtenu copie, mentionnerait également que nombre d’entreprises privées seront chargées de cette tâche d’ici 2015.

Le Ottawa Citizen précise que la Défense nationale est le plus important propriétaire terrien du gouvernement fédéral avec plus de deux millions d’hectares. Ses propriétés, indique le quotidien, incluent 20 000 édifices et 23 installations majeures.

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