Le président de la CRÉ Montérégie-Est en furie contre Québec

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Par Claude Hebert
Le président de la CRÉ Montérégie-Est en furie contre Québec

Le président de la CRÉ Montérégie-Est

RÉACTIONS – À quelques heures du dévoilement de la nouvelle approche gouvernementale en matière de développement régional et supra-local, le président de la Conférence régionale des élus (CRÉ) de la Montérégie-Est, Michel Picotte, est visiblement furieux et a de la difficulté à se contenir.

«J’ai participé à un appel-conférence, ce matin, avec les présidents des 20 autres CRÉ du Québec et je peux vous dire que le moral est au plus bas. De toute évidence, ça n’annonce rien de bon», indique M. Picotte.

Ce dernier en a à la fois contre le projet de démantèlement du réseau et contre la façon de faire du gouvernement Couillard.

«Québec aurait dû nous consulter, prendre nos attentes en considération et nous associer au processus de réforme des instances supra-locales. Au lieu de cela, il nous a tenus dans l’ignorance et a fait tout ça en catimini, avant de nous mettre devant le fait accompli. C’est carrément inacceptable!», lance M. Picotte, d’un ton exaspéré.

Il est également d’avis que les unions municipales (UMQ et FQM) avaient la même obligation à l’endroit de leurs membres

Développement régional

Le président de la CRÉ Montérégie-Est comprend mal pourquoi le gouvernement du Québec s’apprête à mettre la hache dans <I>des structures que l’on a mis dix ans à bâtir<I>.

«Québec vient de nous amputer des deux jambes… et d’un bras, tout en démontrant son manque d’intérêt pour les régions. À mes yeux, le changement de nom du ministère des Affaires municipales –  de MAMROT à MAMOT – est lourd de signification quand on sait que le R signifiait région», ajoute-t-il.

M. Picotte prend soin de rappeler que la CRÉ Montérégie-Est a investi 6M $ en dix ans dans les neuf MRC de la région et généré des investissements de 36M $.

«Quoi qu’il advienne, ça va prendre une table régionale pour s’occuper du développement supra-local. On ne peut pas laisser ça au plus fort la poche et pelleter toutes les responsabilités dans la cour des MRC», insiste-t-il.

L’avenir des CLD

À l’instar des autres observateurs de la scène municipale, Michel Picotte dit également craindre l’abolition des Centres locaux de développement (CLD) et le transfert de leurs responsabilités aux Municipalités régionales de comté (MRC).

«Ce n’est pas le rôle des MRC de faire du développement régional. Les CLD s’en occupent déjà et font très bien leur travail», affirme le président de la CRÉ Montérégie-Est.

M. Picotte ajoute que les MRC vont devoir puiser dans leurs coffres et/ou augmenter les quote-parts des municipalités. Certaines municipalités devront à leur tour hausser leur taux de taxe.

«Les CLD, comme les CRÉ, sont liés par des baux, des contrats de service. Qu’adviendra-il de ces ententes?», se demande-t-il.

Le président de la CRÉ Montérégie-Est se questionne également sur le sort des employés qui pourraient voir leur poste aboli dans le processus de restructuration.

«Plusieurs font un travail très spécialisé. Il est loin d’être sûr qu’ils pourront se trouver un nouvel emploi à court  terme», poursuit M. Picotte.

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